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5 janvier 2017    /    

Blog et morale : pourquoi je n’irai pas aux Maldives-

Blogging et éthique : Corée du Nord, Maldives, Iran, et autres cas de conscience. Peut-on voyager en dictature ? Boycotter les Maldives.

 Un blogueur a-t-il une responsabilité morale ?

A l’été 2016, un blogueur voyage a causé le scandale en faisant la promotion de la Corée du Nord, un des derniers totalitarismes de la planète. On le voit s’éclater dans des parcs aquatiques, poser auprès des statues monumentales de Pyongyang, comme si la Corée du Nord, c’était vraiment l’éclate totale. Bien entendu, nous n’avons pas entendu un mot sur les famines organisées, la terreur politique, la surveillance constante, les assassinats sommaires, le fait que la population vit enfermée à l’écart du reste de la planète, sans aucun contact avec l’extérieur.
Nous, blogueurs de voyage, nous ne sommes pas des politiques. Nous inspirons à l’évasion : nous parlons de beaux paysages, de rencontres, d’expériences uniques à vivre, selon le credo « la vie est courte, la Terre est vaste, croquons-la à pleines dents ». Mais quelle est la limite à ne pas franchir ? A quel moment notre conscience politique doit-elle prendre le dessus ?
Samuel, l’auteur du blog Les vents nous portent, a lancé le débat, et nous sommes plusieurs à y avoir participé (retrouvez toutes les contributions en fin d’article).

Femmes dans la sublime mosquée Sheikh Zayed d'Abu Dhabi. Aurais-je dû être plus critique quant à cette destination ?

Femmes dans la sublime mosquée Sheikh Zayed d’Abu Dhabi. Un voyage que j’ai adoré, mais où mon coeur féministe a été parfois critique.

L’accoutumance à l’immoralité : blogging et éthique

Avez-vous déjà entendu parler de l’accoutumance ? On en parle pour l’alcool, les drogues, les médicaments. Je prends un produit, j’y réagis de moins en moins, et j’augmente peu à peu les doses, jusqu’à ce que le produit ne me fasse plus aucun effet. L’accoutumance existe aussi en matière d’immoralité. Quelqu’un fait une chose que je sais répréhensible. Puis une autre, puis une autre, et une autre encore. A chaque fois, ma réprobation s’émousse. Je m’habitue à ce comportement. Je commence à le trouver acceptable. C’est ce qui se passe en ce moment avec les capuches en fourrure : derrière chaque capuche en fourrure, ce sont des conditions d’élevage et d’abattage abominables, des animaux tués par électrocution anale ou dépecés vivants, tout ça pour des raisons esthétiques. Mais à force de voir des capuches en fourrure partout, on finit par oublier qu’elles signifient une extrême cruauté.

Avez-vous déjà entendu parler des images subliminales ? Vous les voyez en un dixième de seconde, une pub entraperçue dans le bus qui roule, une photo qui flashe un instant sur votre smartphone avant que vous continuiez à faire défiler le fil Instagram. Peut-être n’êtes-vous-même pas conscient de l’avoir vue. Mais quelque part, elle s’est fichée au creux de votre cortex. Elle est imprimée en vous.

Voilà pourquoi je crois qu’en tant que blogueurs, notre responsabilité morale est grande. Ceux qui voyagent et partagent créent le matériau de nos désirs et de nos fantasmes. Nous publions textes et photos sur les réseaux sociaux, nous mettons en valeur de belles images colorées sur Instagram, nous vantons avec force superlatifs des lieux et des activités sur Facebook. Nous ouvrons un espace fantasmatique, un rêve en pixels et mots qui accrochent. Et que nous le voulions ou nous, notre influence est réelle : nous construisons des rêves, même fugaces.

Blogging et responsabilité morale. Boycotter les Maldives

Les photos d’un blog de voyage sont faites pour susciter le désir. Pour vous dire : viens, c’est plus beau par ici. Et malgré tout, malgré vous peut-être, cela vous marque.

Les inquiétudes morales du blogueur voyage

Je ne mets jamais en valeur sur mon blog des choses que je crois dangereuses ou dommageables à autrui. Pas de balade à dos d’éléphant ou de câlin à un bébé tigre en Thaïlande (c’est dramatique pour les animaux qui le subissent), pas de pose de yoga au bord d’un précipice (une photo ne mérite pas le plongeon), pas d’escalade de l’Uluru (c’est irrespectueux envers les Aborigènes), etc. La course à la photo virale à n’importe quel prix, très peu pour moi.

Mais qu’en est-il des destinations que nous mettons en valeur ? Avons-nous le droit de faire la promotion de lieux qui foulent les droits de l’homme aux pieds, qui méprisent une minorité ou mènent des guerres injustes ? La question est périlleuse : peu de destinations peuvent revendiquer le brevet de la pureté morale, si ce n’est peut-être un eldorado scandinave féministe, écolo et égalitariste – Suède, Finlande. Et pourtant nous voulons découvrir et comprendre le monde.

Où placer le curseur de l’acceptable ? Les Etats-Unis pratiquent la peine de mort et viennent d’élire Trump, les Danois et les Norvégiens tuent des baleines dans des conditions atroces, les Marocains et les Emiriens répriment les homosexuels, et ainsi de suite. Pourtant, je viens de passer dix jours merveilleux au Maroc, je suis allée aux Emirats l’an dernier, je rêve de découvrir les îles Lofoten, etc. Je fluctue sans cesse entre intransigeance et curiosité.

Les USA après Trump

 Je suis dans un vrai dilemme moral vis-à-vis des Etats-Unis, dont j’adore les paysages grandioses : devrais-je renoncer à m’y rendre tant que Trump est président, afin de marquer ma désapprobation ? J’étais en Californie en septembre 2016, avant l’élection de Trump. Devrais-je désormais m’abstenir pour les quatre prochaines années, afin de signifier symboliquement aux Etats-Unis que l’élection d’un président raciste, misogyne, accusé d’abus sexuels, abîme gravement leur image et leur attractivité aux yeux du monde ?

Petite anecdote : en novembre 2014, j’ai demandé un ESTA pour me rendre en Floride. Un mélange de raisons personnelles et professionnelles m’a conduite à multiplier les voyages aux USA entre 2014 et 2016 : six voyages, Floride, Los Angeles – Hawaï, San Francisco, Nevada, Arizona, Californie du sud. J’y ai vécu des expériences fabuleuses, mais assez « égoïstes » : je faisais mon road trip solo, je savourais les paysages, je me laissais enivrer par le pays sans beaucoup me préoccuper de la situation politique, si ce n’est peut-être du sort des Amérindiens, dont la cause m’a toujours touchée. La victoire de Trump m’a traumatisée : comment le pays de l’innovation, des prix Nobels, de la liberté, pouvait-il élire un type qui nie tout ce que nous aimons aux US ? Le lendemain de l’élection de Trump, j’ai reçu un mail me signifiant que mon ESTA était arrivé à expiration. Coïncidence extraordinaire, signe du destin ? Je me suis demandée si je devais retourner aux USA ces quatre prochaines années. La question est légitime, et même si mon rôle en tant qu’individu isolé est négligeable, c’est la somme des individus qui détermine l’attractivité touristique d’une destination. Je ne suis pas sûre d’avoir envie de planifier un voyage aux USA prochainement, et je crois que je vais me concentrer sur d’autres destinations que je rêve de découvrir. Mais très sincèrement – si demain on m’offrait un billet d’avion pour Santa Fe, La Nouvelle-Orléans, Honolulu ou Nashville, je ne dirais pas non… Ma morale se révèlerait plus flexible.

Faut-il boycotter les USA depuis l'élection de Trump ?

Antelope Canyon : une des raisons pour lesquelles j’ai aimé les US…

 

Boycotter les USA tant que Trump est président ?

Retournerez vous aux USA sous Trump ?

Et la France alors ? Accepter la complexité du monde

Et nous les Français, qui sommes-nous pour distribuer des brevets de perfection idéologique ? Nous autres, nous avons fait la une des journaux du monde entier cet été avec l’image violente d’un policier qui force une femme voilée à se déshabiller sur une plage. Nous risquons d’avoir Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Faut-il que les touristes boycottent notre pays afin de signifier leur désapprobation ? La quête de la perfection idéologique peut virer au ridicule, voire à la xénophobie, et j’en suis bien consciente. Je suis exaspérée par tous ceux qui affirment ne jamais vouloir mettre les pieds dans un pays musulman, par exemple.

En règle générale, je préfère ne pas me fermer au monde. Je préfère me rendre sur place et lire, observer, discuter, tenter de comprendre ; je préfère accepter la complexité du monde, les nuances et les paradoxes, plutôt que de me terrer dans un bunker moral qui me préserverait de toute contradiction.

Cassis

Certaines villes de Provence et de Côte d’Azur sont désormais gérées par des mairies FN. Je ne mets pas en valeur précisément ces villes-là – mais parfois, celle juste à côté, ce qui est assez hypocrite… Même si la Provence passait entièrement à l’extrême droite, je ne pourrais me résoudre à la quitter, car mon coeur est ici. Morale à géométrie variable ? (Illustration : Cassis. Cassis n’est pas FN, mais certains arrondissements de Marseille le sont.)

Pourquoi je n’irai pas aux Maldives : le choix du boycott
Boycotter les Maldives

Et pourtant. Pourtant, je crois que certaines limites doivent ne pas être franchies. Un exemple : j’ai un énorme problème avec les Maldives. Je suis gênée de voir tant de blogueurs poster des photos de plongée sous-marine, d’orteils en éventail sur la plage d’une île-hôtel, d’étoiles de mer et de cocktails, dans un pays engagé dans une spirale de violence et de régression effroyable. Peine de mort tous azimuts, même pour les enfants, totalitarisme religieux, dictature brutale, coup d’état, manifestations de soutien à l’Etat Islamique – on ne peut pas fermer les yeux là-dessus, et surtout pas pour aller buller dans une île-hôtel coupée du monde extérieur, sans se préoccuper un seul instant de ce qui se passe dans le pays. Je serais sans doute moins choquée si les blogueurs évoquaient ces troubles, cherchaient à raconter, à faire parler les populations, nous permettre de comprendre et de ressentir ce qui se passe là-bas. Je considérerais que c’est faire œuvre de journalisme. Mais l’immense majorité des articles consacrés aux Maldives n’en touchent pas un mot, comme si ce pays n’était qu’un immense aquarium et bar de plage. C’est cela qui me dérange : l’indifférence et l’obstination à fermer les yeux, et c’est pour ça que j’ai décidé de boycotter les Maldives tant que les choses ne changeront pas.

Je n’irai pas aux Maldives, même invitée, car je sais que la structure du tourisme là-bas, et le danger représenté par la capitale, empêche toute confrontation avec la réalité de la vie des populations locales. Aux Maldives, on envoie les avions directement vers les îles-hôtels, des enclaves de perfection ensoleillée, et on rend impossible tout contact entre les touristes et les vraies gens. Je sais que je ne pourrais pas faire un voyage intelligent et conscient, pour des raisons à la fois de sécurité et d’infrastructure, et j’aurais l’impression d’une compromission trop grande.

A tous ceux qui rêvent des Maldives, je dis : allez aux Seychelles ! C’est au moins aussi beau, et c’est un pays démocratique, tolérant, multiculturel, sûr, qui mérite qu’on le soutienne. Son IDH est le plus élevé de tout le continent africain, ses systèmes de santé et d’éducation sont excellents, et le pays travaille énormément à assurer un développement pérenne, respectueux de l’environnement et inclusif. En allant aux Seychelles plutôt qu’aux Maldives, vous montrez que cela compte pour vous, vous votez avec votre carte bleue. Car oui, qu’on le veuille ou non : aller quelque part, c’est soutenir un pays, par notre argent et pour les blogueurs, par notre image, notre plume et nos photos.

Boycotter les Maldives et préférer les Seychelles

Boycottez les Maldives et allez aux Seychelles. Vraiment, vous ne le regretterez pas

 

Boycotter les Maldives, préférer les Seychelles

Vous reprendrez bien une petite dose de Seychelles ?

Blogueuse engagée ?

Le paragraphe qui précède pourrait laisser croire que je suis une blogueuse engagée, militante. En réalité, je l’avoue : cela ne m’arrive que par intermittence. Mes articles engagés sont perdus dans la masse des jolies photos de plage. (Il y en a quand même quelques uns : regardez par exemple mon article sur le sort des derniers Hawaïens, sur l’envers de la médaille en Guadeloupe, ou ma réflexion sur Abu Dhabi, un article où je mêle tourisme et analyse plus critique). Puisque je suis aussi journaliste, j’ai parfois eu tendance à dissocier les articles de blog, plus légers, de mon travail de presse plus fouillé : lorsque je suis allée à Tan-Tan pour constater les ambitions marocaines pour le Sahara, un sujet éminemment polémique au Maghreb, j’ai réservé la réflexion géopolitique au magazine qui m’envoyait (La Revue), et mon article de blog était plus axé sur l’expérience du désert et la beauté des lieux. Je sais que les lecteurs de blog ne viennent pas ici pour se prendre un polycopié sur la géopolitique, et j’ai d’ailleurs dû constater que mes articles plus engagés avaient moins de succès que les textes légers et remplis de belles photos. Je ne jette la pierre à personne : c’est normal. La vie est éprouvante et nous recherchons la détente et l’évasion.

Moussem de Tan Tan, Maroc

Au moussem de Tan-Tan, grande démonstration des ambitions marocaines pour le Sahara. Bien qu’une partie de la communauté internationale (et notamment l’Algérie) continue de contester la légitimité de la souveraineté marocaine sur le Sahara dit occidental, le Maroc a signifié clairement ses intentions : ces territoires sont désormais de facto marocains, administrés et développés par le royaume chérifien.

Comme tout le monde, j’aime les coquillages et les beaux paysages, la douceur et l’évasion. Je ne suis pas une guerrière, et je ne suis pas mieux que les autres. Mais je répugne à transformer en terrain de jeu les pays en proie à la souffrance et au chaos, comme si de rien n’était. Voici ce que je crois : les blogueurs peuvent aller aux Maldives, en Iran, au Corée du Nord. Mais pas pour faire la roue sous les statues des dictateurs, prendre des selfies et siffler des cocktails, et prétendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si on y va, on ouvre grand les yeux, et on raconte, on témoigne, on explique.
Bien sûr, être un témoin lucide n’est pas donné à tout le monde, et je ne suis pas sûre d’avoir le courage et le cran de visiter la Corée du Nord, et de raconter sans fard. Peut-être suis-je faite pour prendre de belles photos du Grand Canyon et des plages des Seychelles, pas pour être une héroïne. Mes derniers articles sont sur la Provence, l’Autriche, la Bavière, la Californie, le Maroc, etc – on ne peut pas dire que j’aie pris beaucoup de risques. Mais à mes yeux, ceux qui font le choix des destinations polémiques prennent la responsabilité de proposer quelque chose en plus. Un regard, une analyse.

Voyager les yeux grands ouverts 

Oui, il y a certaines destinations « troublées » que je rêve de visiter. Mais pas seulement pour vous montrer la beauté des lieux. Pour devenir quelqu’un de plus intelligent, pour mieux comprendre le monde, et partager cette expérience intellectuelle avec mes lecteurs. Je sais combien les voyages dans des pays difficiles ou controversés peuvent enrichir votre compréhension du monde. J’ai eu la chance d’avoir une mère géographe, spécialiste de géopolitique et des questions de développement – Sylvie Brunel, pour ceux que ça intéresse -, qui m’a emmenée avec elle en Chine, en Russie, à Haïti, et dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. A chaque fois, il s’agissait pour elle de voyages d’étude, visant à une meilleure compréhension des destinations étudiées, et durant lesquels elle se documentait comme une folle, rencontrait des spécialistes, etc. Je voudrais être toujours capable de suivre son exemple et de voyager les yeux grands ouverts.

Pour moi, le modèle en la matière, ce sont les Instagrameurs de Lostwithpurpose (en anglais) qui ont visité l’Iran et même l’Afghanistan, malgré les risques, et reviennent avec des histoires pleines d’intelligence et de nuances, montrant la vie quotidienne, la beauté mais aussi l’angoisse et la souffrance, avec beaucoup de culture et de sensibilité. Je suis sûre que ces deux-là pourraient visiter la Corée du Nord sans que je sois choquée : ils en parleraient avec justesse et lucidité.

Grande muraille de Chine

En Chine avec ma mère, à l’âge de douze ans.

Blogueurs en Corée du Nord, aux Maldives, en Iran, partez, mais soyez des témoins alertes et objectifs. Si vous ne voulez pas vous mouiller, restez dans des eaux moins dangereuses. Ce n’est pas une honte de faire des voyages plus calmes, de se cantonner à des destinations faciles. Mais si vous vous frottez aux zones rouges, ne banalisez pas l’inacceptable. Qui ne dit mot consent, et qui prend des selfies en Corée du Nord cautionne. Ne soyez pas de ceux qui jouent à la toupie au bord des charniers…

Deux autres témoignages et prises de position

Deux points de vue passionnants sur d’autres blogs que j’aime beaucoup. Je ne suis pas forcément d’accord, mais j’apprécie la qualité du débat !

  • L’article de Samuel, Les vents nous portent : un témoignage intéressant et engagé sur une collaboration avec TF1 refusée pour des raisons morales, et la défense d’une certaine éthique.
  • L’article de Laurent, One chai : une réflexion stimulante, mais digne de susciter la polémique, venant d’un voyageur qui est allé en Iran, au Soudan, et autres pays pointés du doigt par la communauté internationale.

 Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Je serais très heureuse d’avoir votre avis.

Iriez-vous en Corée du Nord ? En Iran ? Aux Maldives ? Est-ce que l’élection de Trump change quelque chose pour vous ? Avez-vous déjà boycotté un pays pour des raisons politiques ?

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62 commentaires pour
“Blog et morale : pourquoi je n’irai pas aux Maldives”

  • Bonjour,

    Cet article est plein de contradiction, si on devait s’abstenir de se rendre dans un pays à cause de ce qui s’y passe vous devriez rester chez vous parce que là où vous déciderez d’aller il y a de l’injustice et peut être même plus en israel, usa ou en Europe qu’à Arabie Saoudite par exemple, l’occupation de l’irak, de l’Afghanistan, lybie etc… est fait par ces pays même qui parlent de democratie.
    Votre article est écrit avec un gros partie pris dans l’intention de manipuler les esprits.
    Avant de voir le petit bout de paille dans l’oeil du voisin. Enlevons d’abord le tronc qu’il y a dans le notre.

  • Cher auteur anonyme,
    Je soulève justement les points que vous abordez dans cet article (le cas des USA, le fait que la France est imparfaite, etc), et je comprends qu’il puisse faire polémique.
    Mais je n’ai nullement le pouvoir de « manipuler les esprits », j’en suis navrée.
    Vous avez choisi comme pseudonyme Maldives, j’imagine donc que ce pays vous tient à coeur : vous venez des Maldives ? vous connaissez ce pays ? vous travaillez pour un organisme aux Maldives ? vous avez des infos que je n’ai pas ? Ce sont des questions sincères, cela m’intéresse.

  • Je trouve cet article très intéressant. Je n’ai jamais eu l’occasion de me rendre aux Maldives et même si tel est le cas je sais d’avance que je n’irais pas. Il s’agit là d’une morale que je me pousse à conserver; celle qui m’a poussé au végétarisme et qui me permet chaque jour de développer mon esprit critique face au monde qui m’entoure (autant d’un point de vue politique, qu’écologique et autre).

    Pour ce qui est des Etats Unis je trouve le problème quelques peu différent dans la mesure où même si Trump n’est pas un exemple de « vertu politique » il a été élu démocratiquement par le peuple américain… Je vais retourner deux fois aux Etats Unis en 2017, cela ne signifie pas pour autant que je tolère son président.

    Merci pour cet article inspirant,

    Pauline.

  • Merci beaucoup, Pauline, pour ton avis. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le point de vue critique à adopter quant au monde qui nous entoure (et je suis moi aussi végétarienne, d’ailleurs). Et aussi d’accord avec toi sur le « problème Trump ». Les nationalismes montent partout en Europe – si Marine Le Pen est présidente, faudra-t-il boycotter notre propre pays ? Et dans le cas Trump : certaines régions ont voté massivement contre lui, le vote populaire global est contre lui, ça peut paraître injuste de punir les Américains… Je n’ai pas de réponse ferme.
    Belle journée à toi !

  • C’est certain que beaucoup aimerait explorer chaque recoin et chaque pays de ce monde. J’en fais partie. Mais sincèrement, comment visiter un endroit et s’y amuser tout en sachant ce qu’il s’y passe ? A-t-on le droit de fermer les yeux le temps d’un voyage, d’oublier et ne penser qu’à nous ? J’en suis et n’en serai jamais capable.
    Mais voilà, il y a un vrai dilemme. Où commence l’acceptable et où s’arrête-t-il ? Et par rapport à quoi ?

    Alors oui, le monde est beau. Le monde entier. Mais ce qu’on y fait dans certains pays l’est beaucoup mois. Et certaines limites ne doivent absolument pas être franchies.

    Tes mots sont justes, et je suis on ne peut plus d’accord avec toi Alexandra !
    Voyager les yeux grands ouverts. Ne jamais les fermer.

    xx ♥

  • Je te comprends tout à fait : l’envie de voir le monde entier, et la peur de cautionner l’inacceptable. Je pense qu’on peut voyager en dictature, mais que cela demande plus d’effort, d’engagement, et il faut voir si on est prêt à faire cet effort.
    Merci beaucoup pour ton commentaire, Clémentine, je t’embrasse !

  • beaucoup aimeraient*
    Je me suis emportée et je n’ai pas fait attention à mes fautes, pardon, haha !

  • Pas de souci 😉

  • Réflexion super intéressante qui est, je pense, soulevée par tout passionné de voyages à un moment donné. Personnellement je me suis souvent posée la question concernant les dictatures. Quand je me suis rendue en Tunisie en octobre 2010, je n’avais aucune idée du régime dictatorial sous lequel vivaient les tunisiens. Je me rappelle avoir était interloquée par les immenses affiches de Ben Ali le long des immeubles ou au bord de routes désertiques et par les messages quotidiens de propagande à sa gloire à la radio. Quelques mois plus tard, le Printemps arabe éclatait. Cet été, je suis allée visiter Cuba, pays que je m’étais toujours jurée d’éviter, à cause du régime Castro. J’ai réalisé qu’il est, à mon avis, important de se faire sa propre idée de ces pays, notre regard d’occidental étant souvent biaisé et rempli de préjugés, tout en gardant un esprit critique et comme tu le dis si bien dans ton article, les yeux ouverts. D’autre part, voyager de façon responsable et au plus près des locaux permet de saisir le pouls du pays visité tout en respectant sa population, qui, la plupart du temps, vit du tourisme. J’adore tes articles engagés et je pense que ça peut être le rôle des blogs de voyage et médias de ce genre de sensibiliser les lecteurs. Continue ton excellent travail!

  • Je suis totalement d’accord avec toi – voyager au plus près des locaux, pour faire plus bénéficier les « vraies gens » du tourisme, et être lucide et vigilant, est sans doute la meilleure approche possible. Merci pour ton témoignage passionnant sur la Tunisie et Cuba. Je te souhaite de merveilleux voyages – continue à faire tomber les dictatures 😉 Merci beaucoup et une très belle journée à toi !

  • Bonjour à toi,
    Je tenais à te remercier pour cet article très intéressant et je dirais même courageux. Je tiens moi-même un petit blog de voyage et je me suis déjà fait la réflexion : doit-on tout partager de nos voyages, y compris nos «engagements éthiques»? Jusqu’à présent je n’ai pas eu le courage de le faire, de peur de me frotter à une communauté moins ouverte à ce genre d’idées, mais ton article est très inspirant je trouve. Je n’ai, pour l’instant, pas poussé la réflexion aussi loin, et suis restée dans un cadre plus écologique (j’ai choisi par exemple de boycotter la sortie «requins-baleines» aux Philippines car les pauvres bêtes sont nourries par l’homme et cela cause des désastres au niveau de l’espèce en elle-même). Mais doit-on pour autant en parler? Doit-on, en tant que blogueur, donner notre avis là-dessus? Nous ne sommes pas des journalistes après tout et ce n’est pas forcément notre rôle. Cependant, quelques fois mal informés, les touristes (dont nous faisons partie) font les mauvais choix. N’est-ce pas alors notre rôle d’initier la réflexion sur ces problèmes éthiques? Encore une fois, que de questions je me pose 🙂
    En tout cas merci encore, je pense que ton article va me donner la force de commencer à écrire sur des sujets plus personnels et qui me tiennent à coeur.
    Bonne continuation.

  • Je suis tout à fait d’accord avec toi pour les boycotts pour des raisons écologiques !
    Lors de mon voyage en Floride, j’ai refusé de prendre un bateau rapide à travers les Everglades (alors que je l’avais fait 10 ans avant), car j’avais lu que cela dégradait beaucoup le milieu. Je suis très sensible aux questions de condition animale, je boycotte notamment les parcs marins – la dernière fois que je suis allée à SeaWorld, j’ai été choquée et dérangée, du coup, je me suis éduquée, j’ai vu le film Blackfish, et je me suis promis de ne plus y mettre les pieds.
    Je vais découvrir tout de suite ton blog, que je ne connais pas ! Merci Aude pour ton commentaire.

  • Retournons le problème : si le tourisme baisse en France, est-ce que ça aua un impact sur la politique ou sur les mentalités ? Est-ce qu’on va se dire « peut être que notre gestion des questions humanitaires décourage les touristes de venir nous visiter ? »
    Je ne crois pas. Pour moi, le blogueur de voyage a un rôle différent du journaliste. Il raconte ses expériences. Comme le dit Samuel, il écrit un journal extime. Il donne donc son ressenti. S’il voyage dans un pays qui a une politique qui le dérange et qu’il a envie d’en parler, que cela fait partie des sujets qui l’intéressent, il peut très bien l’aborder dans ses impressions de voyage. Finallement, on peut comparer le blogueur de voyage au voyageur qui rapportait des carnets de ses expéditions : ceux-ci ne se limitaient pas à raconter les paysages et la gastronomie, du moins les quelques uns que j’ai lu. La politique et la vie quotidienne sont présents dans les récits de voyage car le voyage est une expérience totale. Selon moi, ces récits ont leur place sur un blog, et le blogueur est légitime pour donner son ressenti sur la vie quotidienne et la culture, la politique d’une région qu’il traverse. Après, je comprends ton point de vue sur les Maldives car le contraste est fort entre l’horreur de cette dictature et le cliché d’un tourisme paradisiaque où l’on débranche son cerveau à l’entrée pour se consacrer à la détente. Mais le voyage, en tant que porteur d’échanges, sert aussi à réfléchir sur le monde et donc la réflexion politique et le partage peuvent faire partie des enseignements d’un voyage. J’ai l’impression de manquer de clarté dans mes arguments, j’espère que tu comprends ce que je veux dire..

  • Je comprends totalement ce que tu veux dire quand tu dis « Mais le voyage, en tant que porteur d’échanges, sert aussi à réfléchir sur le monde et donc la réflexion politique et le partage peuvent faire partie des enseignements d’un voyage. » Totalement. J’ai beaucoup appris de mes voyages en Chine ou en Russie, par exemple, je sais que cela a enrichi et approfondi ma compréhension du monde, et je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais je rejetterais un tourisme « hors sol » (Maldives) ou complètement naïf et aveugle sur les soucis du pays qu’il traverse, je crois que je tiens vraiment beaucoup au devoir de s’informer et d’informer les autres, et à l’esprit critique (y compris, bien sûr, sur son propre pays).
    Pour la France : je suis persuadée du fait que cela a un impact. J’ai bien vu, en vivant en PACA, ce qui s’est passé après les horribles attentats de Nice (pour lesquels nous ne portions bien sûr aucune responsabilité). Les touristes ont fuit la côte d’Azur en masse. Tous les gens qui vivaient du tourisme étaient désespérés, faisaient des vidéos et autres opérations pour dire « revenez », l’office du tourisme de PACA a lancé une énorme opération de comm (notamment autour du hashtag #côtedazurnow) pour redynamiser la région… les gens l’ont ressenti et cela a eu un impact réel. Si demain, MLP était présidente et que des gens décidaient de boycotter la France, cela aurait un impact réel – d’ailleurs, je me souviens, lors de la campagne municipale, que beaucoup de personnes un peu beaucoup à droite refusaient malgré tout de voter FN, car c’était « mauvais pour les affaires ». En effet, une mairie FN, ça nuit beaucoup à l’attractivité de la ville, les entreprises vont beaucoup plus hésiter à s’installer, à associer leur image avec l’endroit, etc. Donc oui, je crois vraiment que le boycott a un impact !
    Merci beaucoup pour ton commentaire.

  • […] que… j’ai raison, ça n’est que mon point de vue. Sont billet est par ici : blog et morale, pourquoi je n’irai pas aux Maldives. Bonne […]

  • Pour les Maldives, je peux comprendre le problème et suis assez d’accord avec toi. On se retrouve dans un hôtel en all inclusive complètement coupé du pays. C’est une expérience très fausse. D’ailleurs, dictature ou pas dictature, je ne suis pas trop compatible avec ce genre d’hôtels. J’ai testé une fois en Tunisie, je deviens vite… nerveux dans cet univers fermé 😉
    Pour le reste, tu t’en douteras, je ne suis pas vraiment d’accord. Ton point de vue est respectable, et sera celui de pas mal de monde, mais je ne le partage pas. Aller aux US, même si Trump me sort par les yeux de la tête, ne me poserait pas le moindre problème, même si ce n’est que c’est devenu un peu plus compliqué, car mon passeport contient des tampons qui me rendent inéligible à l’ESTA. À la place, j’aurais le privilège de devoir faire une demande de visa et passer un entretien à l’ambassade, mais c’est un autre sujet 🙂
    Si on est témoin de choses choquantes dans une dictature, en parler, oui, bien sûr. Mais un état de dictature n’est pas forcément la chose la plus visible au quotidien quand on visite un pays et quand on parle avec ses habitants. Ce sont des sujets sur lesquels, de par notre culture, nous focalisons beaucoup, et je ne vais pas minimiser leur importance, loin de là. Mais dans bien des pays pauvres, avoir à manger dans son assiette ou pouvoir payer l’école aux enfants est un sujet de bien plus d’inquiétude pour les habitants que la privation de bien des libertés.
    Par exemple, je pense que bien des Chinois sont satisfaits que leur pays ait réussi à supprimer une grande partie de la misère en Chine comparée à la situation du pays il y a 30 ans et que c’est plus important pour eux que plus de libertés. Ils préfèrent leur sort à celui des Indiens qui ont certes plus de libertés, mais qui ont bien moins progressé dans la diminution de cette misère depuis 30 ans.

  • Ah oui, c’est vrai, avec les tampons iraniens sur ton passeport, tu aurais des soucis ! Mais à ce que je sais, tu peux obtenir un second passeport dans certains cas, par exemple si tu es journaliste et que tu as besoin de visiter des pays « irréconciliables ».
    Je suis totalement d’accord avec toi quant à la Chine, et par ailleurs, c’est aujourd’hui un acteur clef de la mondialisation et une grande puissance, donc je pense qu’il y a un véritable intérêt documentaire et d’enrichissement personnel à la visiter, la comprendre, bien que je sois en profond désaccord avec beaucoup d’élements de leur politique en matière de droits de l’homme, politique, et défense animale aussi (le festival des chiens de Yulin, par exemple). J’ai été très curieuse de visiter la Chine il y a une quinzaine d’années et j’aimerais la revoir aujourd’hui.
    Mais (on revient aux Maldives), je crois que je ne supporte pas le tourisme « hors sol » dans les dictatures. Je ne suis pas choquée qu’on aille en club tout compris pour buller, je l’ai déjà fait et même si je préfère les voyages de découverte, je le referais si j’étais crevée, en manque de soleil et besoin de détente. Mais je n’irais pas dans une dictature pour cela, j’irais dans un endroit où je n’aurais pas mauvaise conscience. Je pense qu’aller dans un pays « limite », cela présuppose un certain engagement, un effort de compréhension. Je n’ai jamais été choquée par tes papiers sur l’Iran, le Soudan, etc, j’ai toujours aimé tes aperçus de la vie quotidienne, ton effort documentaire. De même, j’ai été passionnée par les reportages de Lostwithpurpose sur l’Afghanistan, j’ai beaucoup appris en les lisant. Je ne jette pas du tout la pierre à ceux qui vont partout – disons que je condamne ceux qui le font avec les yeux crevés et en toute inconscience.

  • Coucou ….
    Je veux te dire que je trouve ton article très bien écrit et ta réflexion est celle , je pense de beaucoup qui aiment voyager … Je comprend au combien tes contradictions et en te lisant, j’avais le sentiment de me relire … Très bel article, merci !
    J’aime voyager, je l’ai sans doute fait moins que toi, mais les Maldives par exemple, je n’irai pas, c’est certain … je ne peux pas cautionner ça , c’est une horreur !! ( oui, je sais, il y en a partout !! ) mais faire condamner des enfants, c’est impensable pour moi , ainsi que les reste d’ailleurs …..
    Le blogueur est un reporter  » petit format  » et je pense , comme tu le dis qu’il faut ouvrir les yeux ,
    mais jusqu’où peut on aller, c’est vrai , difficile de savoir …. C’est une grave question et je n’arrive pas vraiment à trouver les réponses clairement …. En tous cas, merci beaucoup pour avoir soulever le sujet et je pense que je ne vais plus voyager pareil !!! Je te souhaite une bonne année en passant et encore des voyages tout de même, et de bons  » reportages  » comme celui-là 🙂
    Je me permet de te faire un bisou 🙂

  • Merci beaucoup, Clo !
    Oui, voilà, j’ai la sensation du franchissement d’une limite avec les Maldives, et je n’arrive pas à le concilier avec ma conscience.
    Je suis mille fois d’accord avec toi et je te remercie pour la jolie formule « le blogueur est un reporter petit format » : pour moi c’est exactement ça.
    Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que le blogueur n’a aucune responsabilité, aucun engagement, ou même, qu’il n’a pas à le faire car ce n’est pas son boulot. On est tous citoyens, et on a tous un cerveau.
    Je te remercie chaleureusement pour ton commentaire et j’accepte volontiers le bisous !

  • Hello Melle!
    Je te félicite pour cet article qui m’a beaucoup parlé. Je suis absolument d’accord avec tes réflexions et je considère que je voyage désormais les yeux grands ouverts (du moins je le ressens).
    Je suis allée aux Maldives il y a 3 ans, voir une amie qui travaillait sur une île-hôtel. Je logeais chez elle, dans la partie « staff » et non les bungalows 5 étoiles. Puis mon amie m’a emmené sur l’île voisine, non touristique, à la découverte des vraies Maldives. Peu de temps après, la loi d’application de la peine de mort est passée pour les enfants et j’ai décidé de ne plus y aller. Ne tenant pas de blog à l’époque, je ne sais pas trop comment j’aurais pu décrire mon expérience.
    Aujourd’hui, je voyage en Australie et je vois tout ce qui me déplait moralement. Cela me semblait difficile d’en parler sur le blog au début, car il s’agit d’un pays fantasmé par les Français. Mais désormais je préfère décrire pour expérience réelle et sincère, même si elle casse les mythes et rend mon bébé-blog moins vendeur de rêve (et donc peu lu).
    Je pense continuer à visiter les places qui me font rêver mais en cherchant, comme tu dis, à faire un voyage intelligent.
    L’Inde est à venir, cela s’annonce un grand défit pour moi : féministe, femme de couleur en couple avec un blanc, vétérinaire amie de la wildlife… !

    Bref! Bravo et vive les articles vrais et engagés 😉

  • Merci Julie pour ton témoignage passionnant ! Ton expérience des Maldives a dû être passionnante, je serais curieuse de lire si tu décides un jour d’écrire là dessus !
    Je vais aller lire tes articles sur l’Australie. J’avais adoré ce pays, mais j’avais été choquée par le sort des Aborigènes (je suis toujours très sensible au sort des populations « natives », que ça soit aux US, à Hawaï, en Nouvelle Zélande, etc, et je ressens vraiment le fait que certains pays ont mieux géré leur héritage colonial que d’autres…). Mais peut-être y a-t-il d’autres choses qui te heurtent. Je vais faire un tour sur ton blog tout de suite.
    Et j’ai hâte de lire ton voyage en Inde !

  • Un sujet passionnant 🙂
    Globalement, je ne suis pas favorable au boycott car il ne fait pas avancer la situation et surtout, le peu que tu aurais pu apporter aux locaux (que ce soit humain ou financier) passe à la trappe.
    L’un des rares cas à part est la Corée du Nord où tu n’es pas libre d’aller où tu veux et d’y faire ce que tu veux.
    Aux Maldives, tu as la possibilité d’y aller, de ne pas aller dans un hôtel de luxe et de montrer que tous les locaux ne correspondent pas dans le cliché du radicalisme religieux … Ce serait déjà donner une image plus réelle qu’un raccourci « boycott = tous pareil ».
    Ensuite, aux Maldives ou ailleurs, si tu ne cautionnes pas le gouvernement, il y a toujours de nombreuses solutions pour promouvoir un autre tourisme et en faire profiter les locaux (manger dans des petites cantines, prendre le taxi, … faire tourner l’économie de tous les jours quoi!). Là encore, ça profitera aux locaux.

    Ensuite, sur la question des « valeurs » (mises en avant par les blogueurs mais pas seulement), j’ai un énorme problème avec le manque de cohérence. Dans le domaine du voyage, mais aussi de la consommation.
    Alors OK, les tigres drogués, les éléphants maltraités et toutes ces conneries à touristes, c’est un scandale. Les droits de l’homme non respectés, idem.
    Ce que je trouve déplorable, c’est se donner bonne conscience en disant je boycotte les parcs à éléphants maltraités mais derrière foncer vers la guesthouse la moins chère pour s’y retrouver à manger des oeufs de poules élevées en cage, sans plume et sans bec.
    A celui qui va boycotter un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme, va-t-il aussi boycotter l’iPhone lorsque l’on connait les conditions de vie/travail des chinois qui les fabriquent ? Une grosse hypocrisie !
    Je ne dis pas qu’il faut aller dans les parcs à éléphants car quoiqu’il en soit il est compliqué (impossible?) de voyager/consommer éthique à 100%. Je dis juste qu’il faut arrêter de se donner bonne conscience en brandissant des totems comme les éléphants ou l’Iran ou je ne sais quoi d’autre.
    Au final, pour moi, le voyageur qui rentre dans cette bien pensance (qui fait fureur en ce moment) mais qui voyage avec un iPhone, un jean (fabriqué avec du coton made in China qui assèche des lacs) et qui mange des oeufs de poules maltraitées, c’est un hypocrite, au mieux un abruti.

  • Merci Aurélien pour ton commentaire.
    Je suis d’accord avec toi sur le tourisme local et proche des populations, mais je crois que dans mon exemple (Maldives), c’est justement très difficile, d’après tout ce que j’ai lu sur le sujet – structure du tourisme, interdits politiques (c’est une vraie dictature), sécurité, touristes cantonnés aux îles hôtels, etc…
    Pour le fait de vivre en accord avec ses principes : je suis totalement d’accord avec toi sur le besoin de cohérence. Je suis végétarienne, membre de plusieurs associations humanitaires, signeuse de pétitions, etc, j’essaie de faire de mon mieux pour être une citoyenne avertie. Mais non, je ne suis pas parfaite, tu as raison, je me suis rendue coupable de compromissions (Iphone par ex). Est-ce que ça m’interdit pour autant d’essayer de faire de mon mieux ? Je ne suis pas d’accord avec l’alternative « quête de l’impossible perfection morale ou se résoudre au laisser aller total ». Si la cohérence et la perfection absolues étaient posées comme pré-requis à toute action ou réflexion morale, on serait condamnés à l’inaction. Pour reprendre mon exemple du début : je suis végétarienne et anti-fourrure, mais j’accepte AUSSI le soutien anti-fourrure de gens qui ne sont pas végétariens. Je préfère un petit pas que rien du tout, et je ne suis ni hypocrite, ni abrutie.

  • Tout au long de la lecture des articles de Laurent et de Samuel, je n’ai fait qu’osciller entre accords et désaccords, des moments « ah oui !! » et des moments « oui, mais… » ! 😀 Mais je vais écrire un peu ce que j’ai écrit sous l’article de Samuel : vos articles sont tellement denses qu’il me semble difficile de pouvoir vraiment y répondre en écrivant le fond de ma pensée !
    J’ai aimé ta phrase « Ceux qui voyagent et partagent créent le matériau de nos désirs et de nos fantasmes. » et ton idée vis à vis des images subliminales. Ce ne sont ni plus ni moins les mécanismes de la publicité, et je suis tout à fait d’accord avec toi.
    Pour les Etats-Unis, pays que je connais bien (et qui est ma destination n°1 de voyage), j’ai été également dévastée par l’élection de Trump, pourtant bien symptomatique de ce que sont les USA aujourd’hui et la crise sociale et politique qui y a lieu. J’ai voyagé dans beaucoup d’endroits ruraux, où, les gens, bien qu’extrêmement accueillants à mon égard, étaient plongés dans une haine de l’autre, une grande peur, etc… Jusqu’à l’élection de Trump qui pour moi fait sens (bien qu’il n’eut jamais dû être élu, preuve en est le rapport d’hier de l’Intelligence américaine au Sénat !). Mais bref, je me perds. Je me suis aussi posée la question de « est-ce que je vais y aller, pendant ces 4 prochaines années ? » puis la réponse a été évidente : oui. Car je veux voir mes amis, car je veux continuer à découvrir ce pays, et soutenir l’économie locale. On peut transposer ça à tous les pays, y compris les Maldives, et si j’ai tout compris, c’est l’argument premier de Laurent (que je partage), qui est l’idée de différencier les populations des gouvernements.
    Mais en tant que journalistes ou blogueurs voyage, c’est un énorme travail. Et c’est, à mon avis, la différence entre le travail qu’a pu faire le blogueur promouvant la Corée du Sud et le travail que peut faire Laurent lorsqu’il va dans ces pays-là.
    A titre personnel, je ne peux pas aller dans certains pays, comme toi, j’ai des limites, je sais que je ne pourrai pas.
    Pourtant, comme tu le dis, je ne cautionne pas non plus la peine de mort, et tout le gros bullshit que les Républicains font passer tout le temps dans les Etats du Sud. J’y ai découvert d’ailleurs une ségrégation raciale encore omniprésente, comme si rien n’avait bougé. Bien sûr que je ne cautionne pas tout ça, mais je voulais le voir, et le vivre, et le raconter.
    On place nos curseurs de bonne conscience et de révolte à des degrés différents, et ça rend presque schizophrène, finalement !! 🙂
    En tout cas merci pour ton bel article et désolée pour le blabla !

  • Merci beaucoup, Isa ! Je crois que si on est honnête avec soi-même, on oscille forcément, et ça se ressent dans l’écriture de nos articles…
    Ton témoignage sur les US est très intéressant. Je crois que tu as un lien avec les USA encore plus fort que le mien, tu connais beaucoup de gens, tu as des amis, etc, – ça devient de l’ordre de l’intime, et je comprends tout à fait ton ressenti. Pour moi dont les liens sont moins étroits, je ressens moins cette nécessité, et si je ne compte pas « boycotter » les USA (j’irais probablement si invitée), je pense que je vais profiter de ces 4 ans pour explorer d’autres destinations, et revenir pour fêter le prochain président 😉 Mais j’adorerais faire un reportage, oui, une plongée documentaire. Pas hédoniste mais consciente. Cela me plairait beaucoup – après tout, on voyage pour comprendre…
    Merci pour ton commentaire intéressant !

  • Je trouve ton article très intéressant et j’ai beaucoup aimé ta réflexion, effectivement si on a tendance à critiquer certains pays voisins, nous ne sommes pas non plus un exemple de vivre en paix et de tolérance, surtout récemment.
    Tant qu’à montrer à travers nos articles les destinations que l’on fréquente, autant parler de chaque facette. A la Réunion, je ne me suis pas toujours sentie bien ni en sécurité, grande blonde venue de métropole, je me suis fait beaucoup remarqué, j’en ai beaucoup parlé avec les habitants et cela a fait avancer les choses. Je pensais en parler un jour sur le blog, mais je n’ai pas encore trouvé les mots… et puis on se dit qu’est ce qu’on y gagne? Est ce peut être seulement mon ressenti? Pourquoi donner ce sentiment aux lecteurs alors qu’eux se sentiront peut être très bien?

    Pour les USA, je voulais dire que c’est dommage de ne pas y retourner à cause de l’élection de Trump, quand je vois la controverse que cela a provoqué dans le pays, ce n’est pas comme si tous les américains avaient votés pour lui… Je trouve que c’est mettre dans le même sac une population qui est peut être autant sur le c*l que toi ^^
    Mais effectivement, ça se discute.
    Pour les Maldives j’ai appris il y a peu de temps ce qu’il se passait là bas, ils savent bien le cacher c’est assez déroutant…

  • Merci beaucoup, Lucie, pour ton commentaire.
    Non tu as raison, il y a eu 3 millions de voix en + pour Clinton dans le vote populaire, c’est vrai… Il n’empêche que c’est un signal rude envoyé au reste du monde.
    Cela m’intéresserait beaucoup de lire tes articles sur la Réunion, ton ressenti, je pense que cela est très intéressant aussi !
    Au plaisir de te lire !

  • bizarrement, les Seychelles m’ont toujours plus tentée :p Je pense revoyager aux USA par contre je ne pense pas y travailler avant au moins 4 ans. J’espère qu’après les élections, nous pourrons dire: nous aussi nous avions un candidat raciste, mais nous, nous ne l’avons pas élu ! :p

  • Je souhaiterais vous faire part de mon expérience, basée sur 29 semaines passées aux Maldives, sur des îles-hôtels, mais aussi au contact des Maldiviens, parfois sur leurs îles d’origine, là où ils vivent et grandissent.
    Après avoir beaucoup discuté avec eux, le travail sur les îles-hôtels est une vraie chance pour eux, un but même car le salaire y est bien supérieur à ce qu’ils pourraient toucher ailleurs aux Maldives, dans la pêche ou l’administration. Il ne faut pas oublier que la part de pourboire que touchent les employés des îles-hôtels est importante et que leur salaire n’est qu’une partie des gains.
    Les Maldives ne peuvent rien produire à cause de la topographie unique du pays. Ils n’ont que 3 pôles d’activités: la pêche, le transport maritime et le tourisme. Ils ont une pêche respectueuse de l’environnement, ils peuvent se le permettre car le tourisme vient largement compenser ce qu’ils ne gagnent pas en pêchant à outrance. Pour rappels, les Maldiviens disposent du plus haut revenu par habitant de l’Asie du Sud-Est. Rien que ça. Retirez le tourisme et vous créez un chômage de masse, un appauvrissement et donc des troubles sociaux.
    Savez-vous que chaque maldiviens a droit à une maison sur son île d’origine ? Quel pays peut se vanter de donner une maison à ses habitants ?
    J’ai donc été à plusieurs reprises sur des îles peuplées uniquement de locaux et j’y ai vu ces maisons, une école, une mosquée, un hôpital et surtout des gens souriants et un islam modéré où les femmes sont bien traitées.
    Un mot sur l’île-poubelle: ce pays n’est composé que d’îles. Rien d’autre. Ils y a 400’000 habitants plus 1’200’000 touristes qui génèrent tous des déchets. Il y a donc besoin d’une décharge comme c’est le cas chez nous en Europe. Alors oui, ça fait moche de voir une décharge sur une île, mais pourquoi eux n’auraient-ils pas le droit d’avoir une décharge pour le traitement de leur déchet ? La gestion des déchet est un problème mondial, c’est aussi un soucis aux Maldives.
    Le pays est-il parfait ? Non. Le système politique doit progresser, mais il essaie. Il y a un parlement, ils ont signé le traité de Rome ce qui les soumet au TPI, preuve qu’ils sont prêts à se soumettre à la justice en cas de dérive grave du gouvernement, bien des pays ne l’ont pas fait.
    Je terminerais en disant que l’éthique se pose à tout point du vue et il faut y aller à fond. Peut-on dire non aux Maldives tout en achetant ses vêtement fabriqués en Indonésie, Pakistan, Chine ou autre dans des conditions déplorables à un salaire ridicule ? Peut-on voyager aux Seychelles ou partout ailleurs en consommant du kérosène produit dans des dictatures qui soutiennent le terrorisme ? Acheter c’est cautionner.
    Peut-on aller au Japon qui continue de pêcher des espèces protégées ? En Thaïlande qui tolère le tourisme sexuel sur des mineures ? Dans des pays qui renversent des gouvernements ? Dans des pays qui sont des gros pollueurs ? Dans des pays qui favorisent le blanchiment d’argent ? Etc, etc, etc. Bref, où commence l’éthique ? Où elle nous arrange pour se donner bonne conscience ? Si on voyage, c’est pour faire tomber nos préjugés et mieux connaître l’autre. Voyager aux Maldives (vu que c’est de ce pays qu’on parle), c’est découvrir un peuple merveilleux qui gagne à être connu et qui a besoin de nous pour se développer.

  • Cher Pierre,
    Je vous remercie d’avoir pris le temps d’écrire ce long commentaire très intéressant et instructif.
    Cependant, je voudrais quand même réagir, car je reste en désaccord profond avec vous :
    1) J’ai été déçue, en allant sur votre blog, de ne pas voir ce dont vous parlez, mais seulement des îles hôtels, pas de photos de vie locale, pas un mot sur la situation du pays, etc. VOus ne parlez que de ce tourisme hors sol, d’îles hôtels, de snorkelings, etc, mais le pays n’est pas qu’un aquarium, pourquoi ne pas nous montrer aussi ce dont vous parlez dans ce commentaire ? Je trouve ça toujours triste de réduire un pays à notre expérience de touriste privilégié, sans parler de lui, de ses habitants, etc. J’aurais aimé lire ça sur votre blog, et vos prises de position, etc.
    2) Pardon, mais vous ne pouvez pas dire « islam modéré, femmes bien traitées », etc. TOute la presse sérieuse est en désaccord… Vous savez comme moi que ce pays a établi la peine de mort pour les enfants, que la charia est appliquée avec brutalité, et que les femmes subissent comme toujours les conséquences des régimes patriarcaux. Selon l’UNICEF, une femme sur 3 est victime de viol et de violences aux Maldives. Un journal indépendant basé aux Maldives tente d’évoquer leurs vies et leurs souffrances http://maldivesindependent.com/feature-comment/the-violent-lives-of-maldivian-women-121044 . Bien évidemment, ce n’est pas le seul pays dans ce cas. Mais aux Maldives, il y a une vraie aggravation. TOus les observateurs internationaux parlent d’une dérive, d’un pays qui part en vrille, pas d’un progrès – l’ancien président des Maldives a donné des interviews à la presse britannique pour parler d’une dérive dictatoriale grave. Je suis désolée, mais vous ne pouvez pas dire que tout va bien alors que nombre de voix authentiques témoignent du contraire. Sincèrement, ce paragraphe me choque – vous niez les voix et l’expérience douloureuse de tous ceux qui disent que le pays les oppresse.
    2a) Je me suis demandée d’où vous sortiez certains chiffres, par exemple sur le revenu le plus élevé d’Asie du Sud Est : une rapide recherche google dit que les choses sont bien moins reluisantes https://lespoir.jimdo.com/2014/04/25/classement-des-pays-asiatiques-par-pib/ Je ne suis pas experte en la matière, mais j’aurais voulu connaître vos sources.
    3) Je suis en profond désaccord avec l’idée « en matière d’éthique, il faut y aller à fond ou renoncer à faire quoi que ce soit ». Si on devait s’astreindre à la perfection morale avant d’agir, personne ne ferait jamais rien. Si je suis cette logique jusqu’au bout, puisque je ne suis pas une sainte ou un ange immaculé, je peux tout aussi bien aller violer des gamins en Thaïlande, puisque de toute façon je ne serai jamais parfaite. Désamorcer toute critique morale en exigeant de son interlocuteur une perfection inaccessible procède d’une logique fallacieuse.
    4) Voyager, c’est mieux connaître l’autre – mais le fait-on vraiment aux Maldives ? Ce que je lis et vois sur tous les blogs (y compris le vôtre !), c’est qu’on est cantonné sur des îles hôtels hors sol, coupé du pays ne serait-ce que pour des raisons de sécurité (le séjour à Malé est fortement déconseillé)… pendant qu’ailleurs, on applique la charia et on tolère la dégradation brutale des droits humains. Besoin de nous pour se développer – sans doute, mais en ne modifiant rien à notre comportement alors qu’eux ont introduit la peine de mort pour les mineurs de 7 ans et toléré des manifestations de soutien à l’EI, nous signalons que ceci est acceptable, et que, concrètement, nous n’en avons rien à foutre. Et cela me choque. Les Maldives ont sans aucun doute de beaux paysages et des gens gentils. Mais faire comme si de rien n’était, c’est nier la gravité de ce qui est en train de se passer, et faire passer notre confort et notre envie de soleil au dessus de la considération due à ceux qui sont opprimés par le régime et dont la vie est menacée par sa violence. Je préfère soutenir des pays qui, bien qu’imparfaits (quel pays l’est ?), témoignent au moins de leur volonté de prendre le bon chemin…

  • Notre but n’est pas de partir en croisade pour ou contre les Maldives, mais uniquement de faire part de nos observations basées sur plusieurs voyages effectués dans ce pays. Nous ne sommes pas journalistes, mais nous nous sommes beaucoup intéressés à la population et avons pu partager leur quotidien. En ce qui concerne notre blog, nous avons choisi de faire un blog de voyage cosy et donner des conseils pour des vacances réussies. Nous ne souhaitons pas avoir une ligne politique dans nos articles. Nous sommes bien conscients des forces et faiblesses de chaque destination touristique et avons choisi de ne pas nous effaroucher sélectivement sur notre blog. Il n’y a qu’à allumer la télévision pour être éclaboussés par toute la misère du monde, nous avons choisi de proposer de l’évasion. Bien que nous ne tomberons pas d’accord concernant les Maldives, notre conscience sur la situation mondiale est plus qu’en éveil. Concernant l’éthique du voyageur, l’éthique doit être un mode de vie sur tous les plans (inclus les voyages), après chacun fait ses choix selon des critères qui lui appartiennent.

  • La fin de mon commentaire concernait les personnes qui brandissent des exemples précis pour se donner bonne conscience et se sentir « libres » car ils le font et le disent, ils boycottent les éléphants d’Asie. Je ne parle en aucun cas de toi, je ne te connais pas assez pour me permettre un tel jugement.

    Ensuite, je le dis également dans mon commentaire, ce n’est pas parce que l’on ne peut pas être parfait, qu’il faut tout s’autoriser. Je suis bien d’accord avec toi !

    Ce que je voulais dire c’est que pour se vanter de boycotter les zoos ou les parcs à éléphants, il faut une certaine cohérence. A partir du moment où l’on sait que l’on n’est pas irréprochable, on les boycotte mais on n’a pas besoin de le crier haut et fort …

  • Bonjour à tous,
    Et merci d’avoir lancé ce passionnant débat. Globalement, je pense qu’on peut aller plus ou moins n’importe où tant qu’on ouvre les yeux – c’est ça qui fait la différence.
    Je voudrais surtout répondre à la question de savoir si c’est le rôle des blogueurs voyageurs de parler de ces sujets-là : oui, mille fois oui ! Et ce n’est pas incompatible avec l’évasion, loin de là.
    J’ai fait des tas de grands voyages eu Europe, en Asie, en Amérique du nord, sans en faire de blog car je n’avais pas grand-chose d’autre à dire que les très bons blogs qui existent déjà 😉 L’idée de créer un blog m’est justement venue quand j’ai eu envie de dire plus de choses sur l’histoire et la société des endroits que je traversais, car je trouvais que cela manquait.
    C’est comme ça qu’est né le projet « 1916 kilomètres », un road-trip en van sur les lieux de mémoire de la Première Guerre, où on parle de voyage, d’histoire, de mémoire et de politique, le tout sur un ton parfois sérieux, parfois décalé. Pas très sexy dit comme ça ? Pourtant, l’évasion était aussi au rendez-vous : pour la Parisienne que je suis, camper au fin fond de la Meuse était plus dépaysant que New York ou Singapour, et les paysages des Vosges en juin à couper le souffle.
    Bien sûr, on a besoin d’évasion par les temps qui courent. Mais on a besoin d’être conscients aussi.
    Donc je crois qu’il faut oser aborder ces sujets, que c’est une valeur ajoutée afin d’éviter des blogs parfois trop aseptisés et surtout que c’est une responsabilité.
    Voyager pour s’évader, oui, mais aussi voyager pour apprendre et voyager pour comprendre le monde dans lequel on vit : indispensable !

  • Je suis totalement d’accord avec ton positionnement sur le sujet et je vais vite jeter un coup d’oeil à 1916 kilomètres, ton projet m’intrigue !

  • Encore un article très intéressant et c’est sûrement dans tes lignes que je me retrouve le plus. Je ne pense pas être en désaccord avec Laurent, parce que j’aime le travail de Laurent, j’aime sa façon de nous faire un pays autrement. Mais effectivement j’aime ses récits car ils ont un sens et une intelligence … complètement manquante dans les vidéos sur la Corée du Nord. Ma pensée elle se résume à cette phrase de toi que j’ai trouvé dans les commentaires « disons que je condamne ceux qui le font avec les yeux crevés et en toute inconscience. » Voilà, tout est dit.
    D’un point de vue personnel, je n’arrive pas à me projeter dans ses pays parce que, déjà la misère m’afflige ici, alors je n’imagine même pas mon angoisse au Soudan ou même en Inde. Mais j’assume complètement ce blocage. Peut-être qu’un jour, il en sera autrement, j’espère même. Mais c’est vrai qu’à ce jour, j’ai envie de faire découvrir le monde à mes enfants, mais un monde qui fait envie. C’est sûrement un peu hypocrite mais je ne vois pas les faire réfléchir sur la misère du monde, les dictatures, etc … parce qu’il y autres choses à voir avant, j’en suis certaine.

  • Merci beaucoup, Mitchka, ton commentaire me fait plaisir, je suis heureuse de savoir que je ne suis pas seule ! Je suis d’accord avec toi sur ce que tu dis de « l’angoisse » face à l’extrême dénuement. Il y a dans mon article « voyager pour guérir » le témoignage d’une voyageuse qui a été traumatisée par l’Inde. Ce qui l’a le plus choquée, ce n’est pas tant la misère, c’est l’abandon, la normalité de la souffrance, le fait que les gens puissent mourir dans la rue dans l’indifférence. Je comprends ce que tu dis sur le fait de vouloir montrer la beauté du monde à des enfants, aussi – je n’en aurai pas, mais si ça avait été le cas, j’aurais voulu leur faire aimer le monde avant tout.

  • Voilà pourquoi je te suis ainsi que quelques rares autres. Pour ce genre d’articles qui rappellent que le voyage ce n’est pas que du farniente ou des activités trop cools au pays des bisounours. C’est ce que je vais d’ailleurs aussi raconter dans mon bilan blogging de demain.
    J’en ai ras la pastèque de voir des blogueurs vanter les mérites de certains endroits sans jamais parler de l’envers de la médaille, parce que tout pays possède son côté obscur. La course au blogtrip est trop importante pour ruiner des contrats avec des articles honnêtes et très certainement subversifs.
    Ils ont oublié l’essence même du voyage qui dit que pour connaître un pays, il ne faut pas poser de filtre. C’est bien dommage et quelque part, c’est aussi prendre ses lecteurs pour des lapins de 3 jours !
    Personnellement, j’adore aussi découvrir la culture d’un pays au travers de certains articles de blog. Du subjectif, bien sûr c’est important, ça rend un blog plus humain mais aussi un peu de connaissances apportées, documentées, je trouve ça important !

  • Ton commentaire me touche énormément. Merci, vraiment. Je suis tellement d’accord avec toi. Et j’ai vraiment hâte de lire ton bilan, alors !

  • Prochain sujet de philosophie au bac ? 😀

    Bravo Alexandra, j’aime beaucoup ton article ainsi que ceux de Samuel et de Laurent. En fait, à partir d’une même question, chacun aborde un aspect différent de « l’éthique » et ça fait vraiment réfléchir à nos propres choix. Même si là, je suis un peu embrouillé car ce sujet amène tellement de réflexions.

    Le seul pays que j’ai visité qui m’a posé le plus de problème de conscience : c’est Israël. Tu connais mon ressenti sur ce voyage et j’avoue avoir presque un peu de honte de dire « je suis allé en Israël », comme si le fait d’être allé là-bas montrait soit que j’approuvais ce qui se passe en Palestine, soit que je m’en fous royalement. Dans les deux cas, c’est faux. Mais au-delà de ça, je suis quand même vraiment content d’y être allé car désormais je sais que l’opinion que j’ai ne vient pas de ce que je lis dans les médias. Elle vient du vécu, de ce que j’ai vraiment vu et vraiment entendu sur place. Donc je suis ravi d’être allé en Israël et en Palestine car ça m’a permis de comprendre beaucoup de choses et de savoir de quoi je parle quand j’avance des idées sur la politique d’Israël.

    Concernant les Etats-Unis, je n’aime pas Trump et je déteste tout ce qu’il représente mais j’irai là-bas si j’en ai l’opportunité, idem pour la Chine même si leur épuration éthnique au Tibet et chez les Ouighours me révolte, idem aussi pour les îles Féroé alors que j’écume de rage quand chaque année, au nom de la tradition, ils tuent des milliers de baleines. Pour ma part, j’estime qu’on ne voyage pas par affinité politique mais plutôt par affinité ou intérêt pour une région, un pays, une culture, un peuple… En fait, ce qui compte le plus quand je voyage, c’est la rencontre avec les locaux, leur parler, comprendre leur vie. Le jour où on me tient à l’écart des gens, qu’on m’interdit de leur parler, alors là je n’irai pas.

    Après, le tout c’est de voyager avec une démarche intelligente et de ne pas adopter d’attitude candide du style « je ne vois rien, je ne sais rien ». De même que, dans l’article qu’on publie après, il FAUT aborder cette situation car découvrir et faire connaître une destination, c’est aussi montrer le côté obscur et non se limiter à ce qui plaît ou à ce que tout le monde veut lire. Désolé pour ce (trop) long commentaire 🙂

    Merci en tout cas pour cette réflexion qui soulève en moi de nombreuses questions.

  • Merci beaucoup Alexis ! Moi aussi, j’ai beaucoup aimé ceux de Samuel et Laurent, je trouve le débat vraiment intéressant.
    Je comprends ton ressenti quant à Israël, mais je pense que malgré tous ses défauts, Israël a un mérite : tu peux te déplacer librement, explorer, te faire ton opinion et dire ce que tu as ressenti. Je sais que bien évidemment, tous les Israëliens n’approuvent pas la colonisation ou les opérations militaires, mais ce qui se passe autour des murs et des colonies est choquant, et j’ai adoré ton article engagé, le fait que tu aies pu voir, témoigner, raconter. Je trouve ça extrêmement précieux et je pense que tu as bien fait d’y aller, de voir ça de tes propres yeux et de te faire une opinion. Voyager pour comprendre le monde, c’est quelque chose de noble et je ne peux qu’approuver ta démarche. Tu sais que j’adore tes articles, toujours passionnants et intelligents.
    Je suis totalement d’accord avec toi – « le jour où on me tient à l’écart des gens, je n’irai pas », et c’est aussi pour cela que je n’irais pas en Corée du Nord. Mais en Chine, oui, les yeux ouverts.
    (Les Féroé, je ne suis pas sûre d’y aller, pas du tout parce que je considère que la cause animale est plus importante que les droits humains, mais parce que j’ai l’impression qu’il n’y a rien à comprendre. En Chine, en Iran, etc, j’ai envie de comprendre. Je veux voir le quotidien, aiguiser mon intelligence, revenir enrichie des nuances du monde. Aux Féroé, j’estime que ça ne m’apporte rien ou pas grand chose, que ça ne va pas enrichir ma compréhension du monde, et que je vais juste faire de la pub à ce pays « pour rien ». Du coup, je n’en ai pas envie, j’irai quand ils auront arrêté leur massacre annuel. La distinction est un peu obscure, je sais, et ça n’engage que moi.)

    Merci pour ton commentaire passionnant, je suis comme souvent tout à fait d’accord avec toi !

  • Ton exemple sur l’impact des attentats de Nice sur la côte d’Azur et le tourisme est très intéressant et m’a permis de mieux comprendre ton propos, tu m’as convaincue. Cependant, je ne pense pas que la politique pourrait influencer mon comportement de voyageuse, à moins de cas extrême comme les Maldives.

  • Je suis comme toi – mes boycotts sont rares, réservés aux cas extrêmes. J’irais en Iran si j’avais l’opportunité, mais dans l’idée de m’éduquer au maximum, de comprendre. Merci d’être revenue ici !

  • Cet article et les commentaires qui suivent sont passionnants ! Tu m’as communiqué ton malaise en explicitant si bien l’accoutumance. J’ai même du dégoût à l’idée de m’endormir dans le monde des Bisounours maintenant.
    En tous cas merci pour ce coup de gueule parfaitement maitrisé.

  • Merci beaucoup Vanessa, ton commentaire me touche beaucoup.

  • Le truc c’est que, qu’on y aille ou pas, le leader nord coréen ne va pas changer sa politique. Ni l’Iran. Ni les Maldives.
    J’ai déjà eu l’occasion de le dire sous un autre article du même genre : chacun appréhende les choses à travers son filtre (vécu, éducation, morale, nationalité, religion, croyances…). Par exemple ma meilleure amie n’ira jamais au Japon car ils pêchent aussi la baleine. Moi je rêve de voir les cerisiers en fleurs, et pourtant je suis contre la pêche à la baleine, donc j’irai au Japon. Parce que si je n’y vais pas, est-ce qu’ils arrêteront la pêche ? Bah non.
    Visiter une dictature, chacun a sa conscience : comme je disais plus haut, qu’on y aille ou pas, je ne suis pas sûre que ça changera la politique du pays. Je ne me sens pas prête à aller en Corée du Nord, mais je ne suis pas choquée quand des gens y vont (en revanche je n’ai pas vu le blogueur dont tu parles) ; j’estime qu’ils font ce qu’ils veulent et que si ça me dérange que des gens aillent en Iran, en Afghanistan (oui oui j’en ai vu), au Turkménistan (etc…..) ben je ne regarde pas et puis c’est tout. Et j’attends des gens qu’ils fassent pareil pour moi, car crois-moi, je ne vais pas me priver d’aller aux USA ces 4 prochaines années : je sais pourquoi j’y vais, et ce n’est pas pour soutenir la politique du pays. Dans n’importe quel pays où je vais, je n’y vais pas pour soutenir ses dirigeants. Pour moi, la politique et le voyage sont 2 sujets différents.

    Comme tu disais, ça me ferait c… si, parce que Le Pen est au 2nd tour, des gens disent « non on ira plus en France, c’est des gros racistes ». Ouais mais bon, on a toujours un beau pays hein 😉 mais certains le pensent, eh bien tant pis, ils pensent ce qu’ils veulent, si « elle » est au 2nd tour et élue (au secours) et que certains nous boycottent, ils se priveront d’un beau voyage et ça ne changera pas l’issue du vote. Tout comme pour Trump.

    C’est marrant car je lisais sur un autre blog qu’ils vantaient les mérites des Maldives et au lieu de commenter je leur ai envoyé un MP pour leur dire, avec tout mon respect, ce que j’en pensais, à savoir comme toi : je ne sais pas si je pourrais y aller, sachant ce qui se passe derrière. On a beaucoup parlé, ils m’ont expliqué qu’apparemment c’était plus nuancé là bas, et on en a conclu que de toute façon, dans le monde, il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Dans chaque pays on trouve des choses à redire, même ici. La politique turque, la prostitution en Asie du sud est, la charia, les mariages des gamines en Inde (et plus largement le statut de la femme), la drogue au Mexique, le traitement des travailleurs immigrés à Dubai, l’extrême droite qui monte en France, en Scandinavie et même en Grande Bretagne, la pêche à la baleine, le traitement des Aborigènes en Australie, les droits de l’Homme en Chine, Poutine en Russie, et je pourrais continuer un moment comme ça ! Alors, soit on ne va plus nulle part, soit on blâme ceux qui y vont, soit on respecte le fait que certaines choses qui nous choquent peuvent moins affecter d’autres personnes !

  • I visited Maldives over a year ago and I have to admit I was completely unaware of the political situation in the country, and still am . I will begin researching this as I was planning to go back. I believe that you shouldn’t restrain yourself from visiting the US just because Trump got elected. This country is still wonderful and is full of great people. People, no matter what nationality, just want to leave in peace and provide for their families. The problem is always the governments! Here in the US, the problem is not exclusively Trump. I believe that each president is a puppet… the real problem is that this country has been engaged in war for the last 200 years and it seems like its not going to stop, in fact every year it seems like we are involved in more and more wars. If you are an American citizen you are tax dollars are contributing to the mass murder of middle easterns throught the world….. so there is much more to what the media shows, and all the pretty pictures. Does this mean that people shouldnt visit the US? I am not sure.. But what I do know is that we need awareness, honest media, honest journalists …
    And I love that you brought up the fur industry! I am all up for boycotting for this particular reason I went vegan because I believe that every individual has responsibility and we all protect themselves with the excuse « oh we can never change anything »  » they are too big » well.. if we continue to think that way, we are surely never going to change anything.

  • I am so sorry you had to battle with google translate to read this! I do have English posts as well (you can switch by using the flags at the top of the page), but I haven’t translated this one yet.
    Yes, I know the Maldives are gorgeous, but some things really shocked me: death penalty for children up the age of 7, no rights for women, dictatorship, etc. I also have the feeling that they are moving in the wrong direction, and I want to show that I don’t support that.
    But you are right, no country is perfect, especially not the US… I’m not saying we should boycott everything, not at all, but I guess it all depends on our ability to actually understand the situation and make a difference while there. I have the feeling Maldives really don’t give tourists that opportunity.
    Anyway, I agree with you so much: « we can never change anything » WE CAN if we start somewhere! I’m a vegetarian and the more I read about the milk industry, the more I strive to become a vegan… I think this is the rightful path and I want to achieve this goal!
    Thank you 🙂

  • Something strange happend to my english comment once I submitted it. Words got switched around lol

  • No no, it’s fine!

  • Oh my that is just aweful! How can you have death penalty for a child?! I havent decided yet if I will visit or not, but this is something if I did visit I would address in my blog posts. As travel bloggers (and as citizens of this beautiful planet) we have the responsibility to share what we know , especially if its knowledge that is not easily accessible or obvious like what you blogged about today. Its hard to be too honest as a travel blogger, because most people are not comfortable with the truth. I try my best to be fully honest without sounding pessimistic because people love to hear perfect stories rather than the reality. And if you need any help with veganism let me know!! Good luck on your journey and this article that I saw today made me think of you https://theintercept.com/2015/07/28/dylan-roof-terrorist-animal-rights-activists-free-minks/

  • I agree with you so much: as travel bloggers and citizens of the world, we have the duty to share, and I don’t agree with those who say it’s not our role: I do firmly believe that it is! You’re right, perfect stories might have more success than the truth, but still, I think our reputation in the long run is better if we stick to our principles.
    Reading the article right now… it sickens me, it makes me so angry…

  • Bonjour! Merci de nous partager ton point de vue. On est nouveau dans le monde des blogues de voyage mais notre éthique est assez proche de la tienne.
    Comme tu le dis, aller dans une destination polémique pour des blogueurs de voyage est un choix à ne pas prendre à la légère. Ton paragraphe sur les inquiétudes morales me parle beaucoup! Notamment concernant l’utilisation des animaux à des fins touristiques. Mais c’est sûr que l’application des droits de l’homme et le traitement des personnes sur place devrait jouer un grand rôle dans le choix de la destination. Et dans le cas où l’on choisi cette destination essayer d’en témoigner, de montrer le revers de la médaille.
    On prépare justement un article sur Cuba où l’on a passé 10 jours l’hiver dernier. On a choisi d’y aller en « casas particular » chez les habitants. Ce mode de voyage nous semble plus proche de notre éthique, contrairement aux hôtels tout-inclus dans lesquels aucune perception sociale n’est possible.
    Pour les États-Unis, depuis bientôt 6 mois nous préparons un long voyage qui y prendra place à partir d’avril… Quand Trump a été élu, c’était impensable pour nous d’abandonner un voyage tant attendu et préparé. Finalement, c’est une élection démocratique qui a eu lieu aux États-Unis même si ça n’enlève rien à la dégueulasserie de leur nouveau président. Et puis, le pays reste pour moi très polémique même sans Trump (Guantanamo, les différentes guerres du Golfe, la peine de mort) même si il symbolise beaucoup de choses bien aussi (liberté, innovation, arts). Bref, rien n’est rose. On va essayer de faire le plus possible de couchsurfing, dans le but entre autre de parler avec des habitants, de cerner cette population si diverses et complexe. Je suis sûre qu’on va faire de belles découvertes humaines.

    Petit apparté géographe : OMG!! Tu es la fille de Sylvie Brunel!! J’ai fais des études de géo et la fan-girl en moi est toute émoustillée!!

  • Merci Laura pour ton commentaire ! Je ne connais pas encore votre blog, je vais le découvrir avec plaisir. Je comprends tes hésitations quant à Cuba, je l’ai boycottée très longtemps après avoir lu Zoé Valdès. Je n’avais pas envie de soutenir ce régime. Je pense que je ne la boycotterais plus aujourd’hui : je me dis qu’en ce moment, c’est le bon moment : ils s’ouvrent, ils évoluent, c’est peut-être un bon signe de montrer qu’on est sensible à cette ouverture au monde…
    Je comprends tout à fait que vous n’ayez pas voulu renoncer à votre voyage aux USA ! et sincèrement, c’est facile pour moi de dire « je ne vais pas aux USA ces 4 prochaines années », j’y suis allée 6 fois de 2014 à 2016, et j’ai adoré chacun de ces voyages, je comprends tout à fait votre envie d’arpenter ce pays assez unique au monde.

    Ahaha pour ma maman 🙂 je trouve toujours ça trop mignon de voir combien elle a la côte auprès des étudiants en géo !

  • Je voulais juste dire que je trouve cet article très intéressant et te remercier pour avoir pris le temps d’exposer ton point de vue 🙂

  • Merci Alexandra pour ce gentil commentaire, cela me fait plaisir que l’article ait su t’intéresser !

  • J’ai déjà réagi sur instagram, puis j’ai relu ton article ici. Je suis allée en Iran. Nous rêvions de ce voyage (enfin, moi un peu moins au début), malgré mon coeur (très) féministe, malgré les articles, malgré les stéréotypes. Pour certaines destinations, il est important d’aller voir par soi-même. Qu’en est-il vraiment sur place ? 3 semaines et demi de couchsurfing plus tard, donc quelques jours au Kurdistan à la frontière avec l’Irak, nous sommes conquis. Non, tout n’est pas rose et j’ai souvent bouilli de colère lorsque l’on refusait de s’adresser à moi (je suis une femme…), lorsque la chaîne d’infos propagandistes tournaient ou lorsqu’une femme s’est faite réprimandée pour avoir souhaité prendre une photo à mes côtés.
    Mais ces habitants, ces mrs et mmes tout-le-monde, ils ont besoin de notre soutien, ils réclament notre présence, ils sont curieux des récits d’Europe mais également de savoir ce que l’on pense d’eux et du sentiment que l’on emportera avec nous en quittant leur pays.
    L’Iran est un pays sublime. Je n’approuve ni sa politique archaïque, ni les conditions de vie de la population. Je rêve d’y retourner, d’être à nouveau accueillie et serrée contre leur coeur plein d’espoir, de rêves et de rage.
    Tout comme je ne peux tenir la population allemande complètement responsable des événements passés, je ne tiendrai pas la population iranienne responsable du régime qu’elle subit au présent.
    Mais je sais également, que si je devais aller aux Maldives, ce ne serait pas pour me dorer la pilule sur ses plages mais pour écouter et entendre le cri des peuples.
    J’ai également ce souhait refoulé de visiter la Corée du Nord en itinérance, par curiosité (malsaine ?) et intérêt.
    J’aurais certainement dû être journaliste plutôt que blogueuse :D.

  • Merci pour ton beau commentaire sur l’Iran, il m’a pasionnée. Et je suis d’accord avec toi sur le fait de dissocier une population qui subit manifestement une dictature du régime – encore faut il pouvoir soutenir les gens et pas le régime, et c’est un autre problème, je vais en parler bientôt dans un autre article qui continue cette réflexion.
    Je suis 100% d’accord avec toi sur le besoin de voir et comprendre le monde, de devenir plus intelligent.
    Oui, moi aussi, par curiosité, je voudrais voir la Corée du Nord. Mais il faut bien savoir quo’n ne peut y aller autrement qu’ultra encadré et qu’on écrit pas ce qu’on veut… c’est une procédure très lourde, qui suppose déjà un certain degré de complaisance pour obtenir l’accord.
    Merci d’avoir pris le temps de répondre.

  • Bravo et merci pour nous partager ton avis sur un sujet aussi sensible. En lisant les commentaires je vois que le débat est partagé et c’est compréhensible. Je trouve ton article bien argumenté et je partage ton avis. Comme toi, je me suis très vite demandé où était la limite du « blogging voyage ». Il y a tellement de choses qui sont « ultra cool » à faire et qui font beaucoup « de clics », mais pour moi c’est important d’être en accord avec mes principes et mes valeurs. Je dirai, par contre, que plutôt que le boycott j’ai envie d’aller là où tout n’est pas rose pour découvrir, rencontrer et voir de mes propres yeux…

  • Je suis d’accord, encore faut-il pouvoir faire l’expérience du pays par nous mêmes, et ne pas engraisser directement un dictateur… Je vais ressortir un article sur le sujet dans quelques jours, car ma réflexion a continué. Merci beaucoup.

  • On a eu cette discussion chez Laurent de OneChai. Les gens qui vivent dans un pays ne sont pas directement responsables des actes de leurs dirigeants. Ils ont souvent besoin de l’argent des touristes, et des échanges avec eux. On ne peut pas pour autant fermer les yeux et tout cautionner, mais dans ces cas-là, les rencontres me semblent essentielles!

  • J’ai lu la discussion, bien sûr, mais justement, j’ai écrit cet article pour donner mon avis 😉 Et je ne suis pas totalement d’accord, pour les raisons que j’explique dans l’article.

  • Je me suis longtemps posé la question de savoir s’il fallait boycotter un pays quand je suis en désaccord avec sa politique. Je me suis finalement rendu compte que si je faisais ça je n’irais grosso modo plus nulle part. Ma conscience politique s’est avérée très restrictive… Depuis j’essaie de savoir où placer le curseur, qu’est ce que je suis prête à accepter ou non, sachant qu’en plus je ne suis pas toujours très au courant des détails de l’actualité politique des pays que je pourrais visiter. Un vrai casse-tête ! Pas toujours facile de faire au mieux. Merci pour cet article très intéressant.

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