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1 février 2026    /    

Canada : sublime Alberta, cow-boys et montagnes des Rocheuses-

Connaissez-vous l’Alberta, cette province montagnarde et sauvage tout à l’Ouest du Canada ? En septembre dernier, entre fin d’été et début de l’automne dans les Rocheuses, j’ai vécu un sublime road trip à la découverte d’une des plus belles régions canadiennes. L’Alberta, c’est le pays de Calgary, de Banff, de Jasper ou encore de Drumheller. S’il fallait vraiment résumer cette province immense et sublime en trois mots seulement, je vous dirais : montagnes, cow-boys et dinosaures.
Montagnes, car nous sommes au cœur des Rocheuses, la gigantesque cousine nord-américaine de notre chaîne alpine, toutes deux unies dans une sororité de glaces et de sommets, de grands espaces vertigineux et de reliefs tracés au cordeau… mais avec les grizzlis et les pumas en plus. C’est en Alberta que court, entre montagnes et glaciers, l’une des routes les plus iconiques du monde, la Icefields Parkway, qui relie Banff à Jasper dans un décor alpestre d’une perfection surréaliste. Jasper a été mon coup de foudre absolu au Canada, ma cabane au fond des bois de l’Alberta.
Cow-boys, car nous sommes en plein dans ce qu’on appelle le « cow-boy country », où l’élevage extensif de bétail (le célèbre bœuf de l’Alberta !) exige des hommes et des femmes le travail à cheval sur de vastes espaces, où le costume trois-pièces est fait de blue jean et où il serait inconvenant de ne pas posséder une paire de bottes Alberta Boots, et où le rodéo est une religion. Chaque année en juillet, le Stampede de Calgary réunit un million de personnes autour d’une compétition western devenue le plus grand festival en plein air du monde. La culture western fait partie intégrante de l’âme albertaine. Il sera dans cet article abondamment question de tourisme équestre en Alberta, car dans les Rocheuses, vous pouvez monter à cheval partout ou presque.
Dinosaures, car Drumheller en Alberta est la capitale mondiale des dinosaures : nulle part ailleurs sur Terre n’ont été retrouvés une telle quantité, une telle variété de dinosaures, et dans un tel état de conservation. Les badlands de Drumheller sont un Jurassic Park à ciel ouvert, et la géologie albertaine fascine, entre fossiles et ammolites, une des pierres précieuses les plus rares du monde, spécifique à cette région.
De l’extrême sud de l’Alberta, où les lacs de Waterton forment la frontière avec le Montana étatsunien, aux lacs glaciaires de Jasper, en passant par la vibrante et cosmopolite Calgary, laissez-moi vous entraîner dans un road-trip albertain où on décline toutes les teintes de turquoise : dans les lacs justement, car ceux de l’Alberta comptent parmi les plus beaux du monde, et sur les chapeaux et ceintures des cow-boys. Yahoooo, comme on dit ici !

Alberta
Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et culture western, ici à Pincher Creek.
Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
A Jasper au coeur des Rocheuses
Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
A Canmore dans une famille de cowboys.

Au cœur des Rocheuses en Alberta

Les Rockies : pour tout Européen, prononcer ce mot magique fait jaillir un univers rocailleux et sauvage, peuplé d’ours et de trappeurs, de cabanes en rondins et de poudreuse opulente, de glaciers bleutés et de lacs turquoise. Spoiler : tout est vrai. Les Rocheuses correspondent exactement à ce dont j’avais rêvé, à cette carte postale montagnarde iconique empreinte d’immensité et d’authenticité.

Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
Fairmont Jasper Park Lodge, idylle lacustre à Jasper

L’Icefields Parkway, une des plus belles routes du monde

227 kilomètres de légende, telle est l’Icefields Parkway, qui court entre Banff et Jasper au cœur des Rocheuses albertaines. Pour moi qui suis folle des Alpes, la passion pour cette route est instinctive, spontanée : ce sont les Alpes, en XXL, version gigantesque, unies dans une même chaîne de beauté par la même orogénèse qui rend toutes les hautes montagnes du monde sœurs, par la tectonique, la glace et le vertige. Je retrouve ici tout ce que j’aime à la folie, les glaciers, les sommets et les cascades, les rivières turquoise chargées de farine minérale, les falaises abruptes et la neige étincelante, avec ce gigantisme du continent nord-américain.
Mille arrêts et randonnées sont possibles sur cette route mythique, je n’aurais qu’un conseil essentiel à vous donner : prenez votre temps. Estimez le temps que vous pensez vouloir y consacrer, et doublez ou triplez-le. Vous aurez envie de vous arrêter partout et vous serez frustrés. Si vous êtes en van ou si pouvez vous le permettre financièrement (les hôtels sur cette route sont rares et chers), n’hésitez pas à dormir en chemin, à Lake Louise ou à Columbia Icefields, pour pouvoir faire plus d’arrêts, d’activités et de randonnées. J’ai regretté de ne pas avoir le temps de marcher sur le glacier ou sur la plateforme panoramique à Columbia, de randonner plus longtemps à Peyto, de profiter des rives de Bow Lake, de prendre une barque à Lake Louise ou de voir les chutes d’eau de Sunwapta. Mais voici les arrêts que j’ai adorés sur l’Icefields Parkway, dans le sens de Jasper à Banff.

icefields parkway
Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes

Athabasca Falls. Sur la toute l’Icefields Parkway, les rivières turquoise en tresses coulant des glaciers m’ont fascinée. Athabasca, Bow, Saskatchewan forment l’hydrographie hypnotique de cette route traçant droit parmi des méandres ondulants. À Athabasca, le serpent bleu devient dragon blanc, la rivière se projette en rugissant au cœur d’un canyon noir – grandiose !

Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
Athabasca Falls

Goats and Glaciers Lookout. Je n’ai pas vu les chèvres, mais j’ai bien vu les glaciers. Ce point de vue peu connu m’a saisie par surprise et a incarné mon image idyllique de la route des glaciers, entre sapins pointus, eaux translucides et montagnes de livre d’images.

Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
Goats and Glaciers

Columbia Icefields. C’est la plus grande calotte glaciaire de l’Icefields Parkway, et le spectacle est saisissant. Fin septembre en Alberta, les myrtilliers rougis par l’automne qui arrive dessinent un paysage de lande fantastique, où les plantes flamboyantes répondent aux glaces immaculées. C’est beau, c’est vertigineux. J’aurais adoré y passer plus de temps : de nombreuses activités sportives (alpinisme, randonnée glaciaire) et contemplatives (plateforme) y sont organisées.

Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
Columbia Icefields


Si vous avez les moyens, sachez que l’hôtel Glacier View Lodge propose des chambres avec des vues absolument somptueuses. Les prix commencent à partir de 500 dollars canadiens/nuit. J’aurais adoré passer une nuit au milieu de la route des glaciers !

Peyto Lake. C’est sans doute le point de vue qui m’a le plus émerveillée ! Pour accéder au Peyto Lake Lookout, comptez environ 15 minutes de marche (avec un peu de dénivelé, cela grimpe) : le lac se découpe au milieu des sapins en formant une étrange tête de loup, un croc turquoise au cœur de la forêt. Fascinant !

Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
Vous voyez les oreilles et le museau du loup ?

Bow Lake et Glacier. Somptueux ! Le Bow Glacier se déverse directement dans le lac du même nom, sorte de Game of Thrones canadien où la muraille de glace finit en parc bucolique où on vient prendre son pique-nique au bord de l’eau. J’aurais adoré y passer quelques heures, d’autant que quand le soleil sort, l’eau est d’un turquoise radieux.

Lake Louise. Encore un arrêt trop rapide pour moi sur cette route légendaire ! Si vous le pouvez, prenez le temps de profiter de Lake Louise, prenez une barque et pagayez sur l’un des plus beaux lacs du Canada, faites un tour à cheval sur ses rives iconiques, imprégnez-vous de la démesure grandiose de ce cirque glaciaire vertigineux ouvrant sur un véritable lagon alpin. J’ai été émerveillée par Lake Louise, et j’aurais adoré faire les randonnées emblématiques, notamment celle de Lake Agnes Tea House : monter boire un thé dans un salon de thé devenu une vraie légende de l’Ouest, avec vue sur Lake Louise. Si vous avez un très gros budget, offrez-vous une nuit au légendaire Fairmont Lake Louise (hôtel 5 étoiles, à partir de 900 dollars canadiens la nuit environ) au bord du lac – sinon, un thé suffira pour s’imprégner de son ambiance intemporelle !

Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
Lake Louise – imaginez avec du soleil ! Cet endroit est exceptionnel

Jasper, l’idylle montagnarde

Jasper a été pour moi un coup de foudre absolu. Capitale canadienne des « cozy cabins », avec plus de 500 chalets nichés entre montagnes et lacs, Jasper incarne tout ce dont je rêvais en venant dans les Rocheuses, la cabane en rondins au bord du lac où se reflètent les sommets, le vertige de la démesure et le confort d’un chalet douillet, les élans et les ours tout près et le bleu à la folie, dans le ciel, les glaciers, les rivières et les étangs. La ville de Jasper a un charme inouï, avec son atmosphère de Frontier colorée, où les chalets et les boutiques du cœur de ville se découpent sur les montagnes si proches.
La rivière Athabasca traverse Jasper et dessine là où le relief la capture une ribambelle de petits lacs entourés de sapins. Malgré le terrible incendie qui a ravagé Jasper en 2024, le paysage fait preuve de résilience, et de nombreuses poches intactes sont une promesse de résurrection forestière. Jasper est belle et correspond absolument à mon imaginaire, d’autant que nous dormons au paradis.


J’ai eu le bonheur immense de loger au Fairmont Jasper Park Lodge, à l’invitation de Destination Canada et Travel Alberta qui y organisaient cette année le sommet « Go Media », où sont reçus des journalistes du monde entier. Les chalets se lovent au bord du lac, et des chemins de promenade serpentent de banc en banc, dans la marelle des reflets. Ces trois nuits à Jasper resteront parmi les plus beaux souvenirs de mon année 2025, une image de la perfection faite Alberta.

Maligne Lake, perfection canadienne et culture autochtone

Qui portera le titre de plus beau lac de l’Alberta ? De nombreux prétendants viennent à l’esprit : Lake Louise, Lake Moraine, Bow Lake, Peyto Lake… et je les ai tous adorés. Mais celui que j’ai vu dans une lumière dorée et la grâce d’un moment parfait, celui qui a suscité chez moi un élan d’amour et de fascination innée, c’est Maligne Lake, la perle de Jasper National Park, le plus grand lac des Rocheuses canadiennes.


Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses
Traverser le lac en bateau

Maligne Lake, c’était l’océan intérieur des Premières Nations, leur vivier de pêche, leur maison et leur église : l’iconique île de Spirit Island, qu’on voit sur toutes les cartes postales des Rocheuses tant sa beauté émeut, est une terre sacrée qu’on vous demandera de ne pas fouler, par respect pour les Premières Nations qui y conduisent aujourd’hui encore des cérémonies.

Tout au long de notre séjour en Alberta, j’ai été marquée par la présence forte et continue des Premières Nations, et par l’attention et le respect portés à leur primauté ancestrale. Nombre de visites commencent par ce qu’on appelle un « Land acknowledgment », dont la formulation ressemble à ceci : « nous reconnaissons que le territoire que nous foulons était la maison de… ». Voici par exemple le Land acknowledgment de la bibliothèque municipale de Jasper :

The Jasper Municipal Library recognizes with respect, gratitude, and accountability that we are on Treaty 6 and 8 Territories as well as the Jasper House Métis District.

The land on which we stand, here in the Athabasca Valley, is a part of the shared Traditional Territory for the Dane-zaa, Aseniwuche Winewak As’in’î’wa’chî Ni’yaw, Nêhiyawak, Anishinaabe, Secwépemc, Stoney Nakoda, Mountain Métis and Métis.  

We honour the Indigenous Peoples whose histories, languages, and cultures have marked these mountain lands and headwaters for centuries.

C’est à Jasper que j’ai ressentis le plus fortement cette empreinte autochtone qui a façonné le territoire canadien, à travers les cérémonies et danses auxquelles nous avons eu le privilège d’assister, en traversant en bateau l’immensité lumineuse de Maligne Lake dans le halo doré du soir, et en contemplant la silhouette altière des sapins de Spirit Island répondant aux cimes enneigées des Rocheuses. Ici la terre toute entière est sacrée, l’eau des lacs et le chant des forêts, et nous sommes invités à entrer en communion avec sa majesté radieuse. Jasper m’a emplie d’un profond respect et d’une grande plénitude.

 

Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses

Faire du cheval à Jasper avec les Jasper Alpine Stables

Un autre très beau souvenir de Jasper restera la balade à cheval avec les Alpine Stables, une balade certes courte et peu sportive (une heure de pas tranquille), mais dans un décor époustouflant : nous sommes sur les hauteurs de Jasper, au-dessus des méandres de l’Athabasca River, et accédons à des points de vue d’une beauté inouïe sur ces sentiers surplombant. C’est aussi lors de cette promenade que j’ai eu l’occasion de faire la rencontre d’un wapiti, un des plus grands cervidés du monde (après l’élan). Interdiction totale de s’approcher, ils étaient en période de rut et donc potentiellement dangereux, mais le souvenir du brame du wapiti (que j’aurais pris pour un chant de loup à l’aveugle) et de cette rencontre m’a émerveillée – émotion canadienne XXL !

Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses
A cheval à Jasper au coeur des Rocheuses

Banff, iconique et alpine

Banff, quelle légende ! Pour moi qui vis dans les Alpes, Banff est une sœur de Chamonix : mythique et alpine, enchâssée dans un décor de montagnes grandioses qui obsède et aimante tout le monde, sportifs et socialites, alpinistes et skieurs, amoureux de la poudreuse et étoiles branchées. Banff est à la fois extrêmement chic et profondément montagnarde, avec cette touche cow-boy typique de l’Alberta où on porte des bottes de cow-boy et des ceinturons turquoise, et la présence exotique et vaguement menaçante des ours dont il faut se méfier en septembre, car ils sont en pleine ventrée de baies avant d’entrer dans le long hiver. Partout les télécabines mènent aux cimes et je rêve de revoir Banff en hiver, quand des mètres de poudreuse recouvrent les sommets, qu’on dévale les pentes dans une blancheur fine et cristalline, qu’on fait du ski joering sur les lacs gelés et se réchauffe au fireplace entre deux descentes.
Je dors à l’hôtel Canoe & Suites, et je retiendrai leur incroyable spa en plein air imitant un décor de canyon et cascades : spectaculaire !

Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
Banff à l’heure dorée

Tout autour de Banff, d’autres lacs sublimes complètent ceux de l’Icefields Parkway, et je vous conseille de prendre le temps de les explorer – j’ai particulièrement aimé le plus grand des lacs de Banff, Lake Minnewanka, vrai lac de plaisance avec ses pêcheurs, ses bases de loisir et ses campings, dont la beauté n’a rien à envier à ses voisins plus célèbres.

Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
Lake Minnewanka

Balade à cheval avec Banff Trail Riders

Véritable institution du tourisme équestre en Alberta, Banff Trail Riders est un incontournable de l’aventure dans les Rocheuses : de la balade d’une heure le long de la Bow River aux excursions itinérantes de plusieurs jours au cœur des montagnes, en passant par les promenades en chariot bâché comme aux temps des grandes migrations vers l’Ouest, ils offrent aux amoureux des chevaux de tous niveaux une immersion équestre typiquement western avec un vrai sens de l’hospitalité. Dans la section consacrée à la « cow-boy culture » de l’Alberta, je vous raconterai plus longuement leur barbecue cow-boy, mais laissez-moi déjà évoquer ma toute première balade avec eux, une initiation d’une heure le long de la rivière turquoise à l’heure dorée, où j’ai vu les crêtes de Banff se parer d’un feu que réhaussent les couleurs de l’automne. Grandiose et mémorable !

Lake Louise et Lake Moraine

Quand on descend de Jasper vers le sud de l’Alberta, on peut faire une halte à Lake Louise avant de rejoindre Banff. En ce qui me concerne, j’y suis allée en excursion à la journée depuis Banff, comme beaucoup de touristes. Cette petite ville alpine compte les deux lacs les plus célèbres au monde : Lake Louise et Lake Moraine. Le parking à Lake Louise est très restreint, et Lake Moraine est inaccessible aux voitures, il faut impérativement réserver une navette pour s’y rendre. Depuis Banff, des services de navettes proposent une journée d’excursion associant Lake Moraine et Lake Louise.
Je vous recommande de prendre du temps à Lake Louise, surtout si vous souhaitez randonner, faire un tour en barque, prendre un thé, monter à cheval… mon seul regret de ce voyage sublime est d’avoir eu trop peu de temps à Lake Louise, qui m’a absolument fascinée et qui offre une grande diversité d’activités.
Quant à Lake Moraine, j’ai réalisé un rêve de photographe en prenant la sunrise shuttle qui vous y conduit pour le lever de soleil. Mon avis sincère : oui, c’est beau, c’est indubitablement magnifique, mais l’Alberta regorge de dizaines de lacs tout aussi merveilleux (Lake Louise, Bow Lake, Peyto Lake, Lake Maligne, Waterton Lake, pour ne citer qu’eux) et plus faciles d’accès, qui ne nécessitent pas une logistique lourde et d’attendre le lever de soleil une heure dans le noir pour avoir un spot avec vue au milieu de centaines d’autres photographes. De plus, il faut absolument garder en tête que toutes les randonnées à Lake Moraine sont soumises à des règles de sécurité liées aux ours : vous ne pouvez les arpenter qu’en groupe. Bref, si c’était à refaire, je pense que je consacrerais plus de temps à profiter tranquillement de Lake Louise, et je dirais à l’instagrameuse stakhanoviste en moi de se calmer : on peut réussir son voyage dans les Rocheuses sans voir le soleil se lever à Moraine, promis.

Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
Lake Moraine sunrise

Canmore, pépite méconnue et culture western

Éclipsée par Banff ou Jasper en termes de notoriété internationale, Canmore a été pour moi la vraie surprise de ce road trip dans les Rockies, et j’aurais adoré pouvoir y passer une nuit de plus. Plus loin des pistes de ski et des resorts de renommée mondiale, donc moins jet-set que Banff, Canmore respire une douceur et une authenticité palpable, et on y ressent une atmosphère de village cow-boy très plaisante. Je l’ai vue ensoleillée, fleurie, dans la douceur de ce redoux automnal qu’on appelle chez nous “été indien” – peut-être la plus belle saison ici !

C’est à Canmore Kananaskis que j’ai vécu ma plus belle expérience équestre en Alberta : une journée au Rafter Six Ranch. Je vous le raconte dans la section western !

Waterton, les Rocheuses canadiennes côté sud

Faisons maintenant un saut de géant, contournons Calgary (on y reviendra plus tard !), et allons à l’extrême sud de l’Alberta : dans le parc national de Waterton. Nous sommes ici à la frontière avec les États-Unis : lorsqu’on marche le long des rives riantes du lac de Waterton, et qu’on regarde les sommets au fond de la carte postale, c’est le Montana qu’on dévisage.

Visiter Waterton en Alberta dans les rocheuses
Waterton, coup de coeur imprévu. Au fond, ce sont les cimes du Montana (USA).


Je dois l’avouer, je n’avais jamais entendu parler de Waterton : les parcs nationaux de Banff et de Jasper sont (à raison) des superstars absolues en Alberta, et les Français sont naturellement aimantés par ce côté très spectaculaire des Rocheuses. Mais c’est Waterton qui m’a laissé la plus grande impression de douceur et d’idylle, avec un véritable art de vivre et une esthétique très Belle Epoque qui a un charme fou. Ici les montagnes sont moins abruptes et vertigineuses, mais la douceur est incomparable, les animaux innombrables, les cerfs envahissent les rues et les chaises rétro créent un décor de carte postale vintage. S’il faut rester dans la comparaison alpine – pardon, je ramène tout à la chaîne de montagnes que je connais le mieux –, Banff c’est Chamonix, Jasper c’est Pralognan-la-Vanoise, et Waterton, c’est Gérardmer la perle des Vosges, idylle lacustre paisible et irrésistible. Au-dessus du lac trône l’hôtel Prince of Wales, construit en 1926, beau comme un livre de contes et dont les grandes baies vitrées offrent la plus belle vue sur les eaux claires. En contrebas, les gens louent des barques ou des kayaks, bronzent, mais se baignent peu : l’eau est vivifiante !

Visiter Waterton en Alberta dans les rocheuses
Hôtel Prince of Wales, Waterton


Waterton ne vit qu’en été : les gens ont des cottages sur les rives où ils viennent profiter du soleil et des fleurs, et l’hiver le hameau est déserté, livré à des mètres et des mètres de neige. Comme Nara au Japon, Waterton est l’empire des cervidés en liberté : on croise en se promenant dans les rues des cerfs mulets (mule deer) emblématiques de ce parc national, inoffensifs et pacifiques, qui parachèvent le charme inouï du lieu. Un moment de perfection albertaine !

Ma rencontre avec un coyote à cheval à Waterton

Nous partons pour une petite balade à cheval avec les Waterton Alpine Stables, magnifiquement situées entre lac et montagne dans un décor vraiment spectaculaire, entre plaine et sommets. Ce n’est qu’un tour au pas d’une heure, mais cela suffit à vivre un émerveillement absolu, tant la faune sauvage est omniprésente en Alberta : en soixante minutes, nous allons rencontrer un coyote qui nous suivra (de façon curieuse mais non menaçante) pendant près d’un kilomètre avant de poursuivre sa route, entendre le brame du wapiti, et trouver des bois de cervidé colossaux tombés lors d’une mue. A cela s’ajoute la vision du lac scintillant, des montagnes découpées, la beauté des grands espaces, et je comprends pourquoi tant de gens tombent follement amoureux du Canada, et restent ici pour toujours. Ce pays est addictif.
Continuons à l’explorer à cheval…

Aventures à cheval en Alberta, pays des cowboys

Pour tout cavalier amoureux de grands espaces, de culture western et de vent dans les plaines, l’Alberta est un paradis absolu. Aucune autre province canadienne ne porte plus haut les couleurs du chapeau Stetson, des Alberta boots projetées vers le ciel par le coup de reins puissant d’un bronco en plein rodéo. Ce qui m’a marquée ici, c’est à quel point la cow-boy culture est mainstream, vivante, intégrée à l’identité albertaine de façon évidente et naturelle. Je ne connais qu’un seul autre endroit au monde comparable : la Camargue. Imaginez une Camargue XXL, avec des sommets de 4000 mètres et des plaines grandes comme la moitié de la France, des grizzlis et des wapitis, voilà l’Alberta, et c’est jouissif.
Le tourisme western est une expérience à part entière en Alberta, tout comme l’atteste l’existence de la Cow-boy trail, une route touristique suivant la Highway 22 de Cardston à Mayerthorpe et passant par de nombreux ranchs, musées, écuries et autres lieux emblématiques de la culture cow-boy albertaine. Pour les cavaliers, les amoureux des chevaux, de la country, de la culture western, on peut parfaitement planifier ses vacances en Alberta sous la forme d’un road trip le long de la Highway 22, en prévoyant bien sûr des haltes équestres à chaque étape, des nuits dans les ranchs et peut-être des itinérances à cheval !

Calgary, capitale mondiale du rodéo

“The greatest show on Earth” : impossible de décrire autrement le Calgary Stampede, le plus grand festival outdoor au monde, né au début du XXe siècle pour rassembler les cow-boys autour d’une grande compétition western, et devenu aujourd’hui une immense fête en plein air rassemblant plus d’un million de spectateurs chaque mois de juillet, autour de rodéos, courses, concerts, spectacles et autres animations. C’est Coachella en santiags, c’est Woodstock avec des poneys, ce sont les Jeux Olympiques du western, et c’est une fête incomparable. Tous les habitants de Calgary possèdent au moins une paire de bottes, car la tenue western devient un véritable uniforme lors du Stampede, où la ville toute entière résonne des « yahoo ! » lancés par les cow-boys et cow-girls à pleine vitesse. Le Stampede est en juillet, mais Calgary reste à l’année truffée d’images, d’affiches, de souvenirs et d’allusions qui font référence à cette immense fête devenue ciment de l’identité de cette ville dynamique et joyeuse. Présentes au Stampede depuis 1912, les Premières Nations font partie intégrante de la fête, avec des épreuves dédiées, notamment d’impressionnantes courses en relais.

culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
Chaque été, Calgary accueille le Stampede et devient la capitale mondiale de la culture western. Ce stade a la forme d’une selle de rodéo


Pour avoir un aperçu de l’ambiance du Stampede, il faut se rendre au Sam Centre, musée immersif du Stampede, où les films à 360°, les affiches, les objets, les souvenirs permettent de vivre de façon ludique et attrayante l’énergie incroyable qui traverse Calgary chaque été. Je me suis particulièrement intéressée à l’histoire des femmes pionnières du Stampede, bataillant avec énergie, pugnacité et talent pour ouvrir la voie dans des domaines autrefois exclusivement masculins, et écrivant une histoire féministe du Stampede à la force de leur lasso. Cela a été un fabuleux préambule à ma rencontre avec Kateri Cowley à Kananaskis, véritable déesse vivante du western !

culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
Boutique western à Calgary, Wild Rabbit Vintage

Faire du cheval en Alberta et s’immerger dans la culture western

Il y a en Alberta deux façons de vivre la culture équestre : via le tourisme équestre classique, comme les très belles balades à cheval que j’ai vécues à Banff, à Jasper et à Waterton, et en allant faire une immersion dans un ranch pour comprendre réellement le travail des chevaux, la gestion du bétail et la culture western.
J’ai eu la chance de vivre deux expériences uniques, et très différentes. A Thanksgiving Ranch à Pincher Creek, près de Waterton dans le sud de l’Alberta, j’ai passé une nuit dans un ranch axé sur le travail avec le bétail. A Rafter Six Ranch, à Kananaskis aux portes des Rocheuses, j’ai vécu une initiation western avec une famille qui vit à 100% du travail des chevaux et des compétitions western. Deux lieux magiques pour comprendre la cow-boy culture albertaine, et vivre des expériences inoubliables.

culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
Cow-boy culture avec Kateri Cowley au Rafter 6 Ranch

Thanksgiving Ranch, au cœur du cowboy country

La première raison d’être de la culture western, ce sont les vaches. Les cow-boys sont littéralement les gardiens des troupeaux, conduisant et gérant le bétail dans les immensités des plaines. Les disciplines western sont ancrées dans l’équitation de travail : ces chevaux rapides, réactifs, fiables et robustes sont formés au tri et à la gestion des troupeaux. Pincher Creek, où se situe Thanksgiving Ranch, est au cœur du cow-boy country. C’est ici qu’a été tournée la mythique série Heartland, qui a peuplé nos imaginaires de gamines des immensités vertigineuses de l’Ouest nord-américain. En conduisant vers le Thanksgiving Ranch, on entre véritablement dans le décor iconique que connaissent tous les fans de western : des prairies à l’infini qui ourlent leurs herbes longues jusqu’au pied des montagnes des Rocheuses au loin, où la ligne bleue des cimes réunit Alberta, British Columbia et Montana, des ranchs isolés et d’énormes silos de grains pour nourrir les vaches en hiver, quand elles quittent les collines pour rejoindre les écuries.
Thanksgiving Ranch a beau être incroyablement photogénique et luxueux, c’est un vrai ranch, dédié à la production de la viande signature de l’Alberta, l’Alberta beef, le bœuf nourri à l’herbe grasse et fleurie de la prairie. C’est véritablement une des meilleures viandes que j’ai mangées de ma vie : le steak cuit par Brad lors de de notre soirée à Thanksgiving Ranch restera un sommet gastronomique, et cette table d’hôtes à la fois très simple et très raffinée a la réputation de servir le meilleur steak de l’Alberta. Certains visiteurs reviennent à Thanksgiving Ranch uniquement pour le dîner – mais dire cela, ce n’est pas rendre justice à la beauté parfaite du lieu, à la vue sur les montagnes au lever de soleil quand le ciel rose répond aux chaises rouges disposées sur le porche, à cette atmosphère cinématographique, au charme immense de ce lodge luxueux lové au cœur des grandes plaines, et à l’accueil chaleureux et authentique de cette vraie famille de cow-boys.

culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
Thanksgiving ranch, un lieu inoubliable
culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
Thanksgiving Ranch : un lieu iconique et une famille passionnée


Brad, son épouse Christie et leurs enfants sont tous investis dans la vie du ranch, tous impliqués dans le travail du bétail et le soin des chevaux. 1400 vaches passent chaque été ici, de race Angus et croisés Angus, à brouter l’herbe nourrissante de Pincher Creek, conduites avec talent et passion par Brad. Il me montre des vidéos de l’été, où il appelle les vaches le matin, et où le troupeau entier répond à son appel, galopant vers lui dans un nuage de poussière dorée. La vraie vie de cow-boy, où il faut se méfier des ours qui rôdent et prélèvent parfois une vache isolée, où on ne sépare pas le troupeau sous peine de l’exposer aux prédateurs, mais on le change de parc sans cesse, pour que l’herbe soit toujours abondante. Les chevaux, des quarter horses, sont des chevaux de travail, rompus à l’exercice. Mais ce sont aussi d’excellents chevaux de balade pour les hôtes qui le souhaitent : j’ai adoré mes deux heures de visite du ranch à cheval, arpentant une (petite !) partie de cette propriété immense, qui réunit rivières et lacs, crêtes rocheuses et grandes plaines, forêts de bouleaux et vue sur les cimes. Le rêve canadien…


Le lodge de Brad et Christie est une œuvre d’art, toute de bois et d’objets précieux, piano et trophées, où on dort dans d’immenses lits sous des couettes épaisses comme un cumulonimbus, et où Brad réserve, au dîner comme au petit-déjeuner, une expérience gustative d’exception. Outre le bœuf de l’Alberta, je goûte à d’autres spécialités iconiques d’ici, comme les baies de Saskatoon ou la camerise, en VO haskap, aussi appelée chèvrefeuille bleu, dont la saveur incroyablement subtile évoque à la fois la myrtille et le cassis. Brad cuisine divinement et l’hospitalité de cette famille me touche – Thanksgiving Ranch est un lieu à part, qui continue à vivre dans le cœur bien longtemps après avoir franchi les palissades blanches de la grande propriété.

Immersion western au Rafter Six Ranch, chez une championne du Stampede

Cela restera une des plus belles journées à cheval de ma vie, et une expérience inoubliable : être reçue par une championne du Stampede, véritable déesse vivante du western, et sa famille dans leur ranch hors du temps.
J’arrive le matin à Rafter Six Ranch, et je suis saisie par la beauté de la vision : un feu brûle dans un cercle de pierres au milieu de la prairie, une femme altière en tenue western extrêmement élégante y fait bouillir du thé, et en arrière-plan, dans un corral, attendent plusieurs chevaux dans la lumière du matin.
Nous sommes à Kananaskis, à deux pas du parc national de Banff et des réserves des Premières nations, dans une région plus confidentielle des Rocheuses, baignée par la rivière Kananaskis au pied des montagnes.
Je suis accueillie par trois générations de femmes : Kateri Cowley, immense championne western, sa mère Gloria, pionnière de l’élevage du cheval national canadien, et sa fille Gloriana, adorable mini-cow-girl en santiags roses. Entre héritage western, transmission de mère en fille et culture autochtone, Rafter Six Ranch est un puissant témoignage de l’identité albertaine, et cette rencontre m’émeut puissamment.

La famille Cowley : cow-boys, cheval national canadien et Premières Nations

Kateri Cowley est connue notamment pour sa pratique et son engagement dans l’Extreme Cowboy Racing, une discipline qui consiste à mettre les chevaux dans des situations très variées, à travers un parcours d’obstacles. Les compétitions sont chronométrées et jugées sur la rapidité et la fluidité, sans possibilité de s’entraîner sur le parcours à l’avance. Les obstacles peuvent inclure des éléments inattendus comme de l’eau, des bouteilles, des machines à bulles ou d’autres dispositifs destinés à tester la confiance, le calme et l’adaptabilité du cheval. L’objectif est d’aller vite tout en restant précis et fluide. En 2014, lors du Calgary Stampede, Kateri Cowley est devenue la première femme à remporter le Cowboy Up Challenge. Détaillant tous les éléments de sa tenue à la fois belle et fonctionnelle, elle m’explique en quoi le chapeau, le foulard, les éperons, les bottes ou encore la ceinture sont réellement utiles dans le travail des chevaux, et non juste des effets stylistiques. Elle m’initie ensuite au lasso – une expérience drôle et intéressante.
Issue d’une famille d’hommes et de femmes de cheval passionnés, elle a littéralement grandi au milieu des chevaux, et comme tous les grands dresseurs et cavaliers, elle passe de nombreuses heures chaque jour au milieu du troupeau.
La famille Cowley attache une grande importance à la relation entre le corps, le cheval et la terre. Kateri évoque notamment le fait de marcher pieds nus comme une forme d’ancrage, en lien avec les traditions autochtones, où les mocassins à semelles de cuir permettent de rester en contact direct avec le sol. Cette attention au lien avec la terre et au mouvement traverse sa pratique, à pied comme à cheval.

Le ranch travaille principalement avec le cheval canadien, parfois en race pure, parfois croisé avec des quarter horses, un mélange qu’ils apprécient particulièrement. Ces chevaux sont adaptés à la montagne : ils ont de bons pieds, des jambes fortes, un tempérament calme et patient, et une grande robustesse. La famille élève des chevaux canadiens et des croisements depuis environ trente ans. Le cheval canadien est considéré comme la race nationale du Canada, mais il est aujourd’hui menacé et très rare, avec très peu de naissances chaque année. Il est parfois surnommé le “little iron pony”, en raison de sa solidité. Ce sont des chevaux réputés pour être gentils, forts, endurants, faciles à entretenir, généralement noirs avec beaucoup de crins, même si d’autres robes existent plus rarement. Historiquement, ils étaient utilisés pour le débardage, les travaux agricoles, la traction de calèches, y compris pour se rendre à l’église le dimanche.
Gloria Cowley, la mère de Kateri, découvre le cheval canadien par l’intermédiaire de son neveu, forgeron, qui travaillait avec ces chevaux à Heritage Park. Elle remarque immédiatement la qualité exceptionnelle de leurs pieds, un point important car la famille rencontrait des difficultés avec les pieds plus fragiles des quarter horses dans les terrains rocheux. Un ami de Gloria se rend ensuite au Québec et achète un étalon et deux juments, contribuant à l’introduction de la race dans leur élevage.
Le lien avec les ancêtres français de Gloria la touche, tout comme celui établi avec les Premières Nations, dont elle est également descendante : l’une des juments mustang du ranch provient de la réserve Stoney Nakoda, réserve établie par le Traité 7 entre la Couronne britannique et plusieurs nations des Prairies. Le cheval avec lequel Kateri a remporté le Stampede est issu d’un mariage entre un étalon de race nationale canadienne et de cette jument mustang – magnifique symbiose des différents héritages qui vivent au sein de Rafter Six Ranch.

Cowboy college et galops endiablés à Kananaskis

Kateri Cowley transmet aujourd’hui cette culture et cet héritage à sa fille Gloriana. Elle vit de son activité équestre, sans élevage de vaches, en proposant des leçons, des expériences western et des immersions, dont celle que je vis ici, le “cowboy college” : initiation western et balade à cheval de niveau soutenu. La jument que je monte aujourd’hui, Taqa, merveilleuse jument énergique et douce à la fois, est également issue d’un beau croisement avec le cheval national canadien – je suis conquise.

culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta

Je pars à cheval avec Leroy, le mari adorable de Kateri, pour une des plus belles virées équestres de ma vie : 4 heures de cheval dans des paysages grandioses… dont 3 heures au grand galop. Les paysages sont d’une variété époustouflante. Nous quittons les grandes plaines du ranch pour des chemins rocailleux en altitude, et surplombons le ruban bleu de la rivière Kananaskis au milieu des sapins et des bouleaux roussis par l’automne. Nous galopons à perdre haleine sur les sentes sablonneuses qui bordent les rives, avec une sensation de liberté, de confiance et de plaisir que j’ai rarement ressentise – ma jument Taqa est exceptionnelle, les paysages sont grandioses et je me sens tellement bien avec cette famille d’une immense gentillesse. C’est au bord du lac Barrier Lake que nous pique-niquons dans la carte postale. Réservée aux cavaliers confirmés à l’aise aux trois allures, cette expérience est pour moi un incontournable absolu en Alberta et elle restera mon souvenir le plus puissant.

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A cheval à Barrier Lake, Kananaskis

Difficile d’imaginer une journée plus parfaite… d’autant qu’à peine descendue de cheval, j’ai enchaîné avec une autre balade : un sunset équestre à Banff.

Cowboy cookout avec Banff trail riders

Après avoir quitté Kananaskis, je fonce à Banff pour retrouver Banff Trail Riders pour une autre expérience à cheval : le sunset cow-boy cookout. Sur le plan équestre, rien à voir avec ce que j’ai vécu chez Rafter Six : il s’agit d’une balade tous niveaux, au pas, très encadrée, il n’y aura pas de grand galop ici. Mais sur le plan de l’expérience sensorielle et visuelle, c’était absolument magique.

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Nous partons en forêt à l’heure dorée, le soleil fond comme un caramel chaud sur les bords de la Bow River et l’azur rencontre l’or – c’est grandiose. On entend le brame du wapiti dans les bois et on voit passer au loin un canidé ; loup, chacal, coyote, je ne sais pas, mais je me sens complètement imprégnée de l’ambiance sauvage des Rocheuses.
Je suis à cheval avec les cavaliers, mais ceux qui ne souhaitaient pas se mettre en selle forment un autre groupe, dans un wagon bâché comme au temps de la conquête de l’Ouest. Nous allons tous au même endroit : un « restaurant de la forêt » appartenant à Banff Trail Riders, au milieu des bois, où nous attend une équipe de cuisiniers. Viande grillée à la flamme, grandes salades, pommes de terre au four, brownie, le repas est roboratif et savoureux, et les cow-boys proposent une petite initiation western pendant que la viande cuit : jets de lasso et autres jeux. L’ambiance est vraiment conviviale, une petite épopée Far West accessible à tous avec des chevaux de promenade gentils et de bonne composition.

Mais mon moment préféré sera après le dîner, lorsque nous revenons aux écuries par un autre chemin sur les hauteurs, un sentier en balcon où les sommets iconiques de Banff se détachent dans le ciel flamboyant. La nuit nous enveloppe peu à peu et je ressens une chance immense à être ici au cœur des Rocheuses, à cheval entre chien et loup, ou plutôt devrais-je dire, entre ours et coyote. Inoubliable…

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Cowboy cookout à Banff

Pour d’autres expériences équestres faciles, accessibles à tous mais belles et visuelles en Alberta, je vous laisse remonter plus haut et retrouver le récit des balades d’une heure aux Jasper Alpine Stables et aux Waterton Alpine Stables.

Des cowboys aux dinosaures en Alberta

Quand on vous dit badlands, géologie et vestiges fascinants, vous pensez plutôt à l’Arizona , à l’Utah ou au Nevada ? Je ne m’attendais pas à cela… mais les paysages géologiques de l’Alberta m’ont absolument captivée. Mettez à fond Bruce Springsteen, on part pour les Badlands.

badlands de drumheller et dinosaures en alberta canada
Badlands, you gotta live it everyday…

Drumheller, le dernier dinosaure

Si vous êtes comme moi un enfant des années 90, vous avez l’air en tête : « Denver, le dernier dinosaure, c’est mon ami et bien plus encore ». Mais en vérité, Denver aurait dû se nommer Drumheller : la capitale mondiale des dinosaures, c’est ici en Alberta.
Drumheller est un endroit incroyable, le rêve absolu de tous les petits garçons fous de dinos. Chaque rue porte le nom d’un dinosaure (n’est-ce pas génial de vivre dans Stegosaurus Alley ?), chaque marchand de glace, coffee shop ou autre fast food a son dinosaure et ses fossiles, et il y a même la plus grande statue de dinosaure au monde (World’s Largest Dinosaure), un tyrannosaure de 25 mètres de haut – vous pouvez même monter dans sa gueule sur une plateforme.
La raison de toute cette tripotée de reptiles jurassiques ? Drumheller est l’endroit au monde où on a trouvé le plus grand nombre de dinosaures, la plus grande variété et le meilleur état de conservation. Un tiercé gagnant absolument fascinant qui rend la visite au musée des dinosaures, le Royal Tyrrell Museum. Même si vous pensez ne pas être particulièrement intéressé par les dinos, vous en ressortirez expert et afficionado.

badlands de drumheller et dinosaures en alberta canada
World’s largest dinosaure

Au cœur des badlands à Drumheller 

Pourquoi cette exception géologique ? Les badlands de Drumheller, ces paysages fascinants de moraines érodées et multicolores, comme on en voit dans le Sud-Ouest américain, cachent une catastrophe antique : d’immenses tsunamis de boue, des mascarets gigantesques et tueurs, ont régulièrement balayé la région, tuant d’un seul coup des centaines de dinosaures et les fossilisant immédiatement dans une gangue de boue protectrice. On a retrouvé des dinosaures ayant encore leurs plumes (oui, beaucoup de dinos avaient des plumes), ou leur repas tout juste ingéré entier dans leur estomac. La connaissance scientifique des mondes anciens a fait un bond de géant à Drumheller, et c’est absolument vertigineux.

Petit tip : pour vous immerger de l’ambiance des Badlands, arrêtez-vous au point de vue Horseshoe Canyon sur la Highway 9, quelques kilomètres avant d’arriver à Drumheller. C’est magnifique, et très représentatif des paysages hollywoodiens de cette région de l’Alberta. Vous trouverez aussi de très beaux paysages de Badlands autour du Royal Tyrrell Museum.

badlands drumheller alberta canada

Le Royal Tyrrell Museum, musée des dinosaures

Difficile de vous décrire la fascination et le vertige que j’ai ressentis en arpentant ce musée unique en son genre, où vous vous retrouvez nez à nez avec des dinosaures dans un état de conservation profondément émouvant. Je ne pensais pas ressentir tant de compassion pour ces dinosaures foudroyés en pleine action par les flashfloods de boue, les voir si vivants, touchants, proches. Mais au-delà de la rencontre avec les rois déchus de la Terre, ce musée raconte les âges géologiques et l’apparition – et la disparition – des formes de vie sur Terre d’une façon incroyablement intelligible et passionnante.
Cinq grandes extinctions ont rythmé l’histoire géologique de la Terre, et chacune a permis à un nouveau règne d’advenir, des premières formes de vie à nous les mammifères, en passant par l’âge des dinosaures. Vertige métaphysique et fascination scientifique, ce musée m’a bouleversée !

Le Last Chance Saloon, resto fantôme au cœur des badlands

Vous aimez Big Thunder Mountain (le train de la mine) à Disneyland Paris, les vieux westerns, les lieux insolites et la bonne bouffe généreuse et faite maison ? Vous allez ADORER le Last Chance Saloon à Drumheller, le resto le plus insolite de l’Ouest. Nous sommes dans une ville fantôme : Wayne, Alberta, autrefois une ville minière prospère et abondamment peuplée, aujourd’hui réduite à portion congrue, mais remplie d’histoires de fantômes, de légendes et d’anecdotes. Laissez la maîtresse des lieux vous raconter l’histoire du poney qui buvait de la bière au bar, de la balle fichée dans le mur, ou de tous les objets improbables qui forment le décor inimitable et hétéroclite de ce resto figé dans le temps. La nourriture est roborative, mais DELICIEUSE : briskets, mac’n’cheese, barbecue platter, sweet potato fries, tout est cuit minute, tout est généreux et savoureux. J’ai adoré cette adresse.

Last Chance Saloon
Last Chance Saloon

Ammolite, la pépite de l’Alberta

La géologie exceptionnelle de l’Alberta n’a pas produit que des dinosaures : les conditions tectoniques et minérales uniques au monde réunies dans ce sol singulier ont aussi produit une des pierres précieuses les plus rares au monde, les ammolites, des ammonites (nautiles de la préhistoire) changées en gemme par les énormes pressions subies dans les profondeurs. On croirait du verre ou de la peinture, tant les couleurs sont rares et chatoyantes, mais non, c’est bien un bijou fossile, d’une rareté et d’une valeur inouïes. Il faut se rendre chez Korite à Calgary pour admirer et comprendre l’histoire de ces gemmes uniques entre tous, devenus la roche symbole de l’Alberta. Finalement, les ammolites sont à l’image de Calgary : one of a kind.

ammolite
Ammolites – oui, ce sont de vraies pierres, et non du verre. Leur valeur est immense. Elles sont plus chères que le diamant !

Calgary, ma plus jolie surprise : capitale cowboy et insolites

Je ne venais pas en Alberta pour les villes, c’étaient les grands espaces que je recherchais. Mais Calgary m’a surprise et séduite.
C’est la ville canadienne qui connaît aujourd’hui la plus forte croissance : jeune, dynamique, vibrante, elle offre un cadre de vie doux et joyeux, proche de la nature, entre la Bow River et les Rocheuses.
Parlons-en, de la Bow River : étonnamment propre et claire, sans pollution, elle est le terrain de jeu rêvé des pêcheurs à la mouche. Je n’imaginais pas me retrouver en grandes bottes de pluie à pêcher la truite sur les bords de la Bow River face à la skyline de Calgary, avec un passionnant guide issu des Premières Nations qui nous apprend à rendre hommage à la rivière, au poisson et à la terre par des offrandes traditionnelles avant de jeter notre ligne. Quinn, le guide de Drift Out West Fly Fishing, est originaire de la tribu Cree et ne se contente pas de nous apprendre la pêche à la mouche : il nous parle de l’histoire du pays et de son peuple, du rôle symbolique de la pêche, et nous fait faire du sport avec des lancers acrobatiques. Une superbe expérience à la fois culturelle, sportive et insolite.


Je n’imaginais pas me retrouver à fabriquer une citrouille d’Halloween en verre soufflé chez Fascapple Glass, des artisans souffleurs de verre passionnés et accueillants qui m’ont presque fait croire que j’étais une grande artiste (avec un petit peu d’aide).
J’ai adoré la visite insolite de Calgary en side-car, qui amène à un superbe point de vue sur les hauteurs, d’où on voit tout le terrain de jeu du Stampede, le plus grand festival outdoor du monde, ainsi que le saisissant Saddledome Stadium, immense stade en forme de selle de rodéo. Et j’ai adoré prolonger cette immersion western au Sam Centre, le musée du Stampede, et dans les boutiques vintage, comme Wild Rabbit Vintage où on trouve une superbe sélection d’articles western, ayant souvent appartenu à des champions de rodéo, des œuvres d’art et des bijoux.
J’ai aimé le Studio Bell, centre national de la musique où on rencontre des instruments rares, précieux et uniques en leur genre, comme des clavecins baroques ou l’étrange synthé géant Tonto qui a marqué les 70’s, ou encore la Bibliothèque de Calgary, avec son architecture audacieuse et ses expos cosmopolites.

alberta canada
Ambiance western à Calgary

Bonnes adresses à Calgary

Et j’ai été bluffée par la qualité de la scène gastronomique de Calgary, qui s’impose comme une nouvelle destination incontournable pour les foodies au Canada. Au fil de nos virées gastronomiques, nous avons mis un point d’honneur à goûter les 7 ingrédients signature de l’Alberta : du bœuf, du bison, du canola, du miel, du blé rouge de Fife, des légumes racines et des baies de saskatoon. (La camerise ou haskap n’est pas dans la liste, mais elle est tout aussi iconique et un vrai coup de cœur). J’ai longuement parlé des bonnes adresses à Calgary sur mon compte Instagram food &wine itinerassiette, mais voici une sélection de restaurants qui m’ont marquée à Calgary, la ville la plus branchée et gourmande de l’Ouest :

  • River Café : coup de foudre pour ce lieu emblématique de la vie locale situé sur une île au creux d’un méandre de la Bow River, où les couchers de soleil sont spectaculaires et les 7 aliments iconiques de l’Alberta représentés au sein d’un menu gastronomique extrêmement raffiné et ancré dans le terroir
  • Rouge : élan sentimental pour ce magnifique jardin enchanté et cette maison historique toute peinte en rouge, tenus par un chef originaire de Provence qui marie les saveurs de ma terre natale avec celles de sa terre d’adoption, entre fleurs, herbes et fruits. Un lieu magique.
  • The Orchard : un cadre superbe de jardin suspendu en pleine ville, une cuisine fusion entre spécialités asiatiques et méditerranéennes, des desserts de haut vol, une adresse branchée qui mérite la hype qu’elle suscite.
  • Bridgette Bar : un diner hyper tendance, murs de brique, déco cool et décalée et tapas à partager hyper originaux, entre gnocchis, panisses, burrrata, crumble de concombre et crabe, crudo de thon au pistou ou tarte citron meringuée. Très sympa.
  • Fortuna Row : spécialités mexicaines et sud-américaines, pâtisseries canadiennes (dont la fameuse confiture de haskap) et décor de plage, une adresse hyper colorée et savoureuse pour le brunch.
  • The Dorian : j’ai aimé le restaurant gastronomique au 27e étage, appelé The Wilde, mais j’ai surtout ADORE cet hôtel cozy et luxueux placé sous le signe de Dorian Gray, à l’élégance fin de siècle décadente et au confort enveloppant comme un nuage d’opium, où vous trouvez une plume de paon sur votre oreiller et le Portrait de Dorian Gray sur votre table de chevet, et où le fameux portrait vieillit et flétrit au gré des confessions laissées anonymement par les visiteurs chaque nuit…

The Dorian à Calgary, le Thanksgiving Ranch à Pincher Creek et le Fairmont Jasper Park Lodge à Jasper seront mes deux adresses hôtelières coup de cœur absolues lors de ce beau voyage en Alberta. Ce qu’il y a de merveilleux ici, c’est que les rêves peuvent se déployer sans limite : aussi beaux soient-ils, le réveil n’est jamais une déception… Bref, l’Alberta m’a éblouie, bouleversée, surprise, émerveillée, et restera à jamais dans mon cœur. Je vous souhaite la découverte de ce Wild West canadien, où chaque émotion est grandeur nature.

Un immense merci à Destination Canada, Travel Alberta, Tourism Calgary, Tourism Jasper, Banff Lake Louise Tourism, Tourism Canmore Kananaskis de m’avoir accueillie lors de ce voyage d’une vie. Un merci tout particulier aux personnes qui ont organisé mon voyage et m’ont reçue, Florence, Amélie, Kierra, Aviva, Marie-Hélène, Brad, Myriam, Kateri, Gloria et Leroy, et toutes les autres personnes adorables rencontrées en Alberta – la gentillesse canadienne n’est pas un mythe. Merci pour tout.

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