Voyager à vélo en France : cinq itinéraires à découvrir

Avez-vous envie d’explorer la France autrement, en prenant le temps de savourer les paysages au rythme des coups de pédale, en faisant halte dans les villages de charme et en longeant fleuves, vignobles et bocages ? Cela fait quelques années que je me suis prise de passion pour le voyage à vélo et l’itinérance cycliste : partir plusieurs jours à vélo, dans un slow tourism au fil des chemins de France. Entre les monts de Provence, les grands lacs des pays de Savoie, les vignes d’Alsace, les contreforts du Vercors et les berges du Rhône, voici 5 idées d’itinéraires pour voyager à vélo en France, que ce soit en vélo de route, en VTT ou gravel, avec ou sans l’assistance électrique. Serrez le guidon, appuyez sur les pédales, c’est parti à vélo sur les chemins de France !

Les Baronnies provençales à vélo, au fil du Buëch

Connaissez-vous le parc naturel régional des Baronnies provençales ? A cheval entre la Drôme et les Hautes-Alpes, entre les reliefs des Alpes et la douceur de la Provence, ce parc est à mes yeux le joyau méconnu du sud de la France, et un paradis du voyage à vélo.

Côté Hautes-Alpes, dans le pays de Sisteron-Buëch, on pédale entre les spectaculaires gorges de la Méouge et le ruban bleu du Buëch qui vient se jeter dans la Durance au pied du rocher de Sisteron. Les petites routes serpentent au milieu des villages perchés, des champs de lavande et des reliefs saisissants. Ici les villages s’accrochent à la roche : Sisteron, Orpierre, Serres, Sigottier sont quatre exemples de cette alliance incroyable entre l’architecture et la pierre drue. Les ruelles Renaissance de Serres s’amarrent à un spectaculaire rocher, au-dessus du Buëch turquoise. Orpierre, surnommé « le village qui grimpe », fascine les grimpeurs pour ses falaises d’escalade et son centre historique où les voûtes racontent les guerres de religion. Mais on aime aussi Sigottier, tout aussi impressionnant avec la falaise abrupte qui le surplombe, Rosans et son prieuré classé, Trescléoux et ses fruits anciens, autant de perles perchées d’un sud méconnu où on croisera peu de monde sur les routes et sentiers.

Dans les Baronnies provençales à vélo, photo Marion Carcel

L’office de tourisme des Alpes provençales (anciennement Sisteron-Buëch) est très à la pointe du cyclotourisme et propose de nombreux itinéraires à vélo, certains spécifiquement dédiés au vélo de route, d’autres destinés à un vélo gravel adapté. A l’automne 2024, j’ai découvert le circuit « A vélo sur la route des trésors d’Orpierre », en vélo de route, l’article est à découvrir ici : À vélo en automne dans les Baronnies provençales .
Je retourne en 2027 explorer ce joli coin haut-alpin des Baronnies provençales pour un itinéraire appelé The Buëch Gravel Aventure, cette fois en gravel évidemment. L’office de tourisme des Alpes provençales a un service de réservation spécifiquement dédié à la construction et à la réservation d’itinéraires cyclistes sur plusieurs jours, n’hésitez pas à les solliciter.
Il est possible d’arriver en train à Serres ou à Laragne, et de louer des vélos sur place (avec ou sans assistance électrique).

Autour du mont Ventoux à vélo, côté Drôme provençale à Montbrun-les-Bains

J’aime faire du vélo au soleil, alors restons dans les Baronnies provençales, mais cette fois côté Drôme. Je vous dirais volontiers que c’est la plus belle région du monde, mais puisque je suis Drômoise, vous n’avez pas à me croire sur parole : venez vérifier ! Dans le parc naturel régional des Baronnies provençales, il existe un village classé parmi les plus beaux de France, qui reste quasiment méconnu : Montbrun-les-Bains. Ses maisons de pierre s’étagent à flanc de colline, et les eaux thermales chaudes et soufrées ont fait la réputation de ce bijou provençal loin des grands axes. Si la silhouette tutélaire du Ventoux, le géant blanc de Provence, semble veiller sur sa beauté perchée, c’est parce qu’il permet d’accéder aux 3 itinéraires classiques de montée au Ventoux avec un vélo de route (par Bédouin, par Malaucène et par Sault). Mais je vous conseille de ne pas vous focaliser sur le mythique Ventoux, de prendre les contre-allées et d’explorer les itinéraires moins fréquentés.

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A vélo à Montbrun-les-bains

Entre les spectaculaires gorges de la Nesque chantées par Mistral, le plateau d’Albion où pousse la lavande au milieu des montagnes, les gorges d’Aulan et leur château magique, Montbrun-les-Bains est un exceptionnel camp de base pour les cyclistes. J’ai séjourné quelques jours à Montbrun-les-Bains au Village des lavandes  et c’est l’occasion d’explorer de sublimes boucles à vélo au milieu des champs de lavande, des villages médiévaux et des cascades, en franchissant des cols qui amènent à des panoramas somptueux.

Je vous recommande par exemple le « Circuit des châteaux », une boucle cyclotouristique balisée d’environ 37 kilomètres pour 690 mètres de dénivelé positif. Ce circuit vallonné, accessible aux cyclistes réguliers ou en vélo à assistance électrique, traverse plusieurs vallées des Baronnies provençales et permet de découvrir le secteur du col de Macuègne, qu’assaillent les lavandes, les ruines pittoresques de Barret-de-Lioure, la beauté magique des gorges du Toulourenc et le château d’Aulan, ou encore Mévouillon, le berceau historique des Baronnies : c’est ici que naquirent les puissants barons qui ont donné leur nom à la région. Et le tout sous l’œil pâle du Mont Ventoux, qui comme le Mont Fuji au Japon semble poursuivre le cycliste tel un majestueux hologramme.

Pédaler avec la vue sur le Mont Ventoux partout

Et si vous aimez ce type de paysages méridionaux entre soleil et cyprès, pensez aussi à la Toscane : la Toscane à vélo, une autre idée à explorer ! J’y suis allée en mai 2026 et j’en garde un beau souvenir.

Avec mon amie Caroline à vélo en Toscane

Le Diois à vélo : contreforts du Vercors et clairette de Die

Je vous avais dit que la Drôme était un des plus beaux endroits du monde… et mon plus beau voyage à vélo, c’est peut-être bien le Diois à vélo !

Au sud du Vercors, au cœur des vignobles de Die, les falaises abruptes jaillissent au milieu des coteaux, la Drôme turquoise se jette en cataracte dans un chaos rocheux spectaculaire et enlace les villages médiévaux. Le Diois, c’est la majesté dolomitique des Alpes et la lumière de la Provence.  

J’ai exploré cette région pendant quatre jours lors d’un voyage itinérant organisé avec Allibert Trekking, au départ de Luc-en-Diois et avec une arrivée à Die. Le parcours proposait plusieurs boucles et variantes sportives, permettant de découvrir le site mythique du Claps, les gorges des Gâts, les étonnantes sucettes de Borne, le cirque d’Archiane et le Val de Quint.

Pour les cyclistes souhaitant découvrir la région sur une journée, il existe un itinéraire officiel particulièrement intéressant : la boucle cyclotouristique n°60, intitulée « Die – Luc – Châtillon ». Elle traverse les paysages viticoles du Diois, au pied des majestueuses falaises du Glandasse, et permet notamment de découvrir les environs de Châtillon-en-Diois. Ce circuit fait environ 45 km pour 608 m de dénivelé positif, au départ de Die, et il est classé difficile.

Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Châtillon-en-Diois est l’un des joyaux du territoire. Ses ruelles étroites et ses passages couverts, appelés « viols », témoignent de son passé médiéval. Autour du village, les vignobles de la Clairette de Die et leurs petits cabanons de pierre au pied de la grande face abrupte du Glandasse m’ont émerveillée. C’est une région singulière et pittoresque, la perle de la Drôme à mes yeux. Venez, partons à vélo dans le Diois.

Tour du lac d’Annecy à vélo, tour du lac du Bourget, ou Belle Via : l’aventure cyclable en pays de Savoie

Le plus beau lac des Alpes ? Mon cœur balance entre le lac d’Annecy et le lac du Bourget. Cela tombe bien : on peut faire le tour de l’un ou de l’autre à vélo à la journée, ou même relier les deux par un itinéraire cyclable au long cours, la Belle via !

Tour du lac d’Annecy


Le lac d’Annecy incarne la perfection alpine. Avec ses eaux translucides surplombées par les silhouettes tranchantes des Dents de Lanfon et de la Tournette, ses plages aux airs de Caraïbes savoyardes et ses châteaux fleuris, sa majesté est inégalée. C’est à mes yeux un des plus beaux décors qui soient pour une escapade à vélo à la journée. Un itinéraire cyclable d’environ 40 kilomètres pour 300 m de dénivelé positif, de difficulté modérée, permet d’en faire le tour, en alternant plages, villages fleuris, châteaux et panoramas sur les montagnes.

Depuis Annecy, il est possible de rejoindre Sévrier, Saint-Jorioz et Duingt en empruntant la voie verte aménagée sur l’ancienne voie ferrée. Cette rive occidentale du lac est particulièrement agréable, avec de beaux points de vue sur le massif des Bauges et la réserve naturelle du Bout du Lac. Duingt mérite une halte pour admirer son château installé sur une presqu’île qui s’avance dans les eaux. Le tour se poursuit par Doussard, puis remonte sur la rive orientale en direction de Talloires, Menthon-Saint-Bernard et Veyrier-du-Lac. Cette partie présente davantage de relief et emprunte aussi des routes partagées avec la circulation automobile. Elle offre cependant des panoramas magnifiques sur le lac et les montagnes des Aravis. J’ai un coup de foudre pour Talloires, dont la baie est à mes yeux la plus belle des Alpes, et pour Menthon-Saint-Bernard, avec son château médiéval de contes de fées qui trône au-dessus du lac. Et pour d’autres idées, retrouvez mon séjour au bord du lac d’Annecy .

Le plus joli lac de France ? Il se fait très bien à vélo !

Tour du lac du Bourget


En mai 2024, j’ai vécu une aventure particulièrement réjouissante : le tour du lac du Bourget à vélo, avec une halte insolite, la via ferrata dite du Roc du Cornillon. Pour cette expédition, j’avais choisi de louer au Bourget-du-Lac un vélo à assistance électrique, le tour étant assez sportif : comptez 55 kilomètres pour 700D+ environ. Il est également possible de louer son matériel de via ferrata au Bourget – pensez bien à leur demander une sacoche à fixer sur le vélo, pour ne pas tout porter dans le dos et pouvoir ranger longes et casque de via ferrata.

En montant vers le col du Chat sur le tour du lac du Bourget à vélo

On monte directement au col du Chat, on y laisse les vélos et on marche une vingtaine de minutes pour rejoindre la via, où deux parcours (un débutant, un intermédiaire) proposent de se promener sur des vires au-dessus du vide, par-dessus les eaux si bleues du plus grand lac naturel de France. Après cette virée du vertige réjouissante, l’itinéraire que j’ai choisi nous conduit vers le sublime belvédère d’Ontex, où la vue sur l’abbaye de Hautecombe est époustouflante. Au bout du lac, je suggère le crochet par Chanaz, un des plus jolis villages des Alpes avec ses canaux fleuris et ses bateaux surannés sur le canal de Savières. On poursuit ensuite sur la rive orientale – en s’évitant le crochet par la Chambotte, sublime belvédère mais qui rajoute vraiment trop de dénivelé -, où les roselières sauvages cèdent peu à peu la place aux plages privées charmantes et aux lidos populaires sur les grandes pelouses. J’ai adoré cette escapade sportive et ensoleillée !
Vous pouvez aussi découvrir mon séjour au lac du Bourget et à Chanaz avec mon chien.

Belle Via, à vélo au cœur des Alpes françaises


Cela m’a donné envie d’une autre itinérance : la Belle Via, une superbe véloroute alpine. Vous en retrouverez l’itinéraire ici : La Belle Via . Cet itinéraire d’environ 280 kilomètres traverse les Alpes du Nord en reliant les territoires savoyards à la vallée de l’Isère, jusqu’à Valence.

Deux branches permettent de découvrir les paysages de Haute-Savoie et de Savoie : l’une passe par Annecy et Albertville, l’autre par Chanaz, le lac du Bourget, Aix-les-Bains et Chambéry. Depuis Aix-les-Bains, La Belle Via emprunte une superbe piste cyclable panoramique sur la rive orientale du lac du Bourget, en direction du Bourget-du-Lac. Elles se rejoignent dans le secteur de Montmélian, avant de poursuivre vers la vallée du Grésivaudan. La Belle Via traverse la mythique combe de Savoie, au pied de la Chartreuse et de Belledonne, avant de rejoindre Grenoble.

Depuis que je vis à Grenoble, c’est une itinérance qui me fait particulièrement rêver. Car La Belle Via se poursuit également vers le sud, le long de l’Isère. Depuis Grenoble, on peut pédaler jusqu’à Vinay à travers les paysages du Vercors et les grandes noyeraies du Sud-Grésivaudan, du côté de Saint Marcellin, avant de rejoindre Saint-Nazaire-en-Royans et le Vercors drômois, Romans-sur-Isère et finalement Pont-de-l’Isère, où l’itinéraire retrouve la ViaRhôna.

Une magnifique manière d’imaginer un grand voyage à vélo entre Rhône et Alpes, avec la possibilité de combiner les deux véloroutes pour former une boucle.

La Via Rhôna, des Alpes à la Camargue à vélo

Et si vous suiviez le fil de l’eau pour découvrir la France à vélo ? La ViaRhôna est l’une des plus belles et grandes véloroutes françaises. Sur plus de 800 kilomètres, elle relie le lac Léman à la Méditerranée, en traversant des paysages extraordinairement variés : montagnes, vignobles, villages médiévaux et paysages provençaux. J’ai eu la chance d’en découvrir plusieurs portions dans ma Drôme adorée (évidemment).

À vélo autour de Tain-l’Hermitage, entre Rhône et vignobles

Au nord de la Drôme, Tain-l’Hermitage offre l’un des plus beaux paysages viticoles de la vallée du Rhône. Surplombant le fleuve, les coteaux escarpés de l’Hermitage sont couverts de vignobles en terrasses, où naissent certains des vins les plus prestigieux de France – j’ai adoré les goûter à la Maison Chapoutier et à la Cave de Tain, deux références de cette région viticole d’une immense qualité. Pour les amateurs de vignobles, il est également possible de quitter les berges du Rhône et de grimper sur les coteaux de l’Hermitage, en suivant un itinéraire cyclotouristique distinct de la ViaRhôna. De là-haut, le panorama sur le Rhône et les collines de l’Ardèche est magnifique.  Imaginez passer à vélo au milieu des vignes, sur cette colline où les lettres blanches des vignobles s’étalent comme un Hollywood œnologique, et faire halte pour déguster une sélection parcellaire de la colline magique : parfait !

Une jolie boucle cyclable d’environ 21 kilomètres permet de découvrir les deux rives du Rhône, entre Tain-l’Hermitage, Tournon-sur-Rhône et La Roche-de-Glun. Elle combine une portion de ViaRhôna sur la rive ardéchoise et une variante cyclable sur la rive drômoise, permettant de revenir au point de départ. Et pour une pause gourmande, Tain-l’Hermitage abrite aussi la célèbre Cité du Chocolat Valrhona.

Dans les vignes à Tain l’Hermitage

Autour de Montélimar : passerelle himalayenne et villages médiévaux

Plus au sud, la ViaRhôna prend son virage méridional. Les paysages s’ouvrent sur les collines du sud de l’Ardèche et les villages de pierre qui dominent le fleuve.

L’étape officielle entre Le Pouzin, Cruas et Châteauneuf-du-Rhône/Viviers, longue d’environ 40 kilomètres, permet de découvrir plusieurs sites remarquables. À Cruas, on peut notamment admirer une superbe abbatiale romane, avant de poursuivre vers Rochemaure. L’un des passages les plus spectaculaires est la passerelle himalayenne de Rochemaure, qui permet aux cyclistes et aux piétons de franchir le Rhône. Aménagée en 2013 sur les piles d’un ancien pont suspendu du XIXe siècle, elle offre une traversée originale au-dessus du fleuve. Le village de Rochemaure mérite également une halte pour son château médiéval et ses paysages volcaniques. En franchissant le Rhône, on peut rejoindre Montélimar, ma ville natale, bien sûr célèbre pour son nougat, mais aussi son château des Adhémar qui abrite un superbe musée.

Plus au sud, je suis amoureuse de Châteauneuf-du-Rhône et de Viviers. La première côté Drôme, avec ses remparts médiévaux, sa fête des bateliers (immense fête médiévale, tous les deux ans début décembre), et la seconde côté Ardèche, avec sa cathédrale somptueuse. L’ancienne capitale historique du Vivarais conserve un patrimoine exceptionnel, avec ses ruelles médiévales, son siège de l’évêché, ses hôtels particuliers bourgeois et sa cathédrale Saint-Vincent, miraculeusement épargnée par la Révolution française et où Charles de Foucauld reçut l’ordination. Posez le vélo, prenez le temps d’explorer, Viviers est une merveille !

Et si vous avez le temps et les cuisses, continuez à dérouler le fleuve vers son embouchure, le sublime delta de Camargue, cette Atlantide provençale où courent chevaux blancs et taureaux noirs dans l’envol des flamants roses. Notre Wild West à nous ! Sachez qu’il existe aussi de sublimes itinéraires à vélo dans les salins d’Aigues Mortes, autour de l’étang du Vaccarès et du côté du phare de la Gacholle aux Saintes Maries de la Mer. J’ai plusieurs fois fait des virées à vélo en Camargue à la journée, et c’est extraordinaire : les étendues miroitantes, les couleurs roses des salins, l’envol des oiseaux parmi les sansouïres… si exotique !

A vélo dans les Salins d’Aigues Mortes

L’Alsace et les Vosges à vélo, entre vignobles, écluses et crêtes bleues

S’il existe une route mythique à parcourir à vélo en Alsace, c’est bien la Route des Vins, cette merveilleuse succession de villages à colombages et de vignobles qui serpentent au pied des Vosges. De Riquewihr à Kaysersberg, de Ribeauvillé à Eguisheim, c’est toute l’Alsace de carte postale qui défile, avec ses ruelles fleuries, ses maisons multicolores et ses collines couvertes de vignes. J’ai adoré découvrir l’Alsace à l’automne, lorsque les vignobles s’embrasent de rouge et d’or, et je rêve d’y retourner à vélo. La Véloroute du Vignoble, qui suit en partie l’EuroVelo 5, permet de traverser cette région en empruntant de petites routes et des pistes cyclables, sur environ 140 à 170 kilomètres selon le tracé choisi. Une itinérance féerique au pays des cigognes, des maisons à colombages et du gewurztraminer !

Magie de l’Alsace en automne : envie d’y retourner pour faire la route des vins à vélo !

Mais l’Alsace réserve bien d’autres surprises aux cyclistes, notamment dans sa partie nord, autour de Saverne, la ville à la licorne, dont l’animal fabuleux est l’emblème depuis des siècles. Je suis allée y pédaler à l’été 2026 et j’ai adoré l’expérience. Depuis cette jolie cité placée sous le patronage de l’équidé cornu, on peut suivre la voie verte du canal de la Marne au Rhin en direction de Lutzelbourg, puis remonter la vallée des Éclusiers, un paysage singulier où l’histoire industrielle se mêle à la beauté des forêts vosgiennes. Cette vallée abrite une succession de d’écluses, qui permettaient aux péniches de franchir le seuil des Vosges. Depuis 1969, elles ont été remplacées par le spectaculaire plan incliné de Saint-Louis-Arzviller, un véritable ascenseur à bateaux qui franchit 44 mètres de dénivelé en quelques minutes ! Aujourd’hui, l’ancien chemin des écluses est devenu une voie verte bucolique, entre maisons éclusières fleuries, falaises de grès et canaux paisibles. En poursuivant vers l’ouest, on rejoint la Lorraine et Sarrebourg : une belle étape cyclable d’environ 32 kilomètres entre Saverne et Sarrebourg, sur un itinéraire lié à l’EuroVelo 5.

Dans la vallée des Éclusiers au départ de Saverne

Et puisqu’on parle de la Lorraine, une autre escapade me tente beaucoup : la Boucle de la Moselle, un itinéraire cyclable de 85 kilomètres reliant Nancy, Liverdun, Toul et Neuves-Maisons, entre rivières, villages médiévaux et patrimoine historique. Mais je garde aussi un souvenir émerveillé de mes aventures à VTT dans les Hautes Vosges, autour de Gérardmer. Au départ du secteur de Xonrupt-Longemer, j’avais exploré les sentiers forestiers et les crêtes du massif des Ballons des Vosges, en direction du Haut-Gazon, avec des panoramas fabuleux sur les lacs de Longemer et de Retournemer. À plus de 1 100 mètres d’altitude, nous pédalions au milieu des brimbelles, ces myrtilles sauvages qui tapissent les sommets vosgiens, dans un océan de forêts et de montagnes bleutées. Le mythique col de la Schlucht et les panoramas du Hohneck où paissent les chamois sauvages ont achevé de me faire tomber amoureuse de ces paysages. Retrouvez cette aventure dans mon article Coup de foudre pour Gérardmer et les Vosges en été. Une autre façon de voyager à vélo, plus sportive et montagnarde, dans l’un des plus beaux massifs de France !

Les crêtes des Vosges, pédaler au milieu des myrtilles au dessus des lacs : un de mes plus beaux souvenirs de cycliste ! Photo Marion Carcel

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