Arêches-Beaufort avec mon chien: randos, patrimoine et bonnes adresses-
Le Beaufortain en été ? Cela fait trois fois que je viens y passer mes vacances, et je peux dire sans hésiter que c’est un de mes massifs préférés des Alpes françaises. Cette montagne belle comme un livre d’images semble tout droit sortie d’une carte postale de la Savoie. Alpages fleuris, villages typiques et forêts d’épicéa, lacs turquoise, symphonie pastorale des cloches des tarines et vue Mont-Blanc, le Beaufortain a tout pour lui !
Au cœur du massif, entre lac de Roselend et Doron, Arêches-Beaufort est aussi une destination idéale pour voyager avec son chien. Les possibilités de randonnée sont nombreuses, d’autant qu’il y a moins de patous en alpage ici : contrairement à d’autres massifs alpins, les troupeaux sont principalement composés de bovins. Les lacs magnifiques offrent une pause rafraîchissante et de nombreux hébergements accueillent volontiers nos compagnons à quatre pattes.
Au fil de plusieurs séjours avec ma golden retriever Nevada, à Arêches-Beaufort et sur le tour du Beaufortain, j’ai pu explorer de nombreux joyaux du Beaufortain : les crêtes de la Roche Parstire dominant le lac de Roselend, le lac de Saint-Guérin et sa passerelle himalayenne, les villages d’Arêches et de Beaufort, le charmant hameau de Boudin ou encore de très belles adresses où les chiens sont accueillis avec beaucoup de gentillesse.
Dans cet article, je vous emmène découvrir mes coups de cœur canitourisme à Arêches-Beaufort : les plus belles randonnées à faire avec son chien, une activité nautique réjouissante, des villages pleins de charme, un patrimoine passionnant et quelques bonnes adresses où séjourner et se régaler au cœur du Beaufortain.





Randonner avec son chien à Arêches-Beaufort : quelques conseils avant de partir
Le Beaufortain est, à mes yeux, l’un des massifs les plus agréables des Alpes françaises pour partir randonner avec son chien. Cela ne dispense évidemment pas de respecter quelques règles essentielles afin que la cohabitation entre randonneurs, éleveurs et animaux se passe au mieux.
La plupart des itinéraires traversent des alpages où paissent les célèbres vaches tarines et Abondance, dont le lait permet la fabrication du Beaufort. Il est donc indispensable de tenir son chien en laisse lorsque vous approchez des troupeaux, pour éviter de les perturber.
Le Beaufortain est principalement une terre d’élevage bovin. On y rencontre donc généralement moins de chiens de protection que dans certains autres massifs alpins où dominent les troupeaux de moutons. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y en a jamais. Avant chaque randonnée, je vous recommande vivement de consulter la carte MapPatou développée par Pasto Kézako. Elle permet de connaître la présence éventuelle de chiens de protection sur les itinéraires et constitue une aide très précieuse pour préparer sa sortie.

Pensez également à toujours ramasser les déjections de votre chien en alpage. Ce geste est particulièrement important car les excréments peuvent transmettre la néosporose, une maladie parasitaire responsable d’avortements chez les bovins. C’est un point auquel les éleveurs sont, à juste titre, très attentifs.
Enfin, veillez à respecter la faune sauvage. Si votre chien aime poursuivre les marmottes, gardez-le attaché durant toute la randonnée. Les paysages du Beaufortain sont magnifiques parce qu’ils sont restés vivants : chacun peut contribuer à préserver cet équilibre.



Randonner avec mon chien à Arêches-Beaufort : mes itinéraires préférés
Quelques idées pour profiter à fond de votre échappée savoyarde…
La Roche Parstire : une des plus belles vues sur le lac de Roselend
Distance : environ 8 à 11 km selon la variante choisie
Dénivelé : 430 à 650 m D+ depuis le col du Pré (environ 1 000 m D+ au départ d’Arêches)
Durée : 3 h 30 à 5 h
Niveau : intermédiaire
S’il ne fallait choisir qu’une seule randonnée à faire à Arêches-Beaufort, ce serait probablement celle-ci. La Roche Parstire offre l’un des plus beaux panoramas du Beaufortain. Depuis les crêtes, le regard plonge sur le lac de Roselend dont les eaux turquoise contrastent avec le vert intense des alpages. Au loin se détachent le Mont-Blanc, roi des Alpes, et la célèbre Pierra Menta, véritable emblème du massif.
J’aime particulièrement cette randonnée parce qu’elle résume tout ce qui fait le charme du Beaufortain : une montagne fleurie, des chalets d’alpage, des pâturages où résonnent les sonnailles des Tarines et des Abondances, des panoramas immenses et cette sensation d’évoluer dans une véritable carte postale savoyarde.
Deux itinéraires permettent d’atteindre le sommet. Vous pouvez réaliser une jolie boucle offrant une montée plus progressive, ou partir directement du col du Pré, comme je l’ai fait. Cette seconde option est plus courte, mais concentre davantage le dénivelé. L’effort est largement récompensé par la vue exceptionnelle qui se dévoile progressivement au fil de la montée.




Le lac de Saint-Guérin : une balade facile entre forêt et eaux turquoise
Distance : 3,5 km en boucle
Dénivelé : environ 90 m D+
Durée : 1 heure
Niveau : facile
Au premier coup d’œil, on pourrait presque se croire au Canada. Les forêts de sapins plongent directement dans les eaux turquoise du lac, tandis que les montagnes referment doucement le paysage.
Le lac de Saint-Guérin est un lac de barrage. La baignade y est donc interdite pour des raisons de sécurité, mais la promenade qui en fait le tour est l’une des plus agréables du Beaufortain. La passerelle himalayenne, longue de 80 mètres, constitue l’un des moments forts de la balade. Suspendue au-dessus de l’eau, elle offre un très beau point de vue sur le lac et les forêts environnantes.
Cette boucle presque sans dénivelé est idéale pour les familles, pour une courte sortie après une randonnée plus sportive, ou pour une petite sortie trail. Les paysages changent constamment au fil du parcours, alternant rives boisées, barrage, torrents et panoramas sur les sommets.




Du lac de Saint-Guérin au lac des Fées : chapelet de lacs magiques
Départ : barrage du lac de Saint-Guérin
Distance : 8,8 km en boucle
Dénivelé : 420 m D+
Durée : environ 3 h 40
Niveau : intermédiaire
Si vous avez envie de prolonger la balade autour du lac de Saint-Guérin, je vous recommande vivement cette randonnée jusqu’au lac des Fées.
Le sentier quitte progressivement les rives du barrage pour s’élever à travers les forêts et les alpages du Beaufortain. La récompense à la fin de la montée, c’est ce lac des Fées à la couleur presque surnaturelle, un turquoise irréel de toute beauté. Pensez bien à respecter ce site d’exception – ne vous baignez pas, ne piétinez pas les rives où pondent les animaux, et ramassez bien tous vos déchets.



La cabine téléphonique et la chapelle de Roselend : une balade facile au bord du plus iconique lac du Beaufortain
Départ : parking du Plan de la Lai
Distance : 2,6 km aller-retour
Dénivelé : 70 m D+
Durée : environ 45 minutes
Niveau : très facile
Impossible de séjourner à Arêches-Beaufort sans passer par le lac de Roselend. Avec ses eaux turquoise, ses alpages et le Mont-Blanc en toile de fond, il fait partie des paysages les plus emblématiques des Alpes françaises.
Si vous n’avez pas envie de partir pour une longue randonnée, je vous conseille cette petite balade très facile qui permet de découvrir deux des sites les plus photogéniques du secteur.
Le premier est la célèbre cabine téléphonique rouge du Plan Mya. Posée au milieu des alpages, elle semble totalement incongrue dans ce décor de montagne. Pourtant, elle n’est pas là uniquement pour la photo : avant l’arrivée d’une bonne couverture mobile, c’était tout simplement le seul endroit où les habitants et les bergers pouvaient téléphoner dans le vallon. Aujourd’hui encore, elle est devenue un petit symbole du Beaufortain.


Je vous conseille ensuite de redescendre vers la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, installée sur les rives du lac de Roselend. Beaucoup de visiteurs ignorent que cette petite chapelle n’a pas toujours occupé cet emplacement. Lors de la construction du barrage de Roselend, entre 1955 et 1962, l’ancien hameau de Roselend a été englouti par les eaux. La chapelle a heureusement été démontée puis reconstruite pierre par pierre un peu plus haut, où elle domine aujourd’hui le lac. Quinze alpages et l’ancien village ont disparu sous les eaux lors de la mise en eau du barrage.

Prenez le temps de flâner au bord du lac : selon la lumière et la météo, les couleurs oscillent entre le bleu profond, le turquoise et l’émeraude…
Le Roc du Vent : une randonnée spectaculaire ou une via ferrata aérienne
Le Roc du Vent, c’est ce superbe rocher qui surplombe le lac de Roselend, et qui offre une des plus belles vues du territoire d’Arêches-Beaufort… un symétrique exact de la sublime Roche Parstire !
En randonnée
Départ : parking du Plan de la Lai
Distance : environ 9 km en boucle
Dénivelé : 650 m D+
Durée : 4 h 30
Niveau : intermédiaire à soutenu
Le Roc du Vent domine tout le bassin de Roselend. C’est l’une des plus belles randonnées panoramiques du Beaufortain. Le sentier s’élève progressivement au-dessus du lac avant de rejoindre un plateau étonnant, creusé par un canyon naturel et par un ancien tunnel percé dans les années 1950 lors des travaux d’aménagement hydroélectrique du barrage. L’ambiance est très originale et contraste avec les vastes alpages traversés au début de la randonnée.
Tout au long de la montée, les panoramas sont magnifiques. D’un côté s’étendent les eaux turquoise du lac de Roselend ; de l’autre, les sommets du Beaufortain et le massif du Mont-Blanc occupent l’horizon.
Cette randonnée peut tout à fait se faire avec un chien. Le sentier ne présente pas de difficulté technique particulière jusqu’au plateau du Rocher du Vent. En revanche, le sommet rocheux lui-même n’est accessible que par la via ferrata.

La via ferrata du Roc du Vent
Pour les amateurs de sensations, le Roc du Vent abrite également l’une des plus belles via ferrata de Savoie.
Cotée AD (assez difficile), elle est réputée pour ses passages très variés : pont de singe, tunnel, traversées aériennes et vues spectaculaires sur le lac de Roselend et le Mont-Blanc. La marche d’approche dure environ 45 minutes depuis le parking du Plan de la Lai.
En revanche, cette activité est bien entendu incompatible avec la présence d’un chien. Si vous voyagez avec votre compagnon à quatre pattes, je vous conseille de privilégier la randonnée classique ou de prévoir cette sortie pendant qu’une autre personne le garde.


Le Tour du Beaufortain : un des plus beaux treks des Alpes françaises, avec son chien ?
Distance : environ 100 à 110 km selon les variantes
Dénivelé : environ 6 000 à 6 500 m D+
Durée : 5 à 7 jours
Niveau : difficile
S’il est une randonnée qui résume toute la beauté du Beaufortain, c’est bien son tour.
Pendant cinq à sept jours, le sentier relie Arêches-Beaufort, Les Saisies, Queige et les Contamines à travers une incroyable succession de paysages alpins. Les alpages cèdent le pas aux forêts profondes, les lacs d’altitude succèdent aux cols panoramiques et le Mont-Blanc apparaît régulièrement au détour du chemin. Le Beaufortain déroule des paysages de livre d’images : une montagne fleurie et bucolique, pleine de lacs, de torrents et de chalets d’alpage.

J’ai adoré ce trek, qui compte parmi mes préférés dans les Alpes françaises.
Le parcours traverse plusieurs des plus beaux sites du territoire d’Arêches-Beaufort. On découvre notamment le superbe lac de Presset, blotti au pied de la Pierra Menta, véritable emblème du massif. Plus loin, le lac d’Amour offre une halte pleine de douceur au cœur des alpages. Chaque journée réserve son lot de panoramas, entre vastes pâturages, sommets rocheux et vues lointaines sur le toit de l’Europe. J’ai absolument adoré la crête des Gittes, sentier vertigineux taillé dans la roche au-dessus du lac de Roselend.


Peut-on réaliser le Tour du Beaufortain avec son chien ? Oui, à condition de bien préparer son itinéraire. Comme je l’expliquais plus haut, le massif est principalement consacré à l’élevage bovin, ce qui limite généralement la présence de chiens de protection par rapport à d’autres grands treks alpins, mais certains passages du sentier comptent des patous. Je vous conseille de bien consulter la carte MapPatou avant votre départ.
Pensez aussi à bien vous renseigner sur les conditions d’accueil des chiens dans les refuges, car la plupart n’acceptent pas les chiens. Il y a des exceptions, comme le refuge de Roselette, qui les accueillent en tente 4 places, mais pas en dortoir. Beaucoup de randonneurs avec chien choisissent donc de réaliser le Tour du Beaufortain en autonomie, en bivouac.


Pour ma part, j’ai préféré effectuer ce trek sans Nevada afin de simplifier la logistique. Je suis ensuite revenue spécialement à Arêches-Beaufort pour explorer avec elle plusieurs des plus belles randonnées du massif à la journée. Mais si vous êtes prêts à faire du 100% bivouac et que vous aimez les treks alpins mêlant paysages grandioses, patrimoine pastoral et ambiance authentique, le Tour du Beaufortain avec son chien mérite toute votre attention.

Pagayer sur le lac de Saint-Guérin
Si vous avez envie de découvrir le Beaufortain autrement qu’à pied, je vous conseille vivement de passer quelques heures sur le lac de Saint-Guérin.
La base nautique Mountain Sup propose la location de paddles et de kayaks, ainsi qu’un petit snack où il est agréable de boire un verre ou de déjeuner face au lac. Ils sont les seuls à avoir l’autorisation préfectorale de navigation : vous ne pouvez pas venir avec votre propre embarcation.
J’ai choisi de faire le tour du lac en paddle et j’ai adoré cette expérience. Elle permet notamment de passer sous la passerelle himalayenne, puis de remonter jusqu’à la cascade qui alimente le barrage. Tout au fond du vallon, l’eau prend des nuances d’émeraude et de turquoise absolument magnifiques, dans un canyon rempli de sapins sombres qui m’ont rappelé mon voyage en Alberta, Canada.




Le port du gilet de sauvetage est obligatoire dès que vous naviguez. Sur certaines photos de cet article, je l’ai retiré quelques instants près de la rive pour les besoins des prises de vue, mais je l’ai bien évidemment remis avant de partir faire le tour du lac.
Les chiens sont autorisés sur les embarcations. Je n’ai cependant pas emmené Nevada avec moi pour le grand tour du lac, car je ne disposais pas d’un gilet de flottaison adapté pour elle, et l’emmener sans gilet au milieu d’un lac de barrage m’inquiétait. Si vous souhaitez partager cette activité avec votre compagnon, je vous recommande vivement de vous équiper : c’est une très belle sortie à vivre ensemble.



La magie du Beaufortain : fromage et patrimoine
Il existe des massifs où l’on vient tutoyer les 4000. Plus bas, plus ondoyant, le Beaufortain est différent. On vient ici pour une certaine idée de la montagne. Une montagne douce, fleurie et lumineuse. Une montagne où l’on prend autant de plaisir à marcher qu’à s’arrêter au bord d’un lac, à observer un troupeau de Tarines dans un alpage ou à déjeuner sur la terrasse d’un chalet face au Mont-Blanc. Une montagne truffée d’églises baroques, de chalets d’alpage et de hameaux préservés où on vient chercher la mélodie d’une Savoie intemporelle.



Le Beaufortain est aussi un territoire d’eau. Parmi les différents lacs de barrage qui ont permis d’alimenter la Savoie en électricité depuis les années 1950, la fonctionnalité n’empêchant pas la beauté, le spectaculaire lac de Roselend est évidemment le plus célèbre, mais il n’est pas le seul. Le lac de Saint-Guérin, entouré de forêts et dominé par une passerelle himalayenne, possède lui aussi un charme fou. Plus haut, plus sauvages, les randonneurs découvriront les lacs de montagne qui ponctuent le Tour du Beaufortain, comme le lac de Presset ou le petit lac d’Amour.

J’aime profondément l’atmosphère qui règne ici. Les villages restent vivants, les agriculteurs façonnent toujours les paysages, les vaches traversent encore les rues d’Arêches pour rejoindre les alpages et les sonnailles résonnent tout au long de l’été. Le Beaufortain n’est pas un décor de montagne : c’est un territoire vivant, où les traditions continuent naturellement de faire partie du quotidien. La coopérative du Beaufort témoigne de ce trésor.

Je comprends pourquoi Roger Frison-Roche, qui connaissait si bien ces montagnes, surnommait le Beaufortain le « versant du Soleil ». Ici la vie est plus douce, la montagne sourit…

Arêches, un authentique village de montagne
Avant de devenir une station de ski, Arêches était avant tout un village de montagne vivant de l’élevage… mais aussi de ses mines. On exploitait ici du charbon, du cuivre et du plomb, une activité aujourd’hui presque oubliée qui a longtemps participé à la richesse de la vallée.

Jusqu’au début du XIXᵉ siècle, les habitants dépendaient pourtant de Beaufort pour assister à la messe. Après avoir obtenu leur indépendance paroissiale en 1806, ils firent construire leur propre église, dédiée à Saint-Jean-Baptiste, achevée en 1829. Comme souvent dans les Alpes, elle surprend par son extérieur relativement sobre. En poussant la porte, on découvre en revanche un magnifique décor baroque, tout en dorures et en torsades jetées vers le ciel. Héritier de la Contre-Réforme, le baroque savoyard dit l’amour du Christ par la submersion des sens : après la sobriété de l’extérieur, l’église elle-même devient une véritable antichambre du paradis.




En flânant dans les rues d’Arêches, faites halte au bachal. Cette fontaine n’était pas seulement un point d’eau : c’était le véritable cœur de la vie du village, où l’on venait remplir ses seaux, laver, discuter et prendre des nouvelles des voisins. Aujourd’hui encore, Arêches a conservé une atmosphère très authentique. Les vaches Tarines traversent régulièrement le village pour rejoindre les alpages et les sonnailles continuent de rythmer les journées d’été. Arêches m’a touchée.


Beaufort, capitale du célèbre fromage alpin
Impossible de séjourner à Arêches-Beaufort sans passer par Beaufort, petite cité de caractère dont le nom est aujourd’hui indissociable de son célèbre fromage.
Le village mérite déjà une promenade à lui seul. Traversé par le Doron (rivière en savoyard), Beaufort est reconnaissable à ses ponts fleuris, devenus l’un de ses emblèmes. Prenez également le temps de visiter l’église Saint-Maxime. Derrière sa façade plutôt sobre se cache un remarquable décor baroque savoyard, reconstruit à partir du XVIIᵉ siècle et considéré comme l’un des plus beaux du Beaufortain. On imagine difficilement qu’au XVIIIᵉ siècle, Beaufort comptait près de 2 800 habitants et constituait alors la troisième ville du duché de Savoie, derrière Chambéry et Annecy.







Mais Beaufort est surtout le berceau du Beaufort AOP. Impossible de quitter le village sans visiter la Coopérative laitière du Beaufortain, créée en 1961. Elle réunit aujourd’hui 184 producteurs, transforme près de 14 millions de litres de lait par an et fabrique environ un quart de toute la production nationale de Beaufort. La visite permet d’observer la salle de fabrication, puis de découvrir les 41 caves d’affinage où reposent des milliers de meules – un décor magnifique et odorant ! On y comprend les différentes étapes de fabrication de ce fromage au lait cru, élaboré exclusivement à partir du lait des vaches Tarines et Abondances, ainsi que l’origine de sa célèbre forme à talon concave, unique parmi les fromages français…



Boudin, l’architecture traditionnelle du Beaufortain
S’il y a une visite que je vous recommande particulièrement, c’est celle du hameau de Boudin, que nous avons découverte grâce à Pascaline, guide du patrimoine absolument passionnante. Sans ses explications, je serais certainement passée à côté de la richesse de ce petit village accroché à la montagne, dans une pente si raide qu’on dit que les « coqs devaient être ferrés » pour ne pas tomber dans le vide. On y découvre les bâtiments qui structuraient la vie des villages savoyards : la chapelle, le four à pain, le lavoir ou encore les nombreux oratoires.

À près de 1 200 mètres d’altitude, Boudin est installé à la lisière de la forêt. Pendant des siècles, le bois a constitué l’une des principales richesses du Beaufortain. Les troncs étaient acheminés jusqu’au Doron avant d’être descendus sur des radeaux. Le bois est partout dans l’architecture traditionnelle. Les maisons reposent sur un rez-de-chaussée en pierre enduite, tandis que les étages sont construits en épicéa selon la technique des madriers horizontaux assemblés par des encoches. Des poutres verticales raidisseuses viennent renforcer l’ensemble. Les essences utilisées n’étaient pas choisies au hasard : l’épicéa dominait pour les habitations, tandis que le pin cembro, ou arolle, imputrescible, était réservé à certains bâtiments emblématiques comme les chapelles.



À côté de presque chaque maison se trouve un petit bâtiment en bois : le grenier. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne servait pas uniquement à stocker les récoltes. Véritable coffre-fort de la famille, il abritait les grains, les conserves, les objets précieux, mais aussi les habits du dimanche. Contrairement à la maison, le grenier ne possédait quasiment aucune ouverture afin de protéger son contenu du feu, de l’humidité et des insectes. Aujourd’hui, certains ont été transformés en hébergements insolites et percés de fenêtres, mais leur fonction d’origine était tout autre.





L’organisation des maisons raconte également le mode de vie des habitants. La maison, ou majon, s’organisait verticalement. Au rez-de-chaussée se trouvait la pièce principale, autour de l’âtre. Au-dessus se situaient les chambres, puis, sous les combles, le foin. Contrairement à d’autres vallées alpines, hommes et animaux ne vivaient pas sous le même toit, car il était possible de mieux se chauffer ici. Ici, les vaches dormaient dans une écurie (on ne dit d’ailleurs pas « étable » en Beaufortain) construite à proximité.



Les oratoires sont nombreux : avant de s’aventurer en montagne, on confie son âme à Saint Bernard, patron des voyageurs montagnards, ou à un autre saint local. Cette forte identité religieuse marque encore profondément le Beaufortain et j’ai un coup de foudre pour la belle chapelle Saint Jacques d’Assyrie de Boudin (à ne pas confondre avec l’église Saint Jacques d’Assyrie à Hauteluce, sublime aussi mais beaucoup plus grande). Tous ces détails, racontés avec passion par Pascaline, permettent de regarder le Beaufortain autrement : non plus seulement comme un magnifique massif de randonnée, mais comme un territoire où chaque maison, chaque grenier et chaque chapelle racontent plusieurs siècles de vie en montagne.




Mes bonnes adresses dog friendly à Arêches-Beaufort
Toutes accueillent les chiens avec gentillesse.
Le Christiania et son restaurant Le 1947
Nous avons passé deux nuits au Christiania, un hôtel de charme situé en plein cœur d’Arêches. Son emplacement est idéal pour rayonner dans tout le Beaufortain et les tarifs restent très raisonnables pour la région.


Mais c’est aussi son restaurant, Le 1947, qui nous a séduits. Nous y avons dîné les deux soirs tant nous avons apprécié l’ambiance et la cuisine. Aux beaux jours, la terrasse fleurie est particulièrement agréable. À la tombée de la nuit, les lumières s’allument doucement tandis que les montagnes entourent le village. On profite pleinement de la fraîcheur des soirées d’été en altitude.
La carte fait naturellement la part belle aux spécialités savoyardes. On retrouve la fondue, la tarte au Beaufort ou encore le Grataron d’Arêches, un délicieux fromage de chèvre produit dans le village. Mais la cuisine ne se limite pas aux grands classiques montagnards et propose également des plats plus créatifs. J’ai particulièrement aimé le tartare de tomate, crabe et yuzu, à la fois très frais et très parfumé. Les desserts en trompe-l’œil, qui imitent de véritables fruits, constituent également l’une des signatures de la maison.



Les chiens sont accueillis avec beaucoup de gentillesse, aussi bien à l’hôtel qu’au restaurant. Nevada et Rasmus ont validé l’adresse !
Maison Doron, une belle adresse au cœur de Beaufort
Située entre le pont fleuri et la magnifique église baroque de Beaufort, Maison Doron est une adresse que j’ai beaucoup appréciée. Cet hôtel-restaurant familial séduit autant par son emplacement que par son accueil particulièrement chaleureux.
Nous y avons déjeuné avec plusieurs amis… et pas moins de cinq chiens ! Notre golden Nevada, son fils Rasmus et les trois petits spitz de nos amis Xavier et Caroline ont tous été accueillis avec le sourire. Labellisé Qualidog, l’établissement fait véritablement partie des bonnes adresses dog friendly du Beaufortain.






La cuisine est entièrement faite maison, originale et soignée. La carte propose aussi bien des plats de viande et de poisson que des options végétariennes. Les assiettes sont joliment dressées, les cuissons maîtrisées et les assaisonnements très réussis. J’ai eu un coup de cœur pour la focaccia végétarienne à la mozzarella, particulièrement savoureuse. Mention spéciale également pour le petit gâteau au chocolat servi avec le café, une délicate attention qui fait toujours plaisir.



Je n’ai pas testé les chambres, mais les espaces communs m’ont paru spacieux, cosy et très accueillants. Une très belle adresse à retenir pour un séjour ou simplement un repas à Beaufort.
Le Chalet La Marie-Rose, une terrasse face au Mont-Blanc
S’il y a une terrasse où je reviendrais volontiers dans le Beaufortain, c’est bien celle du Chalet La Marie-Rose, installé au col du Pré…
Le cadre est absolument magnifique. Tout autour, les alpages verdoyants s’étendent jusqu’aux sommets, tandis que les sonnailles des Tarines résonnent doucement. Face à vous, le Mont-Blanc domine l’horizon. Difficile d’imaginer un meilleur décor pour une pause gourmande après une randonnée.
La cuisine fait la part belle aux spécialités savoyardes. Nous nous sommes régalés avec une excellente tarte au Beaufort, un croque-monsieur gratiné au Beaufort et une délicieuse tarte aux myrtilles. Une cuisine simple, généreuse et savoureuse, parfaitement en accord avec le lieu.



Nos chiens, Nevada et Rasmus, y ont eux aussi été accueillis avec sympathie. Un magnifique panorama, une ambiance chaleureuse, une cuisine de terroir généreuse et cette impression de vivre, le temps d’un déjeuner, une véritable parenthèse au cœur des Alpes : c’est parfait !
Continuer à explorer le Beaufortain avec son chien
Après avoir adoré Arêches-Beaufort, vous aimerez peut-être aussi les Saisies ? Ce massif savoyard est si riche et poétique – en amoureux, en famille, avec son chien, le Beaufortain est toujours une belle idée !


Un grand merci à Arêches-Beaufort et tout particulièrement à Nicolas, Paloma et Fabienne pour l’accueil si chaleureux fait aux humaines et aux chiens ! Passion pour votre destination….
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