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14 novembre 2015    /    

14 novembre 2015: le Vercors, un jour de deuil-

 

Cette nuit, des terroristes sont descendus sur Paris et ont ouvert le feu sur des gens qui dînaient au restaurant, qui assistaient à un concert, qui marchaient dans la rue. C’est cela, l’insoutenable force du terrorisme : tuer des innocents au hasard, pour que chacun de nous sache « cela aurait pu être moi ». Frapper au cœur de nos vies, pour que plus personne ne se sente en sécurité. Transformer les rues de la ville lumière, un beau vendredi soir de novembre, en scène de guerre et de désolation – corps inanimés, sang qui coule, cris et panique, et des passants qui cherchent frénétiquement à se mettre à l’abri, car soudain la rue n’appartient plus à tout le monde, elle leur appartient. Durant cette année 2015, de telles scènes ont eu lieu partout, en Afghanistan, en Irak, en Turquie, en Tunisie, au Nigéria, ailleurs encore, et nous les avons vues avec une consternation hébétée, en nous demandant quand est-ce que ce cauchemar allait prendre fin, et puis nous avons été frappés à nouveau. C’est nous, encore une fois, et quand l’horreur touche une ville où vit un Français sur six, où nous sommes nombreux à avoir vécu et étudié, où nous avons tous de la famille, des amis, nous savons par la force des statistiques que nous ne serons pas indemnes. Nous avons tous écrit ou téléphoné à un proche, cette nuit, et attendu anxieusement la réponse – comme si les terroristes nous avaient nous aussi jetés dans la rue comme des bêtes apeurés, depuis les quatre coins de France.

En ce jour de deuil et d’angoisse, je repense au Vercors.

Je pense à ce massif montagneux bardé de hautes murailles minérales et cadenassé par des goulets étroits, qui n’a pas usurpé le qualificatif de « forteresse », et dont le nom suffit à évoquer le martyre des résistants de France. Parce que le Vercors était escarpé et inaccessible, un réseau secret de grottes, de galeries et de hauts plateaux protégés par des versants abrupts, les maquisards en ont fait leur place forte ; parce qu’il était le symbole de la lutte, les Nazis ont puni et torturé le Vercors.

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A la tombée de la nuit, sur la route de Villard-de-Lans, j’ai vu les ruines de Valchevrières s’abîmer dans le soir. Le 22 juillet 1944, l’occupant ouvre le feu contre les maquisards ; tous mourront les armes à la main, et le village sera réduit en cendres. Il ne reste plus que des pierres éparses, des poutres calcinées, et une chapelle miraculeusement réchappée du massacre, qui se tient seule au-dessus de la désolation, devenue mausolée de Valchevrières. A La Chapelle en Vercors, seize jeunes hommes furent exécutés sur la place du village, et la liste de leurs noms, de leurs âges – les plus jeunes, Maurice et Aimé, avaient dix-sept ans – nous rappelle ce que furent les rêves et les combats d’une génération brisée.

Je n’ai pas fait de photos au belvédère mémoriel de Valchevrières, la nuit descendait vite et un couple de personnes assez âgées pour avoir vécu cette histoire se recueillait face au monument. Source de cette image des ruines : Calips, Wikipedia Commons.

Je n’ai pas fait de photos au belvédère mémoriel de Valchevrières, la nuit descendait vite et un couple de personnes assez âgées pour avoir vécu cette histoire se recueillait face au monument. Source de cette image des ruines : Calips, Wikipedia Commons.

Je marche le long des cascades et des à-pics, sous les sommets enneigés des Alpes et au bord de parois vertigineuses, et je pense à ce que cette beauté solennelle a su incarner aux yeux des hommes et des femmes qui sont morts pour elle. Un paysage fait liberté. Le Vercors incarne une certaine idée de la France.

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Vercors, ombre et lumière.

Dans le calme des alpages, où des vaches et des chevaux vivant en semi-liberté viennent suivre mes pas, il serait facile d’oublier le monde et de croire que notre si belle France est une île, à l’abri du tumulte de l’histoire.

Le contraste des visions bucoliques et de la violence de l'histoire. Les morts sommeillent sous la mousse.

Le contraste des visions bucoliques et de la violence de l’histoire. Les morts sommeillent sous la mousse.

Jusque dans les recoins les plus secrets du massif, les grottes occupées par les résistants et les pierres disjointes viennent nous le rappeler : nous ne sommes à l’abri nulle part, et surtout pas quand nous tournons le dos et fermons les yeux. Je pense au Vercors, et je pense à 1938, quand à Munich, nous avons cru préférer une paix honteuse aux horreurs d’un conflit. “Ils ont eu le choix entre le déshonneur et la guerre ; ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre”, écrivit Winston Churchill. Je repense à 1938, car je ne comprends plus notre passivité face à Daech. Un nouveau nazisme prend forme, une menace d’une acuité inouïe, et depuis deux ans, nous tergiversons, et nous les regardons grandir.

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La forteresse et la source.

Bien que nous continuions à le nier, Daech a réussi ce qu’il proclame : il s’est constitué en État. Il contrôle un territoire immense, entre la Syrie et l’Irak, et qui continue de grandir. Il a fait main basse sur des puits de pétrole, et sur les armes de guerre de l’ancienne armée irakienne, que l’attaque américaine a jetée dans les bras des radicaux. Il s’est allié à d’autres mouvements islamistes tels que Boko Haram, qui contrôle lui-même de larges territoires au Nigéria – on lit des choses horribles sur cette forêt sordide où Boko Haram tient des centaines de femmes en esclavage –, et bande ainsi un terrible arc terroriste, qui chaque jour gagne en puissance et en cohésion. Il terrorise les populations sous son joug, quelle que soit leur ethnie et leur religion, car contrairement à Al Qaeda, qui haïssait les Occidentaux mais voulait conquérir les cœurs du monde musulman, Daech se fout bien de l’adhésion des peuples. C’est par la terreur qu’ils règnent, par l’établissement d’un système totalitaire qui n’a rien à envier aux pires régimes à qui le vingtième siècle a donné le jour, et qui utilise les technologies les plus récentes au service d’une entreprise de mort incroyablement sophistiquée. Chaque jour, ils vont plus loin dans l’horreur, et l’idée même d’établir ici la liste de leurs crimes me donne la nausée. Oui, Daech est un nouveau nazisme, fanatisé jusqu’à l’extrême inhumanité, structuré avec une précision terrifiante, disposant de ressources croissantes, et ils le disent sans aucune ambiguïté : ils veulent notre mort.

Nous les Français du XXIe siècle, nous doutons parfois de notre identité, nous ne sommes plus certains de savoir ce que cela signifie aujourd’hui, la France, l’Europe, l’Occident ? Mais soyons-en sûrs : les soldats de Daech le savent très bien, eux. Ils la perçoivent, cette identité que nous avons perdue de vue, ils savent très bien ce que nous incarnons presque malgré nous, sans être toujours conscients de notre chance – le pluralisme, l’égalité des hommes et des femmes, le respect de la religion de l’autre, la liberté, liberté de mouvement, d’expression, de conscience, de mœurs, la liberté de définir nous-mêmes nos vies. Notre identité, la voici : nous sommes tout ce que Daech veut anéantir. Et même si nous persistons à l’ignorer, nous sommes tous déjà en guerre.

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Tumulus poétique – ou métaphore des ruines du monde.

Face à Daech, nous larguons quelques bombes depuis le ciel, nous disons soutenir des combattants insurgés, nous envoyons quelques pichenettes. Bien sûr que nous sommes réticents à envoyer des troupes au sol. Les précédentes opérations occidentales incitent à la méfiance : avons-nous contribué à la naissance du monstre, avec ces actions si incomplètes en Afghanistan, en Irak, en Libye ? La tentation est grande de nous sortir les doigts du bourbier moyen-oriental, et de ne plus toucher à rien. Mais cela n’est plus possible. Le chaos n’est plus circonscrit à une zone lointaine, que nous pouvons abandonner à son triste sort en détournant les yeux. Il vient nous frapper dans les rues de Paris. Il va continuer à déployer ses hydres, jusqu’à ce qu’on les cautérise à la source.

Vercors, forteresse.

Vercors, forteresse.

Face aux paysages sereins du Vercors, à cette beauté que je suis libre de savourer, qui suis-je pour appeler à la guerre ? Moi qui n’ai jamais manié une arme, qui ne partirai pas au combat ? Je lis les noms des jeunes gens tombés l’arme à la main, et je comprends ceux qui ne veulent pas mettre en danger l’armée française, exposer nos soldats au péril des opérations au sol. L’idée de voir mourir des jeunes Français loin de notre terre, dans des contrées étrangères et hostiles, est insoutenable. Je pense à la tristesse infinie des cimetières militaires, à la marée de croix blanches et aux drapeaux tricolores à la nécropole de Vassieux en Vercors. Mais avons-nous encore vraiment le choix ? L’arsenal de Daech ne cesse de croître, sa force militaire est devenue celle d’un état, sa technologie est redoutable – ce n’est pas une guérilla de bouseux en machette, c’est une armée moderne, forte de scientifiques et de combattants entraînés. Attendons-nous qu’ils mettent la main sur la bombe ? Peut-être que l’horreur dans les rues de Paris convaincra les nations occidentales de la nécessité d’aller tuer le monstre.

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Alpages, pierriers, mémoires.

Outre la menace physique, réelle, qu’il fait peser sur chacun d’entre nous, Daech engendre aussi un autre type de monstre. Les analystes l’ont écrit depuis longtemps : ces types qui ouvrent le feu sur la foule en criant « Allah Akbar » savent très bien à quel jeu pervers ils jouent. Puisqu’ils ne parviendront jamais à convaincre les musulmans du monde entier de rejoindre leur croisade meurtrière, alors ils cherchent à les isoler de force, à les désolidariser des sociétés dans lesquelles ils se sont intégrées. A exciter la méfiance, la colère et la peur envers eux, à faire d’eux des étrangers au sein de leur propre pays. Les terroristes veulent que la petite vieille, qui a toujours vécu en bonne entente à côté de ses voisins musulmans, regarde soudain passer la dame voilée en se demandant « et s’il y avait une bombe sous ce tissu ? ». En excitant les amalgames et l’islamophobie, ils cherchent à transformer les musulmans en éléments insolubles dans le creuset républicain – à transformer le monde occidental en un lieu hostile, où les musulmans ne se sentent plus chez eux. Et ils se disent que comme ça, l’adolescent paumé, le jeune adulte frustré, ont plus de chances de venir les rejoindre, puisqu’ils se sentent incompris et rejetés dans le pays qui les a vus grandir. Daech ne se contente pas de projeter des balles et des bombes, il injecte aussi le poison lent de la xénophobie.

J’ai découvert le Vercors grâce à un ami qui y a grandi et qui y vit toujours, qui connaît mon amour des grands espaces et qui est heureux de me montrer son pays. Le Vercors incarne une certaine idée de la France, ai-je dit ; pour moi, à travers le visage métissé de cet ami, le Vercors est un double symbole. Son père est malien, noir et musulman, sa mère est blanche, de tradition catholique, enracinée dans le Vercors depuis des générations. Tandis que nous marchons à travers les paysages à couper le souffle, la grande falaise des Dogons du Mali se confond aux versants lisses du massif alpin ; il me raconte son héritage africain, et me montre les routes vertigineuses, arrachées à la montagne, que ses ancêtres ont aidé à construire, et les grottes où les résistants se cachaient. Tout ce qu’il est incarne cette double ascendance, tout à la fois l’amour du monde, le cosmopolitisme et l’attrait des lointains, et le profond attachement à ce sol, ce terroir, cette histoire française ; une racine dans l’eau des sept océans, une dans les roches du Vercors.

Les routes vertigineuses du Vercors, creusées à même la roche.

Les routes vertigineuses du Vercors, creusées à même la roche.

Il me raconte aussi le racisme, les commentaires horribles des ignorants sur sa couleur de peau ou sur la religion de son père, l’impression terrible que parfois, cette France qui l’a vu naître et grandir le rejette. Au cours de cette dernière année, lui comme moi avons constaté avec effarement le déchaînement de la haine qui se montre au grand jour, comme une bête immonde qu’on tenait jusqu’alors enfermée derrière un soupirail, et avec qui on ose maintenant parader en pleine rue. Les amalgames, les fantasmes, les délires, les commentaires à vomir sur les réseaux sociaux, la méfiance ordinaire à l’égard de l’étranger, du musulman, de celui qui est soudain devenu l’autre.

J’ai de la chance : la part d’ailleurs dans mon sang, celle de ma grand-mère libanaise, de mon père qui est né à Marrakech et a vécu de l’autre côté de la Méditerranée jusqu’à ses dix-sept ans, ne se voit pas sur mon visage, ou seulement aux yeux des initiés. C’est quelque chose dont je n’ai pris conscience que très tard, lors de mon arrivée à Paris au début de mes études, lorsque des personnes originaires du Moyen-Orient ont commencé à me faire des clins d’œil de connivence, lorsqu’un vendeur de fallafels, né à Beyrouth, m’a dit en me rendant la monnaie : « ta beauté n’est pas de France ». Je me suis demandé ce qu’il racontait. Bien sûr que j’étais de France. Et puis j’ai commencé à me réapproprier cet héritage, à rêver de faire un tour de la Méditerranée, si un jour ses rives étaient lavées des horreurs de la guerre. J’ai commencé à comprendre ce qui avait pu inspirer à ce Libanais un tel commentaire, ce qu’il y a de typiquement moyen-oriental en moi – la couleur indéfinissable des yeux, ce bleu-gris-vert si distinctif, l’association des sourcils très sombres et des cheveux plus clairs, cette peau entre deux tons, qui ne prend presque pas de coups de soleil, mais se couvre pourtant de taches de rousseur, et la part cachée, le groupe sanguin qu’on ne trouve que plus à l’Est, et que je partage avec ma grand-mère. C’est cela que les gens du Liban, de Turquie ou d’Israël identifient chez moi. Je suis allée à Istanbul avec mon frère et ma sœur – qui n’ont pas hérité des mêmes gènes que moi – et plusieurs personnes ont cru que j’étais la guide turque, accompagnant des touristes français. Mais contrairement à mon ami montagnard, j’ai été protégée du racisme et de la bêtise. L’étranger en moi est discret.

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Il y a une petite maison sur la colline, au milieu des pierres. Je me demande depuis quand. Je me demande ce qu’elle a vu.

J’ai grandi dans une petite ville tout au sud de la Drôme provençale, où vit une importante communauté maghrébine, de culture musulmane, arrivée dans la région lors de la construction des barrages et des centrales nucléaires. Si je dis que j’ai un ami musulman, ce n’est pas l’éternel badge d’honneur des racistes ordinaires, un demi-mensonge inspiré par le vendeur de légumes basané, que je supposerais musulman, à qui je parlerais une fois par semaine et qui serait devenu mon alibi : j’ai des dizaines d’amis musulmans. Des hommes et des femmes rencontrés dans mon enfance ou au cours de mes études, beaucoup de Français et quelques personnes d’autres nationalités venus préparer un diplôme en France, Turcs, Iraniens, Marocains, Tunisiens. Quand sur les réseaux sociaux, je vois des amis et des connaissances vomir des tombereaux de fantasmes paranoïaques, de préjugés mal emballés et d’invectives à peine dissimulées à l’encontre de la communauté musulmane, je me demande toujours s’ils en connaissent un seul représentant. S’ils savent que peut-être, leur médecin, leur prof de gym, leur ostéopathe, leur maçon, leur comptable, leur secrétaire, leur dame de cantine, leur collègue est musulman(e), et se prend tout ça dans la gueule en silence.

Parfois, j’ai l’impression d’être dans la pièce Rhinocéros, de Ionesco, quand je vois des gens que j’aime, que j’estime, que je crois intelligents et sensibles, se transformer en monstres en quelques lignes. Se mettre à partager des immondices anti-réfugiés. Des liens menant à des sites de fachos complètement paranoïaques et complotistes. Des commentaires délirants sur les réfugiés. Et j’ai mal au ventre.

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Reparlons-en, des réfugiés, de ces hommes, femmes et enfants qui fuient une horreur indicible, avec d’un côté, un régime qui a utilisé du gaz sarin contre son propre peuple, et de l’autre, l’état islamique qui progresse, et qui partout sur son passage et sans distinction de religion, tue, viole, terrorise, détruit, asservit. Reparlons-en, de cette « invasion » qui inspire tant de bienveillance à certains de nos concitoyens, reparlons de ceux qui craignent pour l’identité chrétienne de la France, mais n’ont aucun mal à fermer charitablement leur porte à des hommes, femmes et enfants qui ont cheminé pendant des semaines sur des routes sordides et dangereuses, risqué la mort dans la soute des camions ou sur des embarcations de fortune jetées sur les eaux froides de la Méditerranée, et qui attendent dans des camps insalubres qu’on daigne statuer sur leur sort.

Est-ce que vous comprenez, maintenant ? Maintenant qu’en une heure, Paris a été mis à feu et à sang par une poignée de types solitaires, que plus personne n’était à l’abri, qu’il fallait fuir les rues à tout prix, les rues jonchées de corps, pleines de blessés, de gens en pleurs, traumatisés, hébétés ? La tuerie de la rue de Charonne ou du Bataclan, c’est ce que vivent les Syriens tous les jours – c’est ça, la terreur, la vulnérabilité extrême, l’horreur quotidienne, l’impression qu’il n’existe plus aucun sanctuaire face à la barbarie. Les types qui ont poignardé Paris contrôlent un état tout entier – mais bordel, vous comprenez, maintenant ? Pourquoi les réfugiés se barrent par milliers, et pourquoi nous devons faire quelque chose ?

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10 commentaires pour
“14 novembre 2015: le Vercors, un jour de deuil”

  • Que dire, par où commencer…

    Les images, sans doutes, puisque ce sont tes photos qui m’ont donné envie de lire ton article. Comme toi tu viens de Provence, moi j’ai grandit au pied du Vercors. Ces paysages me sont familiers, les noms de villages que tu évoques et leur histoire aussi ; je les connais depuis toujours. Mais je ne me lasserai jamais d’y voyager. À pieds, à cheval, l’été sous un soleil brûlant ou lorsque les premières neiges viennent toucher le hauts des falaises. J’aimerai toujours emprunter la route des Grands Goulets, aussi sinueuse et dangereuse soit-elle. J’aimerai toujours suivre le cours de la Bourne ou des autres rivières, et y tremper mes pieds. J’aimerai toujours la vue que l’on a de la haut, et le calme qui y règne. Au fil des années, le Vercors est devenu mon Paradis, mon jardin d’Eden.
    Alors forcément, ton article empli de sincérité et d’émotions m’a beaucoup touchée.

    Le lien que tu fais avec les événements du 13 novembre me parait judicieux, car le Vercors est symbole de résistance, et nous devons l’être : résistants.
    Et puis, il y a lorsque tu parles du “poison lent de la xénophobie” : rien n’est plus vrai. Lorsque tu parles de ton ami originaire du pays Dogon (si j’ai bien compris ?) – qui est une région dont mon père s’est épris lors de ses nombreux voyages en Afrique, ou de tes origines. Tout ça, c’est la partie la plus forte de ton texte. Parce que c’est du réel, du vécu, une expérience personnelle. Et c’est ce qui nous touche le plus, nous autres, que de vous imaginer ta famille et toi en Turquie, le vendeur de fallafels, ou tout simplement ta promenade avec ton ami dans ces merveilleux paysages. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais ce sont ces choses qui n’appartiennent qu’à toi qui délivrent le véritable message. C’est ce qui m’a plu, en tout cas.

    Il y aurait surement beaucoup d’autres choses à dire, mais je vais m’arrêter là…

    En résumé, merci pour ce bel article, et bonne continuation pour la suite !

  • C’est un très bel article. Avec de très belles images.
    Et je n’ai rien à rajouter. Tout est véridique dans ce que tu écrits et je suis d’accord avec toi.

    xx ♥

  • Merci de tout coeur, c’est un article difficile et douloureux, et je suis heureuse qu’il ait su te toucher…

  • Ton article sur le Vercors est très touchant. Valchevrière, lieu de silence et de recueillement, est un des sites les plus émouvants et les plus évocateurs de la Résistance en Vercors. Quand on pense que des hommes se sacrifièrent pour retarder l’avancée des armées nazies et moururent les armes à la main, c’est horrible ! Les maisons furent, ensuite, incendiées, seule la chapelle sera épargnée.
    Le hameau est resté en l’état, avec ses pierres à nu et noircies par le feu. On peut même y voir un
    chemin de croix, qui relie Villard de Lans à Valchevrière. Ta comparaison avec Daech est saisissante! Nous vivons, à l’heure actuelle, face à ces terroristes, une époque de terreur et d’horreur quotidienne et ne savons plus comment nous en sortir, nous subissons notre sort ! Bonne journée et à bientôt. Martine.

  • Merci Martine, tes mots me touchent beaucoup. Je t’embrasse

  • […] fut la terre suppliciée des résistants, la forteresse France imprenable. Je vous en parlais ICI, dans un article plus grave et douloureux. Mais aujourd’hui, je veux seulement vous raconter la […]

  • Je viens de tomber un peu hasard sur cet article qui date d’un peu plus de 2 ans, car c’est le nom très familier du Vercors qui m’a attiré (je me rends compte que tu connais mieux que moi, qui vit pourtant à ces pieds depuis quelques années !).
    Je suis triste de me rendre compte qu’en deux ans, rien n’a changé, même racisme, même climat, et plus d’attentats encore ont eu lieu … Peut-être tout juste certains ont-ils pris conscience qu’Islam et violence ne sont pas synonymes…
    Toujours la même antipathie pour les refugiés, alors que si on fait la même analogie que toi, les français n’ont-ils pas été eux-mêmes réfugiés pendant la 2nd guerre mondiale ? certains ont fuit vers la Suisse, les Etats Unis, l’Amérique du sud, et tous les ont accueillis. L’aurions nous oublié si facilement ?

  • Je sais bien… je suis si triste du climat actuel…. Merci pour ton commentaire, Milla, et au plaisir de se croiser dans le Vercors un de ces jours !

  • Bonjour,
    L’ennui avec ces monstres de daech, c’est qu’il leur suffit de montrer des vidéos d’hôpitaux, de noces, d’enterrements…soumis aux bombardements en Afghanistan, en Lybie, en Irak, en Syrie (pays détruits) pour susciter des apprentis kamikazes (d’ailleurs, à l’occasion d’une autre intervention, en Somalie, les casques bleus canadiens avaient fait rôtir vivant un somalien, littéralement comme un méchoui): voilà comment on construit des monstres, incapables de penser, sans pitié, aveuglés par la haine.Qui équipe daech ? en peu de temps, ils ont été pourvus de véhicules flambant neufs, avant même de commencer leurs exactions…bref, je pense qu’ils ont reçu un gros coup de main.D’ailleurs, bizarrement, on ne parle pas de leur ” chef ” : un criminel pareil, devrait être l’objet de recherche et d’une récompense stratosphérique pour sa capture.Si je devais combattre cette engeance, j’aurais soin de me munir d’une capsule de cyanure au cas où…
    Sinon, l’histoire du maquis du Vercors est grande et tragique : RESPECT pour leur mémoire, les malheureux n’avaient aucune chance, quel courage ! quel esprit de sacrifice ! j’ai toujours eu une place dans mon coeur pour ces héros.
    Bonne journée.

  • Je suis d’accord avec vous… hélas.

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