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2 janvier 2020    /    

Oui à l’hélico et aux canons pour sauver la montagne-

Ce matin dans mon fil d’actualité Facebook et Twitter, un sujet est en tête de gondole : la station de ski de St Jean Montclar, située au-dessus du lac de Serre-Ponçon dans les Alpes du sud, a fait venir par hélicoptère la neige manquant en bas des pistes. La station s’étendant de 1350 à 2500m d’altitude, il lui a suffit de louer un hélicoptère pour une journée de rotations, et de prendre la neige au sommet du domaine pour combler le déficit d’enneigement au village. Plus haut, l’enneigement naturel prend le relai, et cette jolie station familiale très appréciée des Aixois et des Marseillais a pu ouvrir normalement et accueillir les visiteurs. Mais sur les réseaux sociaux, il est de bon ton de s’en offusquer : scandale écologique ! absurdité ! Face à l’indignation facile et au prêt-à-penser, peut-être qu’un autre point de vue s’impose.

Raquettes à Montclar
St Jean Montclar

St Jean Montclar, la seule station autogérée d’Europe

Montclar est un cas hors normes, un petit miracle d’esprit collectif unique sur notre continent. Parce que la société d’exploitation qui la gérait ne la jugeait plus assez rentable, la station aurait dû fermer en 2017. Mais pour les habitants de Montclar, cette décision signifiait tout simplement la mort du village. Installés ici depuis des générations, pratiquant comme tous les montagnards des Alpes provençales une pluriactivité souvent agricole (berger l’été, moniteur de ski l’hiver, par exemple), les habitants de Montclar savaient qu’ils ne pouvaient survivre économiquement sans le ski. Si la station fermait, tous les habitants non retraités auraient dû quitter la montagne et redescendre en plaine pour gagner leur vie, en sachant que leurs maisons auraient perdu toute valeur et qu’ils n’auraient jamais pu vendre leurs biens à un prix leur permettant de racheter autre chose ailleurs. Les gens de Montclar se sont donc lancés dans une aventure humaine extraordinaire : ils ont rassemblé toutes leurs économies, hypothéqué leurs maisons, et ont racheté la station. Depuis 2017, la station est autogérée. C’est un collectif d’habitants qui fait vivre Montclar, prépare le domaine, fait fonctionner la station, offre des activités ludiques pour toute la famille, gère les hôtels de charme, les trois restaurants labellisés Maître restaurateur, la patinoire, etc.

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
Plusieurs personnes au coeur du projet de sauvetage de Montclar, passionnées et amoureuses de leur pays.

Plusieurs familles sont au cœur de l’aventure, et surfant sur le dynamisme de cette station solidaire qui prend son destin en main, plusieurs artisans sont venus s’installer à Montclar et entrer à leur tour dans l’aventure. J’y ai skié en 2018 – retrouvez ici mon article sur Montclar – et j’ai été profondément touchée par l’esprit de solidarité, d’amitié, de chaleur humaine qui anime la station. Skier à Montclar, c’est allier convivialité et solidarité à un très beau domaine surplombant le lac de Serre-Ponçon et offrant de vraies belles pistes de tout niveau.
Pour les gens de la vallée de la Blanche, l’équation est très simple : s’il n’y a pas de neige, si la station n’ouvre pas, tout le monde perd tout, emplois, maisons, hypothèques, emprunts. Une journée de rotations par hélicoptère, c’est un investissement de 8000 euros qui sauve une saison toute entière, et l’existence de tout un village peuplé de familles et d’amis ultra soudés. Essayons de nous mettre une seconde à leur place – n’importe qui aurait fait la même chose qu’eux.

Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
Skier au dessus du lac de Serre-Ponçon à Montclar

Ecologie et empathie

Que disent les contempteurs sur les réseaux sociaux ?  Que les stations de moyenne montagne n’ont qu’à fermer. Ils donnent des leçons de lâcher prise : « apprenons à vivre avec la nature, les saisons, les aléas », « rendons la montagne à la montagne », « acceptons de fermer les stations ». Je suis toujours frappée par le détachement dont les gens sont capables de faire preuve quand ils ne sont aucunement concernés – je serais curieuse de voir leur grande sagesse philosophique à l’épreuve du feu si leurs emplois et leurs lieux de vie étaient touchés à leur tour, si leur entreprise licenciait ou si leur maison était déclarée inhabitable. Ecologie peut et doit rimer avec empathie. Une vraie écologie sociale, un développement durable réel prennent en compte les besoins des populations, la dynamique des territoires, pour construire une relation harmonieuse avec le milieu et non pour être dans une logique d’opposition stérile où on préfère la nature aux hommes, en ignorant leur interconnexion. On ne peut prétendre vouloir sauver « la planète », entité abstraite, et se moquer des aspirations légitimes d’humains bien réels, qui plus est quand ils aspirent justement à rester vivre dans un milieu naturel qu’ils connaissent par cœur depuis des générations, et qu’ils revendiquent justement l’attachement à cette montagne, cette culture, ce mode de vie en phase avec leur terre. L’été bergers, éleveurs, charpentiers, cultivateurs, artisans, l’hiver guides de montagne, pisteurs, perchistes – s’agit-il vraiment de gens qu’on peut accuser de méconnaître ou de mépriser leur environnement ? Eux qui vivent au rythme des saisons, qui manifestent cet attachement profond à leur terre et le désir de rester y vivre malgré les difficultés ?

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
Fin de journée dans un resto d’altitude à Montclar, appartenant à la même famille depuis plusieurs générations.

Petites stations et écologie

Il faut aussi bien se dire que même dans une logique purement écologiste, même si on se moquait complètement de la vie des gens de Montclar, même si on n’en avait strictement rien à faire des intérêts économiques du village, sauver les petites stations est une bonne chose pour l’environnement.

La France a longtemps compté de nombreuses petites stations. Mais depuis une vingtaine d’années, les stations de basse altitude, situées entre 1000 et 2000 mètres, ont été les premières victimes du changement climatique et de la course à la rentabilité. Selon un article de Léa Dauplé et Pierre Bafoil paru le 29.12.2019 dans le Journal du Dimanche, « Sur la piste des stations fantômes », il y aurait 168 stations fermées sur les 584 construites en France depuis les années 30, soit 28% du total. Chaque fermeture de station s’accompagne d’un drame humain : le tourisme d’été et de neige hors ski n’est pas suffisant pour assurer la viabilité des installations économiques, et cela signifie la fermeture d’hôtels, de restaurants, la perte de nombreux emplois. De nombreuses stations fantômes deviennent aussi des villages fantômes, les habitants quittant ces lieux isolés et escarpés où ils ne peuvent plus gagner leur vie.

Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd'hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l'eau pendant les grandes pluies d'automne et de printemps.
Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd’hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l’eau pendant les grandes pluies d’automne et de printemps.

La fermeture des petites stations signifie plusieurs choses. Tout d’abord, la concentration du tourisme sur les grandes stations. Avez-vous déjà vu les embouteillages énormes menant aux grandes stations de ski les week-ends d’hiver, en direction de Val d’Isère, Val-Thorens ou l’Alpe d’Huez, ou encore dans la vallée de Chamonix ? Ne pensez-vous pas que pour le milieu montagnard, ces énormes embouteillages emprisonnant les vallées sont bien plus dommageables qu’une unique journée de rotations d’hélicoptère ?

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
Se sentir seul au monde dans les petites stations. Vercors


Dans une logique de tourisme durable, on encourage justement les gens à diversifier leurs lieux de villégiature, à sortir un peu des sentiers battus, à visiter des lieux moins connus, afin d’alléger la pression touristique sur les sites les plus célèbres, et pour garantir la qualité de l’expérience touristique. Les petites stations, c’est un endroit où l’affluence moins importante et des prix du m2 plus bas permettent aux petits commerçants d’exister, c’est un endroit où on pourra trouver des restaurants valorisant le fait-maison et la production sur place, de petits hôtels et chambre d’hôtes familiaux, des accueils à la ferme, bref, un tourisme justement plus écolo et ancré dans le terroir. C’est pour cela que j’y suis tellement attachée, et que j’ai publié récemment un article sur les petites stations familiales qui permettent cette expérience personnelle et authentique. Les amoureux d’un tourisme plus vert devraient encourager les petites stations de ski et veiller à leur pérennité.

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
En Chartreuse.

Dans une logique de tourisme durable toujours, on veille à ce que le ski reste accessible financièrement. Que se passe-t-il sinon ? Il y a une douzaine d’années, on a vu la fréquentation des stations de ski s’effondrer face à la concurrence des vols low-cost vers les destinations ensoleillées de Méditerranée. Les familles au budget un peu juste n’avaient plus les moyens de s’offrir une semaine de ski et préféraient filer au soleil. Depuis, les stations de ski ont cherché à rectifier le tir, et y sont bien parvenues. Elles ont beaucoup baissé leurs prix. Elles ont énormément diversifié leurs activités pour que les non-skieurs puissent accompagner leur famille ou leur conjoint skieur sans s’ennuyer : dans les petites stations familiales françaises, j’ai ainsi pu tester l’hiver dernier le yooner, le fatbike, la luge sur rails, le chien de traîneau, le parapente, les bains du trappeur, les différents spas, les raquettes, le tai-chi, la marche nordique, la calèche, et plein d’autres choses encore.

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.


Mais, toutes les études le montrent, ces activités ne suffisent pas à faire venir les touristes, même si elles renforcent l’attractivité d’une station et sont déterminantes dans le choix d’une destination quand il y a des non-skieurs dans la famille. Le ski reste le moteur du tourisme en montagne. Et quand les gens qui ont prévu de partir en vacances ne partent pas au ski, ils remplacent par un soleil lointain. Si vous êtes dans une logique de réduction de l’aérien, le ski est votre allié, et tout particulièrement les petites stations, qui sont souvent très intéressantes financièrement. J’ai été bluffée par les petits prix dans le massif de la Chartreuse, par exemple. Permettre aux gens qui veulent s’offrir des vacances, mais qui ne sont pas richissimes, de partir en France, n’est-ce pas une bonne chose à la fois pour l’environnement et pour l’économie ?

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

Dire « fermons les petites stations », c’est réduire l’offre pour les plus modestes, forcer les gens à partir plus loin au prix de trajets plus longs, à ce que cela leur coûte plus cher, accentuer la massification du tourisme sur les grosses stations – ce n’est pas un bon calcul environnemental.

A ceux qui veulent voir disparaître le ski

Certains sont plus radicaux encore. Certains disent : arrêtons totalement de skier. Abandonnons les stations et « laissons la montagne à la montagne ». Outre le fait que la fin de l’offre de ski en France réorienterait les touristes vers des destinations plus lointaines, comme je le disais à l’instant, une telle vision me paraît complètement antithétique avec un souhait de développement durable du territoire français.

L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble. Marche nordique en Chartreuse

Pourquoi a-t-on créé les stations de ski ? Pas seulement pour permettre aux urbains d’aller s’éclater en dévalant des pentes, mais pour permettre aux gens des montagnes de rester vivre dans les montagnes. Après la Seconde guerre mondiale, nous avons connu une logique de rationalisation de l’économie française qui a permis un vrai progrès pour tous : nourriture plus abondante et plus sûre, création de richesse, miracle économique qui a permis à nombre de Français modestes de vivre mieux et plus longtemps, allongement de l’espérance de vie. Mais cette rationalisation a nécessairement favorisé les plaines, les grands axes, les grands nœuds de commerce, au détriment des territoires isolés. Qu’est-ce que la montagne ? Un territoire peu productif. Le gel, la neige, la pente, l’inaccessibilité, l’isolement, sont autant de facteurs qui font que les sommets ne seront jamais aussi rentables aux activités humaines que la vallée du Rhône ou la côte méditerranéenne.

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
Territoire sublime, mais complexe à mettre en valeur.


Mais qu’est-ce que la montagne, aussi ? Un territoire merveilleux qui a su cultiver une identité, une singularité, une beauté qui sont un joyau de la culture française et qu’il faut préserver à tout prix. Avez-vous vu les maisons traditionnelles savoyardes, tout de bois sculpté, ou les chalets du Jura entièrement recouverts de tavaillons ? goûté le comté, le beaufort ou le reblochon ? rencontré les bergers des Alpes du sud et des Pyrénées qui mènent leurs troupeaux de brebis sur les estives, selon la tradition pastorale séculaire du sud ? vu les bûcherons récupérer les sangles d’épicéa et sculpter les porches des chalets ? visité les chapelles solitaires des montagnes, peuplées de saints protecteurs contre les avalanches et les gelées, senti la ferveur du peuple des longs hivers, entendu les cantiques occitans des Pyrénées ? entendu les troupeaux dans les pentes abruptes et les chants de leurs bergers ? Voilà ce que sont les montagnes françaises, voilà ce trésor à protéger. On a inventé les stations de ski pour que les gens puissent perpétuer leurs traditions, rester ici, vendre leurs produits, vivre de la terre et de leurs mains, avoir une source de revenus importante en hiver qui puisse faire tenir le reste de l’année.

La montagne sans les hommes

Que va-t-il se passer si les stations ferment ? Les montagnes se changeront en déserts. Ne croyez pas qu’on pourra encore en profiter l’été comme avant, que le ski n’est qu’anecdotique. Le ski permet aux gens qui entretiennent la montagne toute l’année de rester y vivre. Si les gens partent, les chemins ne seront plus entretenus, les troupeaux ne dégageront plus les plateaux, la broussaille poussera dans les friches et fermera le paysage, il n’y aura plus de refuges, d’hôtels, de restos, de produits régionaux, de culture montagnarde. La montagne redeviendra ce qu’elle a longtemps été, un territoire inaccessible, inhospitalier, perdu pour nous. Si nous aimons les montagnes, nous devons être les alliés de ceux qui les font vivre. Selon l’article du JDD que je citais, 80 petites stations sont en danger en France. Je ne me résous pas à les voir disparaître.

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
Les sublimes hauts plateaux du Vercors, entretenus par le pastoralisme

Alors comment s’offusquer de quelques rotations d’hélico à Montclar quand on sait tout ce qu’il y a en jeu, sincèrement ? Si vous aimez les montagnes, allez à Montclar, allez dans les Alpes du Sud, allez dans le Vercors, en Chartreuse, dans le Jura, dans la Vanoise et ailleurs. Allez dans les petites stations. Allez skier là-bas. Et si vous voulez diminuer la dépendance du modèle économique montagnard au ski, n’hésitez pas à tester les autres activités, à faire appel aux moniteurs de raquettes ou de yooner, à tester d’autres sports, d’autres découvertes, à sortir au resto, au spa, au bar, à diversifier, vous aussi, votre expérience de la montagne.

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

Je vous suggère ici onze jolies stations pour commencer, et j’espère bien continuer à vous en présenter. Et vous ? Irez-vous skier cet hiver ? Où cela ?

Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

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60 commentaires pour
“Oui à l’hélico et aux canons pour sauver la montagne”

  • Merci de me montrer ce problème sous un autre angle car j’avoue avoir été très choquée par ces rotations en hélicoptère. Habitant une station de moyenne montagne, je vois les efforts qui sont fait pour attirer les touristes et perso ça me fend le coeur chaque année de voir la montagne se bétonner un peu plus pour développer des activités alternatives au ski en toute saison alors que vu les prévisions concernant le dérèglement climatique il est fort probable que d’ici 50 à 100 ans ces petites stations n’auront plus de neige. Alors pourquoi ne pas commencer aujourd’hui à changer les mentalités et le tourisme hivernal puisque cela me paraît inévitable ? En ce qui concerne cette station en particulier je ne comprends pas pourquoi descendre de la neige en helico plutôt que d’assurer des liaisons en bus par exemple là où il y a de la neige ? Je comprends que d’un point de vue écologique c’est peut être moins une hérésie que ce que l’on imagine de prime abord, mais cela ne fonctionnera qu’un temps. En attendant ça me semble surtout être un sparadrap sur un problème plus gros que personne ne veut voir en face.

  • Parce qu’il n’y a pas de route qui monte plus haut, et qu’en créer une signifierait bétonner la montagne, dénaturer le paysage… je pense qu’il vaut mieux une rotation en hélico qu’une grosse route.
    Mais OUI, c’est tragique ce qui se passe en moyenne montagne. Et je pense qu’elles ont vraiment raison de diversifier. Il faut redécouvrir la montagne en toute saison. Je pense par exemple que l’automne est beaucoup trop sous côté. Les hôtels ferment, il ne se passe plus rien. Je pense qu’il faudrait communiquer à mort sur l’automne, sur la beauté INCROYABLE des couleurs dans les Alpes du sud en cette saison, sur la magie de ces sites. Il faut continuer à bâtir des hébergements insolites, des spas, des activités outdoor originales, etc. Il faut relâcher la dépendance au ski. Mais ça se fait peu à peu. Si les gens fuient les montagnes faute d’argent, ça n’arrivera pas… mieux vaut un sparadrap en attendant qu’une grosse cata irréversible. Si les gens quittent les villages, ils ne reviendront pas…

  • Je ne vais pas te cacher que je suis un peu choquée par ton article (c’est sûrement l’objectif aussi). Je n’etais pas au courant de cette histoire d’helico mais malheureusement tu le sais aussi bien que ces gens cela ne sauvera pas la montagne telle qu’on l’a connue. Le réchauffement climatique est réel et inéluctable si l’on continue, que cela nous plaise ou non. Je suis la première à brûler du CO2 car j’ai beaucoup trop voyagé donc je ne jette la pierre à personne mais il va quand même falloir que l’on un moyen de réduire les émissions de CO2 et la consommation d’energie. Pour travailler dans le domaine des énergies renouvelables il n’y a malheureusement pas de solution magique. La sobriété énergétique doit être l’un des piliers mais nous n’en prenons pas la voie. L’Australie nous montre malheureusement que tout cela n’est que le début et je t’avoue être très pessimiste sur l’avenir. Je suis bien sure très triste pour ces petites stations de montagnes qui en payent le prix fort même si elle ne le mérite pas tout comme vont payer les populations les plus pauvres. Désolée si mon message n’est pas très joyeux, et je sais que j’ai l’impression d’être la personne la plus pessimiste du monde quand il s’agit d’imaginer l’avenir ^^

  • Je comprends ton pessimisme mais moi je crois profondément que les montagnes françaises font partie de l’avenir, que si on veut inventer un tourisme français durable, qui permette aux gens de rester ici tout en découvrant, profitant, s’amusant, s’enrichissant humainement, il faut absolument sauver les montagnes. A long terme, sans doute faudra-t-il trouver d’autres solutions, inventer de nouvelles activités en montagne, inventer l’avenir. Mais si aujourd’hui on cause la ruine économique et sociale des villages en refusant les solutions d’urgence, on va fermer irrémédiablement ces villages, on va perdre cette richesse, ces destinations, ce patrimoine, et ce sera irréversible.
    Ce qui se passe en Australie me serre le coeur, notamment pour les animaux brûlés… koalas, kangourous, opossums, oiseaux, c’est un désastre atroce. Mais hélas, hélas, l’Australie paie aussi le prix d’une très mauvaise gestion de l’eau qui a asséché complètement les sols, vidé les nappes phréatiques, et rendu le territoire plus perméable que jamais aux sécheresses et aux incendies. Je pense qu’on a beaucoup de chance en France d’avoir une gestion intelligente des ressources. On est la première destination touristique mondiale et on a réussi à préserver vraiment bien nos paysages et notre patrimoine. Je suis optimiste, parce que je pense que la France a énormément d’atouts et d’expérience de bonne gestion, j’ai foi en nous 🙂

  • Très courageux cet article mais surtout très intéressant. Ça fait du bien d’avoir un autre son de cloche, plus réfléchi, plutôt que “l’écologie coûte que coûte” sans réfléchir vraiment à ce que veut dire ce mot ni aux conséquences des alternatives.
    Un balai d’une journée d’hélico me paraît toujours disproportionné, mais tu remets en question l’imagine que j’avais du sujet “stations de ski et écologie”. Merci pour ça !

  • Merci beaucoup pour ton retour, Julie, merci d’être venue lire et discuter, cela me touche beaucoup.

  • PS : très belles photos, mais mention spéciale pour :
    – celle des hauts plateaux du Vercors, elle est absolument sublime, la lumière, la compo, les différents plans, le post-traitement, tout !
    – la dernière photo, parfaitement composée
    – le canon à neige de nuit, la lumière et le mouvement sont fous

  • Merci, je suis très heureuse qu’elles te plaisent ! Celle des hauts plateaux du Vercors est ma préférée moi aussi, surtout qu’on a dormi là, en ligne de crête, au fond de la photo -un souvenir tellement fort <3

  • Montclar est en effet une station de ski à taille humaine, les habitants se sont battus pour maintenir leurs emplois et ceux de leurs amis et famille pour continuer de faire vivre leur ville. C’est l’exemple d’une solidarité hors norme entre habitants d’un même village !! Ils mettent à l’honneur les producteurs locaux, ils développent des activités qui permettront à terme de faire vivre les montagnes différemment. Ils sont victimes du réchauffement climatique, ils trouvent des solutions pour que des gens continuent de venir skier dans cette station familiale pas comme les autres. Je les soutiens !!! C’est justement la solidarité, l’entraide, et l’humanité qui manquent cruellement sur les réseaux sociaux, l’empathie. Et le recul…. Il y a des milliers d’avions qui volent au dessus de nos têtes chaque jour pour emmener des hordes de touristes en voyage, et on va détruire la réputation d’une petite station sans même essayer de comprendre ce qu’ils vivent et ce qu’ils font chaque jour. Nous devrions tous prendre exemple sur eux ! Cette façon de monter cette histoire en épingle est hypocrite, démesurée, c’est d’ailleurs ce que je reproche de plus en plus aux réseaux sociaux (aucun fond, pas une once de réflexion, et on nous bassine et culpabilise sur tout et n’importe quoi, Il a bon dos le réchauffement climatique).
    Oui, moi aussi j’ai eu la chance de découvrir cette station avec toi Alex <3 et ce que je lis sur Twitter me fait mal au coeur…..

  • Merci Amandine !! Tellement heureuse d’avoir partagé ce voyage avec toi, je sais qu’on a ressenti pareil. Oui, ça m’a fait mal au coeur, je ne supporte pas que l’écologie (en laquelle je crois) soit dévoyée pour insulter, critiquer, ou être complètement hypocrite : on utilise nos voitures, avions, on a des modes de vie énergétivores, et on voue aux gémonies ces gens à cause d’un hélico, rah, ça m’énerve ! Oui, solidarité, empathie et capacité à se mettre à la place de l’autre…
    J’espère re-skier avec toi, mon tricératops adoré 😉

  • Merci pour cet article 🙏
    Je suis entièrement d’accord avec toi, tu as mis en lumière des faits qu’on ne peut contredire. Tu as totalement raison! Préservons les petites stations. Je me souviens très bien de l’article que tu avais écrit sur Montclar car il m’avait touché, ces habitants qui voulaient sauver la station, c’est juste une très belle histoire de solidarité et d’humanité.

  • Merci beaucoup, beaucoup d’être venue lire <3 Je t'embrasse !

  • Merci pour cet article fort intéressant. Je suis de nature à ne pas aimer les raccourcis et pourtant je fais partie de ceux qui s’offusquent (non publiquement) de l’utilisation d’un hélicoptère pour faire venir de la neige. Je suis aussi de ceux qui ne comprennent pas l’utilisation de la neige artificielle et des canons, mais j’imagine que la non pratique du ski aide ma prise de position.

    Je ne connais pas Montclar et ce que tu décris me touche. Il est vrai que ces petites stations doivent vivre et passer le “rude” hiver, mais je suis sûre que c’est ce genre de stations qui réussira en premier les belles transitions liées aux changements climatiques et à l’adaptation que doit “subir” l’humain. C’est en se rassemblant que l’on trouve des solutions et ce que tu écris montre que Montclar pourra trouver celles qui sont pérennes, dans un esprit de cohésion et de solidarité.

    L’homme devra se rendre à l’évidence que le ski est une activité au futur révolue, et j’espère ne pas être la seule, à apprécier randonner en hiver sans devoir sortir les raquettes ou les chaînes pour la voiture car les transports en commun ne sont pas encore assez développés. Comme je l’écrivais dans mon dernier article hier, il y a tout un système à repenser… et je reste optimiste quant à l’innovation des petites stations locales et familiales, qui devront trouver des solutions, freinées surement financièrement mais pas dans leurs engagements collectifs.
    On est de plus en plus à apprécier les destinations à faible taux de fréquentation, les destinations nature et pleines de charmes, qu’il ne reste plus qu’à mettre en avant et relier entre elles, à travers un développement collectif et je l’espère durable.

  • Merci beaucoup pour ton commentaire. Je suis totalement d’accord avec ton dernier paragraphe, vraiment, et c’est pour ça que j’adore mettre en valeur la France rurale, un peu hors des grands axes, essayer de diversifier et d’ouvrir. Mais en même temps, le ski reste une activité phare pour beaucoup, beaucoup de français, regarde la fréquentation ENORME des stations cette semaine, l’affluence à Flaine ou à Samoens, tu vois que les gens continuent d’aller à la neige vraiment pour le ski et je pense qu’aujourdh’ui, une station qui nierait cela et essaierait de proposer une offre SANS ski ne pourrait pas s’en sortir. Peut-être que les choses seront différentes dans 30 ans, mais aujourd’hui, le ski reste un aimant massif à touristes et priver les stations de moyenne montagne de ski, c’est juste reporter le flux sur les autres et condamner ces destinations…

  • Le souci de ce genre de solutions purement techniques aux problèmes posés par le changement climatique, ce n’est pas tant le bilan carbone de la rotation de l’hélicoptère. Ce qui inquiète le plus, c’est ce sentiment de fuite en avant. Il n’y a plus de neige, c’est une réalité, aujourd’hui des stations de moyenne montagne, demain plus généralisée dans les Alpes et les Pyrénées… La solution… Aujourd’hui c’est amener de la neige du sommet vers les fonds de vallée… Demain d’un massif à l’autre… Et jusqu’où ? Quand arrêter la fuite en avant pour prendre acte de l’ampleur du changement en cours ? Accepter de changer de modèle de développement plutôt que de s’acharner à sauver un modèle qui montre ses limites, de toute part ? A quelle échelle de temps cette solution est considérée comme viable aussi d’un point de vue économique ? Quant à la viabilité des petites stations, plusieurs exemples montrent que ce sont des stations résilientes aux changements, car n’ayant pas une forte attractivité sur le ski de piste, elles ont toujours proposées d’autres activités en parallèle… Et enfin le dernier point, empathie et solidarité bien sûr !! Les dynamiques des montagnes françaises montrent bien la dualité des conséquences du changement climatique, certaines populations et territoires étant déjà touchés de plein fouet, d’autres en apparence plus préservés… voire climato-cynique, ayant véritablement qq chose à gagner dans le changement climatique. Il s’agit à la fois de soutenir les victimes du changement climatique et d’interroger notre modèle, c’est à dire, peut-être, de remettre en cause la viabilité du modèle des stations de ski de piste dans toutes les montagnes françaises, y compris en altitude…

  • Merci pour votre commentaire. Je suis d’accord dans une certaine mesure. Oui, il va falloir revoir notre modèle. MAIS le ski reste extrêmement attractif et l’immense majorité des gens qui vont en montagne y vont pour le ski (en hiver bien sûr, l’été c’est une autre clientèle). Vous parlez des petites stations qui proposent d’autres activités en parallèle : OUI, je suis d’accord, mais en parallèle, elles n’ont pas renoncé au ski.
    Je me permets de copier ce que je répondais à Lucie dans le commentaire en dessous :
    Mais en même temps, le ski reste une activité phare pour beaucoup, beaucoup de français, regarde la fréquentation ENORME des stations cette semaine, l’affluence à Flaine ou à Samoens, tu vois que les gens continuent d’aller à la neige vraiment pour le ski et je pense qu’aujourdh’ui, une station qui nierait cela et essaierait de proposer une offre SANS ski ne pourrait pas s’en sortir. Peut-être que les choses seront différentes dans 30 ans, mais aujourd’hui, le ski reste un aimant massif à touristes et priver les stations de moyenne montagne de ski, c’est juste reporter le flux sur les autres et condamner ces destinations…
    Peut-être qu’on arrivera à un modèle sans ski, mais nous n’en sommes pas là, et je comprends les stations qui veulent garder le ski coûte que coûte pour ne pas s’écraser face à la concurrence…

  • Je suis partagé avec vous ! Concernant cette station que je connais peu je ne saurais quoi dire , mais concernant les stations de haute Savoie , plus particulièrement celle de moyenne montagne ou je vis , comme dans le Chablais , ou les Aravis ; si ce genre de situation venait à se produire , les rotations hélico se combineraient elles a l’affluence du tourisme de masse chaques vacances et week end ( c’est à dire et on le connaît bien à d’énormes embouteillages autant en matinée qu’en soirée : environs 1h30 / 2h de bouchon pour les Aravis / Annecy …) Ecolo responsable ?? Pas trop…. Et cela augmenterait d’avantage car la
    neige ne se trouverait que dans ces massifs la ….

    Et l’économie local oui je suis d’accord elle serait sauvée ,mais de courtes durée car ici on ne vit qu’en saison et la grande majorité des gens qui vivent ici à l’année sont les gens qui ont des biens et qui on fait fortune !!
    Nous les jeunes du coin qui vivont de la montagne , du ski ect, à l’année , nous ne pouvons pas quoiqu’il en soit vivre dans ces villages stations à cause du coût de la vie qui est extrêmement cher , et cela à cause des lits froid et de la fortune de riches bo bo ….. et bien entendu des politiques locales qui ne font rien pour garder les jeunes aux pays ….

    Donc parlez de vie locale , que le ski sauvent les gens du coins …. on va dire plutôt qu’elles sauvent toujours ceux qui sont bien placés pour s’en mettre pleins les poches .

  • Merci beaucoup, Thomas, pour ce retour intéressant qui soulève d’autres problématiques. Je serais curieuse de continuer la discussion avec vous.
    Je pense que la Savoie est vraiment un cas à part, car comme vous le soulignez, ce sont des territoires attractifs et chers. Ce n’est pas le cas de l’immense majorité des stations de moyenne montagne. Dans les Alpes du Sud, en Ardèche, dans le Massif Central, dans le Vercors, etc, la terre n’est pas chère, le problème est plutôt le manque d’attractivité. Dans les Aravis, vous avez une sur-attractivité, les prix énormes des alentours d’Annecy, le côté super chic et couru de ces coins… je pense que la problématiuqe est différente et je comprends bien la difficulté des jeunes pour accéder à la propriété dans ces coins tellement chers. Mais ce qui est rassurant pour vous, c’est que vos villages à la mode ne risquent pas de mourir, je pense que la problématique est différente pour des coins qui n’ont pas cet attrait aux yeux des investisseurs…

  • Si le fond de l’article pose la question de la place des “petites stations” dans l’offre touristique, il est dommage qu’il soit accompagné de fausses données. Non St Jean Monclar n’est pas la seule station autogérée en Europe. Certaines stations autrichiennes et suisses sont gérées par leurs habitants, et en France Les Karellis sont gérés en SCOP (si cela n’est pas de l’autogestion…et ne disposent qu’aucun lit froid puisqu’il n y a pas de résidences secondaires ) et une partie des petites stations françaises est gérée en régies municipales, lorsque ce ne sont pas des DSP avec des SEM controlées par les communes.
    Si le cas de St Jean est très intéressant d’un point de vue du développement local par l’engagement de ses habitants, restons mesurés et précis.
    Autre point à nuancer, la pollution dans la vallée de chamonix n’est pas le fait des touristes hivernaux (la plus grande partie des CA est réalisée entre mai et octobre) mais des “quelques” poids lourds qui traversent une vallée par ailleurs assez industrielle.
    Si le choix de l’hélico peut être discuté pour permettre un lancement de saison, tout comme l’usage de canons, tout cela reste dans une tradition du “tout ski”. L’offre des stations de moyenne montagne peut être mise en avant pour ce qu’elles offrent effectivement aux visiteurs. La problématique est similaire dans les Pyrénées …avec des raisonnements semblables sur la place du ski qui consomment beaucoup de budgets. Un choix trop souvent teinté de nostalgie des années passées.
    A votre disposition pour échanger

  • Merci pour votre message. Je ne connais aucune autre station en pure autogestion à 100% par les habitants sans capital étranger ou tutelle administrative d’une plus haute autorité. Je ne demande qu’à être contredite – je serais curieuse de découvrir les autres – mais à ma connaissance le modèle de Montclar est vraiment unique. Il n’y a pas de filet de sécurité, c’est 100% dans les mains des gens du village.
    Concernant les embouteillages… n’avez vous jamais été coincé comme moi dans un énorme, énorme, énorme bouchon vers Val d’Isère, Chamonix ou l’Alpe d’Huez ? Cela ne signifie absolument pas que je sois anti grosses stations, pas du tout, mais je ne pense pas qu’aggraver la concentration sur elles soit une bonne idée environnementale.
    Quant au tout ski… tant que vous aurez des stations qui proposent du ski, il est illusoire et suicidaire de dire aux petites stations de proposer une offre 100% sans ski. C’est comme si j’essayais de gagner ma vie avec une pataugeoire à côté d’un aquapark… l’offre de diversification est nécessaire, fondamentale, mais en l’état actuel des choses, elle ne peut se substituer au ski, qui reste l’impulsion première de séjour en montagne l’hiver. Les stations qui diraient “vous ne pouvez pas skier mais venez chez nous quand même” iraient au casse pipe…

  • La question du filet de sécurité est toujours posée, ne serait-ce que par la mise sous tutelle possible de n’importe qu’elle commune touristique ou non. Dans les Bauges, en Chartreuse le fait que ce soit des syndicats inter-communaux ne change pas véritablement le fond du problème. Le fait que la station d’Allevard soit gérée par la communauté de commune du Grésivaudan fait-il d’elle une station gérée par des étrangers ? La gestion de domaines skiables est très onéreux et à moins d’avoir, comme les stations de la Drôme, principalement des stades de neige cela ne modifie pas malheureusement la question des enjeux principalement liés aux possibilités d’hébergements pour avoir une activité de séjours.
    Il ne s’agit pas d’opposer grandes et petites stations mais de trouver les clés de réussite d’un tourisme dont le ski n’est qu’un élément. D’ailleurs, vous ne trouverez pas de chiffres sur des annulations massives les années sans neige. L’aléas neige a été intégré depuis très longtemps par les clients et ceux qui ont choisi St Jean, n’iront pas à Serre Che ou à Val d’Isère si la neige n’est pas là lors de leurs vacances.
    Concernant les bouchons, certains éclairés nous prédisent des lendemains qui chantent avec les ascenseurs valléens… sans nous expliquer où ils stockeraient les voitures dans les vallées ou comment ils feraient revenir les trains supprimés.
    La montagne dispose d’un atout majeur qui est la qualité de l’air (sauf malheureusement dans certaines vallées) qui peut accompagner bon nombre d’activités pour une clientèle majoritairement urbaine. Les pistes existent sauf à considérer qu’il faut utiliser le ski jusqu’au bout (20 ans) et investir des sommes importantes pour un résultat aléatoire, surtout s’il y a des années sans neige.
    Tout est une question de stratégie, mais à long terme, pas pour les 15 ans qui viennent.

  • Merci Alexandra pour ton article qui met de l’ambiance dans la blogo dès le début de l’année 😉
    C’est tout à fait un sujet que j’aurais pu traiter dans mes débats du mardi, tant il est confins de ce qui me touche : tourisme, environnement, économie.
    Etant aux Arcs 1800, grosse station de Savoie, durant cette histoire d’hélicoptère, j’étais passée à côté. J’aurai pu être de celles qui s’offusquent.
    Mais plutôt que de jeter la pierre à Montclar – dont le modèle me touche beaucoup et station dans laquelle j’ai très envie d’aller faire un reportage, le tien m’ayant vraiment sensibilisé à cette gestion collective – je préfère jeter la pierres aux touristes. Dont je fais partie. Mea culpa.
    Jeter la pierre n’est pas la bonne expression. Disons qu’il va falloir absolument apprendre à se détacher de certaines activités que nous pratiquons … dont le ski (dixit la nana installée devant la cheminée des Villages Clubs du Soleil, je mesure donc la difficulté de mes propos). Nous sommes d’accord qu’aujourd’hui, les activités connexes au ski ne suffisent pas à faire vivre des territoires et c’est en ça que les choses doivent changer. Plutôt que de subir la disparition des activités ski, il va falloir l’anticiper, l’accompagner et je ne suis pas certaine que d’apporter de la neige en bas des pistes, incitent les touristes à ouvrir les yeux sur la réalité : le réchauffement climatique a des conséquences, et elles sont déjà là !
    Par cet apport artificiel, on entretient l’illusion que les choses ne changent pas ou que les nouvelles technologies pourront tout. Or, c’est faux. Pour une bonne année d’enneigement, nous connaîtrons de plus en plus de mauvaises années. Que faire ? Recommencer à tricher sur la nature à chaque hiver peu enneigé ?
    Comme toi, je suis à 100% pour le maintien des villages de montagne et des métiers qui y sont liés. Mais pas au prix d’une course en avant sur un réchauffement climatique inéluctable.
    Il va falloir apprendre à faire autrement. Et vite !
    Là, ce sont les pouvoirs publics qui vont devoir aider, mettre la main à la poche et accompagner les professionnels à se reconvertir ou se diversifier. Plutôt que de construire de nouvelles remontées mécaniques toujours plus haut ou organiser des concerts dans les sommets, cet argent devrait servir à réinventer les montagnes et les stations autour d’activités plus nature.
    Pour la première fois, la Folie Douce s’est installée aux Arcs 1800. Cette musique continuelle tous les après-midi que nous entendions même raquettes aux pieds est infernale. J’ai trouvé ça tellement vain et ça participe vraiment à ma volonté de me tourner dorénavant vers de petites stations. Je trouve que cette course contre la montre globalement est vaine et surtout vouée à l’échec, la nature sera toujours plus puissante et nous pourrons utiliser tous les hélico possibles, lorsqu’il n’y aura plus de neige, ce sera inéluctable. Et très douloureux pour les professionnels non préparés à ça.
    Alors Montclar a posé une rustine… certainement pas une solution définitive. Et je serais curieuse d’ailleurs, qu’en pense les habitants du coin ?

  • Bonjour,
    Je viens pour vous souhaiter la meilleure des années possible.Santé, paix, beaux voyages à foison, prospérité…J’adresse les mêmes vœux aux personnes qui vous sont chères.Bonne année également pour vos lectrices et lecteurs.
    Amicalement à vous.

  • Ton article, ta vision, ta perspective et ta réflexion ici, Alexandra, sont d’une précision, d’un panache et d’une justesse particulièrement forts et touchants.

    Je n’ai malheureusement pas encore découvert Montclart mais tu sais combien j’y compte (et ce, tout d’abord grâce à toi et ton article de l’an dernier); tu sais également mon engagement pour la planète et combien je rêve de pouvoir faire bien davantage.
    Et quand j’entends parler de ce déchaînement de passions sur les réseaux sociaux de la part de détracteurs (qui ont certainement leurs raisons) , je peux les comprendre en partie. Ce qui me chagrine toujours par rapport à l’écologie, c’est cette attitude parfois (souvent?!) moralisatrice. Beaucoup d’entre nous cherchent des solutions alliant protection de notre bien-être AU COEUR de la vie de notre planète; l’un ne va pas sans l’autre (enfin, si l’on veut que les 2 survivent et cohabitent mieux, parce qu’en réalité, on sait parfaitement que la planète s’en sortira bien mieux sans nous) et c’est en prenant le genre de décisions qu’a pris la station de Montclart, en réfléchissant comme tu le soulignes si bien, qu’on approcher petit à petit de l’équilibre.

    Merci donc pour tes mots, que je vais me faire un grand plaisir de partager.

  • N’importe quoi ! ” La montagne serait perdue pour nous… “, et rendue à la terre et à la nature auxquelles elle appartient ? C’est triste…ou pas ! Battez vous jusqu’au bout, avec un hélicoptère si vous pensez que c’est la solution, mais quand il n’y aura PLUS de neige, DU TOUT, il faudra bien se résoudre à trouver un nouveau modèle, ou reprendre l’ancien modèle, celui qui existait et fonctionnait avant le ski… Vous pouvez tenter d’attendrir avec vos larmes, mais tôt ou tard ( et surtout tôt, si on vous suit, avec vos hélicoptères de la dernière chance ), vous ne l’aurez plus, cette neige…
    L’ultime râle de la bête…
    Je préfère utiliser le peu d’énergie qui reste ( la mienne et celle des dernières gouttes de pétrole ) à construire le monde de demain, plutôt qu’à tenter de sauver celui qui nous as conduit là aujourd’hui, bonne chance à vous ( même si je ne donnes pas cher de vous et votre hélicoptère salvateur dans les prochaines années ).

  • Cher Tibo, je crois que vous n’avez ni lu ni compris l’article, ou que vous faites semblant de ne pas comprendre, tant pis.

    “quand il n’y aura PLUS de neige, DU TOUT, il faudra bien se résoudre à trouver un nouveau modèle, ou reprendre l’ancien modèle, celui qui existait et fonctionnait avant le ski… “… vous voulez dire, le monde des années 1900 ? Bonne chance pour inventer la machine à remonter le temps.

    Quant à votre accusation de sentimentalisme… Ces gens ne versent pas de larmes, ils ne cherchent pas à attendrir qui que ce soit, ils se battent, ils se bougent et ils bossent. C’est vous qui poussez des cris d’orfraie et pleurez sur une journée de rotations d’hélicoptère. Eux proposent.

    “La montagne appartient à la terre et à la nature”… et pas aux hommes qui l’habitent depuis des générations ? Ce que votre commentaire révèle, c’est une compréhension antisociale de l’écologie comme ennemie des hommes, et je m’insurge contre elle. L’écologie doit être sociale et humaine. Dire préférer la nature aux hommes, pardon, mais c’est soit de la bêtise, soit de la cruauté.

  • Franchement, ca fait chaud au coeur de lire un tel article…merci de dire comment les gens de cette vallee se battent de toutes leurs forces pour sauver leur région et leurs vies. Cette endroit est resté authentique et le béton n a toujours pas fait sont apparition et c est très bien comme ca. Et si une rotation d hélico peut sauver tout un village et bien je dis tant mieux. Longue vie à Monclar et merci encore pour votre point de vue partagé….Un amoureux de le vallee de la Blanche

  • Merci à vous !

  • Bonjour et bravo pour cet article, pour une fois les vraies raisons l’emportent sur …la bêtise ou plus surement sur l’ignorance.J’ai la chance de bien connaitre Montclar, et je salue la décision du directeur d’avoir su prendre cette courageuse initiative. Bien sur à un moment donné il faut savoir ce que l’on veut, conserver l’emploi et tout ce qui va avec, l’école, les commerce l’agriculture, enfin tout ce qui fait l’économie d’un coin de montagne support d’une petite station de ski. L’exemple de Montclar et suffisamment édifiant, appelée à disparaitre, la station a été sauvée par la mobilisation de ses habitants , y compris pécuniairement ! Je sais malheureusement ce qui se passe quand tout le monde abandonne, l’exemple d’une vallée voisine est tout à fait d’actualité….et bien moins reluisant! Que serait aujourd’hui le Champsaur? le Devoluy, sans station de ski ? probablement un désert agricole, économique….un désert tout court. on pourrait s’étendre longuement sur le sujet, je suis né ici dans un petit coin de montagne et je crois pouvoir parler de ce que je connais ….bravo donc à cette décision et bravo à cet article qui nous fait du bien….merci

  • Merci beaucoup pour votre commentaire. Totalement d’accord avec vous, bien sûr…

  • Merci pour cet article réaliste et accessoirement très content de voir que Giaccometi a toujours bon pieds bon œil 😉

  • Merci beaucoup ! et merci pour le clin d’oeil 🙂

  • http://www.grec-sud.fr/cahier-thematique/montagne/
    Bonjour à tous!
    Je me permets de commenter parce qu’en tant qu’habitant de cette zone haute-alpine, professionnel de la montagne et fortement intéressé à ces questions je suis éberlué par cet article, la vacuité des arguments avancés, et le manque de vision globale et locale, à moyen et long terme. Désolé de jouer au trouble-fête, mais les arguments avancés sont si éloignés de la réalité…
    Ci-dessus un lien concernant un bilan de la situation du climat et de la biodiversité en milieu sud-alpin. J’ai assisté à plusieurs conférences de scientifiques de ce collectif, puis discuté avec certains d’entre eux, et la conclusion est sans appel. Il y a de grande chance pour que la majorité des stations disparaissent dans les 20 à 30 prochaines années, de par la raréfaction du manteau neigeux, qui sera plus faible, moins longtemps et beaucoup plus haut. Ils estiment qu’il restera par exemple au mieux moins de 5 stations dans les hautes alpes d’ici 2050… Sachant que 80% de l’activité économique départementale est directement lié au tourisme, et surtout hivernal, il serait sage de faire le deuil du ski tel qu’on le connait actuellement et de préparer activement la résilience des territoires de montagne. Autonomie alimentaire, énergétique, santé, déplacement,… Parce que le processus est enclenché et que chaque année cela va devenir de plus en plus difficile…Et c’est sans rajouter l’aspect raréfaction du pétrole et l’augmentation des coûts des énergie, donc du coût des déplacements pour les touristes, les locaux, les engins professionnels utilisés pour ces activités, et de toutes les denrées, matériaux et matériels acheminés pour faire fonctionner tout ça…Et sans rajouter non plus les risques de feux, du stress hydrique, de la disparition de la biodiversité végétale et animale, donc en parallèle des capacités agricoles, des glissements de terrain, effondrements, laves torrentielles,…Et ce d’ici moins de 30 ans… La montagne, et tout ce qui la compose, est un milieu extrêmement fragile de par ces spécificités. Et cette fragilité la rend encore plus sensible aux changements… Les 2° d’augmentation de températures moyennes sont déjà dépassés par exemple.Le monde évolue très vite, cela ne va faire qu’accélérer et une des seules solutions est de préparer l’adaptation à ces changements, où que ce soit dans le monde, et plus particulièrement en montagne vu que c’est le sujet ici. La fête est finie, même si l’orchestre continue à jouer dans la salle de bal!! Votre article est complètement contre-productif, presque dangereux, et dans un mode de pensée consumériste du siècle dernier.Je ne cherche pas du tout la confrontation , au contraire, et je ne cherche ici qu’à apporter ici un éclairage bien différent à une grande majorité de ce que j’ai pu lire sur cette page.J’apprécie Montclar, habitant à côté, donc directement concerné, mais c’est un système d’exploitation de la montagne à bout de souffle, comme toutes les stations de ski, une fuite en avant, cherchant la solution dans le problème…Et même si j’apprécie fortement l’aspect collectiviste et social du projet cela ne changera rien à la disparition de la neige et aux difficultés futures à une vie en montagne, liés aux changements climatiques et économiques. Il existe de nombreuses solutions pour pérenniser la vie des populations en montagne, mais elles ne passent certainement pas à moyen terme par le tourisme.Au contraire!! Le tourisme même si il nourrit en partie la population rend quasi impossible l’accès au foncier, rend les populations dépendantes à la venue des touristes, laisse une grande partie de la population dans une précarité professionnelle importante, fait artificiellement grimper le prix de presque toutes les denrées, matériaux et produits de la vie courante pour les locaux (et surtout du foncier pour ceux qui voudraient s’implanter réellement), et empêche de par cette vision unique de développement de la majorité des décideurs, élus et entrepreneurs locaux à réfléchir à des solutions pérennes et résilientes de vie dans ces zones de montagne…Cela peut-être le sujet d’un autre post ou d’une conversation en mp si cela vous intéresse.Désolé de m’étendre un peu trop dans mes posts mais vu que c’est un mes domaines d’expertise, auquel je consacre beaucoup de temps depuis pas mal d’années j’ ai du mal à m’exprimer succinctement.Cordialement!! 🙂

  • Merci pour votre message. Je suis en désaccord total avec votre postulat anti-tourisme et notamment avec cette phrase “Le tourisme même si il nourrit en partie la population rend quasi impossible l’accès au foncier, rend les populations dépendantes à la venue des touristes, laisse une grande partie de la population dans une précarité professionnelle importante, fait artificiellement grimper le prix de presque toutes les denrées, matériaux et produits de la vie courante pour les locaux (et surtout du foncier pour ceux qui voudraient s’implanter réellement), et empêche de par cette vision unique de développement de la majorité des décideurs, élus et entrepreneurs locaux à réfléchir à des solutions pérennes et résilientes de vie dans ces zones de montagne… ” – ceci est un argumentaire idéologique qui ne correspond pas à la réalité de la vie dans les territoires et ce n’est pas un hasard si aujourd’hui les zones rurales misent tant sur le tourisme et que tous estiment qu’il faut diversifier les flux, attirer les touristes dans les zones jusqu’ici restées en dehors de cette opportunité. Vous dites que je fonctionne avec un système consumériste du siècle dernier, je répondrais que sur cette question, vous fonctionnez avec un système idéologique inadapté qui n’appartient à aucun siècle et surtout pas à celui qui s’ouvre, où nous cherchons tous à promouvoir le tourisme en zone rurale et à rendre ces territoires isolés attractifs.
    Vous dites “80% de l’activité économique départementale est directement lié au tourisme, et surtout hivernal’, totalement d’accord avec ce constat, puis “il serait sage de faire le deuil du ski tel qu’on le connait actuellement” – j’ai du mal à comprendre ce que vous proposez à la montagne, si ce n’est de se résigner à sa mort sociale. Je ne crois pas qu’on encourage la résilience des territoires en les vidant de leurs habitants et de leurs forces productives.
    Je suis totalement contre les stratégies d’abandon, les “laissons la montagne à la montagne”, “laissons la Camargue être envahie par les eaux”, qui font fi de l’intelligence humaine et de sa capacité d’adaptation. Un territoire sans hommes ne sera jamais un idéal à mes yeux.

  • Bonjour. Peut-être me suis-je mal exprimé, alors qu’il me semblait bien avoir écrit habiter proche de l’endroit cité dans l’article, donc directement concerné, et qui plus est “force productive” locale, en reprenant vos mots…J’avoue qu’en tant que natif de l’arc alpin, professionnel de la montagne, ancien chef d’entreprise en milieu montagnard, habitant des Hautes Alpes, co-responsable de plusieurs associations, militant actif au sein de plusieurs collectifs et associations, candidat pour les prochaines élections municipales, et ayant suivi un cursus universitaire concernant le développement durable en milieu alpin je considère pouvoir donner un avis ayant un tout petit peu de légitimité. Cela ne reste que mon avis, et en aucun cas un argumentaire idéologique. Juste le constat de 35 ans d’expérience professionnelles, associatives, et de vie en montagne…Je vis au quotidien ces problématiques et me bats, avec de nombreuses autres personnes heureusement, élus, pro, citoyens, militants, à la pérennité de la vie pour la population à l’échelle d’un territoire de montagne.Changer de paradigme n’est pas une tâche cognitive aisée, je vous l’accorde. À mon tour de poser une question: quand vous dîtes “tous estiment”, qui sont ces tous? De qui êtes-vous le porte étendard? Pour parler avec un ton expert combien de dizaines d’années avez-vous habité en haute ou moyenne montagne, dans un village reculé, ou dans une zone où il y a quelques milliers d’habitant sur 1h30 de route, et des températures oscillant allant de -25° l’hiver parfois pendant plusieurs semaines à 35° l’été à 1500m d’altitude? Parce que je peux vous faire rencontrer de nombreuses personnes, au moins dans la zone géographique nous concernant, ancrés dans ce genre de territoires, qui voient les choses d’un façon radicalement différente de ce que vous écrivez et défendez. Et qui se bougent au quotidien pour faire vivre, dynamiser et pérenniser la vie en milieu rural alpin, bien loin de cette “mort sociale” agitée par vous. Et en réfléchissant à un récit collectif, social et environnemental qui ne passe que très peu par le tourisme, et en redéfinissant vraiment le rapport à cette dépendance et ce poids économique, ne vous en déplaise. Comme proposé précédemment ces solutions concrètes, leur mise en place et leurs développement peuvent être le sujet d’un autre post ou d’échanges épistolaires. La complexité de tels enjeux, la réflexion à mener et les solutions apportées au quotidien et en prévision des évolutions sociétales et environnementales ne peuvent se résumer en quelques lignes. Tout comme le rapport mis en lien dans mon post précédent, qui malgré que cela ne soit qu’un résumé de nombreuses études, demande un minimum d’effort de lecture pour bien s’en imprégner.Et ce n’est pas du déni ou de faire l’autruche qui empêchera les changements climatiques, la raréfaction du manteau neigeux et sa durée pendant l’hiver, ou la montée des eaux et la submersion de certaines zones côtières. Ce n’est pas du fatalisme ou un avis de Cassandre, c’est juste de l’information, de la réflexion, de l’action, de l’étude, de la lucidité et une envie forte d’amortir le choc que vont causer ces changements, pour les populations concernées, dont je fais partie.Au plaisir d’échanger dans la bienveillance, et bonne lecture du rapport à ceux qui en auront l’envie et la curiosité.Cordialement.

  • Cher Monsieur, je sais que nous ne parviendrons pas à tomber d’accord, car nos positions sont trop antithétiques, et le débat sera stérile. Et je sais bien qu’un certain nombre de gens pensent comme vous (d’autant que ce type de discours sont à la mode en ce moment), c’est justement pour cela que je mets tant d’énergie à tenter de démontrer que vous avez tort (non pas, je le précise à toutes fins utiles, sur le constat scientifique du réchauffement, je ne suis absolument pas climatosceptique, mais sur les solutions à mettre en oeuvre pour s’adapter à cette nouvelle donne, sur les stratégies d’adaptation), car je pense que ce type de stratégies condamnent des pans entiers de l’économie montagnarde, et donc des villages entiers. Si tout le monde pensait comme moi, je ne vois pas pourquoi je mettrais tant d’énergie à chercher à convaincre. Je me permettrai juste de répondre sur un point : ne pensez-vous pas que si je suis si viscéralement, radicalement attachée aux zones rurales, à la moyenne montagne et à la Provence, et que je me bats continuellement pour son sauvetage social, économique, culturel, c’est que je suis personnellement concernée ? Nous avons malgré nos divergences un point commun : vivre dans ces zones depuis toujours et vouloir les défendre et les sauver. C’est ce que je souhaite profondément, au-delà de nos divergences profondes quant aux moyens d’y parvenir.

  • Bonjour, vous avez raison nous ne tomberons pas d’accord, et si agir au quotidien dans un esprit positif et collectif à une résilience agricole, culturelle, énergétique, sociale, économique du territoire de montagne dans lequel je vis, afin de préparer les populations aux changements majeurs qui ont déjà commencés, et ne vont que s’accentuer, est pour vous une mode il y a peu de chance de trouver un jour un terrain d’entente.En attendant je continue de relever chaque jour mes manches, faire des réunions, mettre les mains dans la terre, mettre en place des actions concrètes afin de dynamiser mon territoire et d’y pérenniser l’activité humaine. Dans les territoires concernés le tourisme n’existait pas, ou très peu, il y à 50 ans, et il aura certainement quasiment disparu d’ici 15 à 20 ans, alors par exemple en attendant on consulte les anciens pour apprendre de leur expérience pratique de vie en montagne avant l’uberisation de la montagne, avant qu’on ne la transforme en parc d’attraction, et on imagine conjointement avec les jeunes leur monde de demain, avec les ressources et les moyens humains locaux. Malgré le fait que la majorité des budgets privés ou publics passe dans les structures touristiques, des canons à neige, ou des rotations d’hélicoptère par exemple, plutôt que dans des services publics, des créations de structures entrepreneuriales ou associatives durables, ou pour l’aide à la production agricole locale. Des millions sont dépensés pour des réseaux de neige de culture qui ne sont que rustines et deviendront très rapidement obsolètes, alors que l’on arrive pas à trouver quelques milliers d’euros, voire parfois quelques centaines d’euros, pour des postes dans les crèches par exemple, pour l’installation d’agriculteurs, et le maintien ou la création de structures, entreprise et autres postes qui servent au quotidien les populations locales qui essaient de vivre en montagne à l’année…Et ça c’est la réalité de terrain…
    Bonne continuation à tous et bon courage pour le travail collectif à venir, pour ceux qui s’y consacrent.Cordialement.

  • Je vous souhaite de tout coeur bonne chance dans vos démarches et vos entreprises, je souhaite sincèrement leur réussite. Bonne continuation à vous.

  • Merci beaucoup à del fond pour son avis, ça fait du bien de lire ça.
    Je comprends votre avis, itinera, mais je ne le partage vraiment pas.
    Bonne continuation.
    Z

  • Article intéressant : http://www.slate.fr/story/186158/changement-climatique-rarefaction-neige-debut-declin-industrie-ski
    Dans une vingtaine d’années, suite au changement climatique, les vacances pour le ski (qui ne concernent que 10% de la population !!) seront le dernier souci de la population !

  • Il faut sauver les petites stations de basse altitude.

  • je découvre cet article après qu’il ait été relayé par un news sur LinkedIn. Il se trouve que depuis quelques jours on reparle de transport de neige en hélicoptère, cette fois-ci dans les Pyrénées.
    Je ne peux que partager le constat courageux et lucide qui y est fait. N’en déplaise aux contempteurs des efforts qui sont déployés par les acteurs économiques locaux (dont semble faire partie la Ministre E Borne), le ski est bien encore la principale motivation de fréquentation de la montagne l’hiver (toutes les enquêtes le démontrent). “Tout le ski c’est fini, mais sans le ski tout est fini” reste plus que jamais un slogan d’actualité.
    Il y a plus de 20 ans, lorsque j’étais Directeur marketing et communication d’une grande société d’exploitation de domaines skiables, j’étais déjà régulièrement interrogé sur l’avenir du ski avec les discours repris dans les posts ci-dessus. Skiera-t-on encore en 2050? est devenu un marronnier journalistique (la fin de l’or blanc ou le retour de l’or blanc selon les années sont des sujets annuels des news magazines). La réponse était (et est encore) oui mais pas partout. Et oui, les stations de basse et moyenne altitude devront s’adapter ce qui ne veut pas dire abandonner le ski totalement. Les sites de montagne qui ont du le faire (la Morte en Belledonne par exemple) sont devenues pour la plupart des villes mortes (!). Nous n’avons pas encore trouvé des activités alternatives aussi attrayantes que les sports de glisse permettant de refonder un modèle économique viable pour les sites touchés par le manque de neige. Ceux qui disent le contraire sont dans le déni de réalité. Le ski de randonnée n’est accessible qu’à une infime minorité de pratiquants, la randonnée en raquettes ne constitue pas une activité économique, on ne vient pas à la montagne l’hiver pour aller au spa (et d’ailleurs quid de l’équation écologique?). Il n’est peut-être que le développement du VTT à assistance électrique (en montagne le VTT normal est une activité physique exigeante hors de portée de la plupart des visiteurs) qui pourrait connaître un développement prometteur, surtout en été.
    Je ne suis absolument pas climatosceptique (oui la planète se réchauffe, oui il y aura moins de neige en dessous de 2000 m, oui les stations des Vosges, du Jura, du massif central connaîtront des moments difficiles) mais je ne partage pas du tout les discours catastrophistes version fin du monde que certains véhiculent. Le tourisme d’hiver fait vivre des dizaines de milliers de personnes et maintient la vie tout court dans de nombreuses vallées. Je trouve normal et digne que les personnes concernées se battent pour leur survie. Quant aux moyens utilisés, ici en l’espèce quelques rotations d’hélicoptère, la question est double:
    Qui paye? En l’espèce, il ne s’agit pas d’argent public (j’ai compris que Monclar était une station autogérée) et je ne vois pas à quel titre on s’offusque que des personnes utilisent leurs propres moyens pour survivre. 8000€ dépensés pour réaliser 150.000€ de CA direct (plus 900.000€ indirects dans les autres activités) c’est un calcul économique tout à fait pertinent.
    Quel bilan écologique: 80 rotations d’hélicoptère représentent approximativement une empreinte carbone équivalente à 1 vol Paris Los Angeles pour 1 passager. Les bilans carbone des stations de sports d’hiver réalisés ces dernières années par de nombreuses stations (Les Ménuires par exemple) mettent en évidence que les émissions de gaz à effets de serre des activités de ski sont pour l’essentiel dues aux transports des clients depuis et vers leur domicile. L’activité directe des domaines skiables est très limitée dans le bilan global. Et il faut souligner les expérimentations en cours pour l’utilisation des énergies renouvelables (cf. Serre Chevalier).
    J’arrête là l’argumentaire, on pourrait en faire des ouvrages entiers (qui existent déjà d’ailleurs) et alimenter de nombreux débats sans pour autant mettre tout le monde d’accord (je pense à la neige de culture par exemple). En résumé, arrêtons le skibashing et saluons les efforts de ceux qui vivent sur place pour assurer leur avenir. La montagne est une destination qui est et doit rester attractive pour de nombreux visiteurs n’en déplaise à ceux qui prônent un retour à “avant le tourisme”, quand les populations montagnardes émigraient massivement en plaine juste pour pouvoir vivre.

  • Un immense merci pour votre témoignage. Je suis d’accord avec vous sur tout, en tout point. Merci d’avoir le courage de le dire et de rappeler l’importance du ski pour maintenir le dynamisme des territoires montagnards et l’avenir des gens qui aiment leur pays et se battent pour lui.

  • Je suis née dans le village d’Aiguilles dans le Queyras. J’y ai vécu une enfance incroyable dans un petit village de montagne hyper dynamique avec sa station de ski. En 2005, la fermeture de la station est décidé car pas les moyens de changer le télésiège dans mes souvenirs.
    Aiguilles c’était 470 habitants à l’année, 3 magasins d’alimentation, 3 hôtels, 4 villages vacances, 1 camping, 5 restaurants, 1 salle de jeux, un bureau de tabac librairie, 3 magasins de sport,
    1 coiffeur, 1 discothèque, 1 pharmacie, 2 boutiques d’artisanat, 1 hôpital avec service d’urgence et cabinet médicale, 1 poste, des asso sportives et culturelles, son école et aujourd’hui c’est plus RIEN. Je vis à 40km de mon village d’enfance. J’y retourne très rarement, même si mes parents y vivent. J’ai tellement de peine à voir toutes ces maisons en vente, les rues vides. Voilà ce que c’est que la fermeture d’une station et surtout d’une station sans plan de reconversion.

  • Merci pour votre témoignage. Je sais bien… de tout coeur avec ce village qui a subi de plein fouet cette décision. J’aime beaucoup le Queyras et cela me navre.

  • Nous sommes actuellement en vacances dans nos montagnes, n’avons fait qu’une journée de ski, et par contre nous sommes allés au-devant de nombreux créateurs d’autres activités et de savoir-faire! Je suis certaine que les mentalités ont évolué et les montagnes sont bien plus attractives pour tous qu’au début du 19ème siècle (les gens n’y avaient jamais mis les pieds, ne pratiquaient pas de sport outdoor): à nous d’inventer un autre récit montagnard qui fasse rêver les gens! Pourquoi ne pas miser sur une faune importante comme des troupeaux de chamois, des bouquetins, des tétras (qui actuellement désertent trop haut pour être tranquilles et ne sont visibles que par les “grands montagnards”) et en faire profiter les touristes.En ce moment du coup, en faisant un gros raccourci, on en arrive au fait que les gens partent au Canada où il est beaucoup plus facile de voir la faune, auront vu des ours en liberté, mais ne connaissent pas la faune de chez eux (et j’en fait aussi partie!)…

    Bref on n’a pas la solution! Mais il faut voir à long terme et tenter de sauver sa saison hivernale en misant sur d’autres activités d’année en année et en faisant rêver les gens autrement! Certains coins des Hautes-Alpes se sont levés “contre le progrès” à une certaine époque (la vallée de la clarée), et je pense qu’ils ne regrettent pas le tourisme qu’ils ont choisi: moins important, plus convivial, plus proche, sans trop de surtourisme!

    Et il ne faut pas oublier que lorsque ces groupes propriétaires des remontées mécaniques n’auront plus la rentabilité espérée, ils partiront sans se poser la question de nous laisser dans la débâcle ou pas! Ils n’ont aucune raison de nous aider à changer le rêve sur la montagne l’hiver! Il faut le faire en parallèle tant que c’est possible et que l’on peut influencer les vacanciers pendant qu’ils sont là!

    Alors à nous montagnard de bouger pour faire voir aux touristes pourquoi on aime nos montagnes sans y skier tous les jours!

  • Bonjour, je lis cet article qui me parle puisque j’habite à la montagne, dans une station de ski. Comme tout le monde, nous dépendons du tourisme, même si notre activité n’est pas directement liée au tourisme montagnard… Nos clients sont des professionnels qui vivent du ski ou de la montagne.

    Effectivement, le ski a permis de sortir nos régions d’un désarroi économique énorme, quand l’industrialisation faisait rêver tout le monde. Pourtant je regrette la neige à tout prix, qui ne fera qu’accélérer les conséquences ! La neige va manquer, c’est certain!

    Alors, au lieu d’allouer des fortunes à des sessions d’hélicoptères ou pour monter des stations toujours plus hautes, loin de là où les locaux vivent, mettons ces budgets pour trouver des solutions et donner envie de découvrir la montagne autrement!

    Nous sommes actuellement en vacances dans nos montagnes, n’avons fait qu’une journée de ski, et par contre nous sommes allés au-devant de nombreux créateurs d’autres activités et de savoir-faire! Je suis certaine que les mentalités ont évolué et les montagnes sont bien plus attractives pour tous qu’au début du 19ème siècle (les gens n’y avaient jamais mis les pieds, ne pratiquaient pas de sport outdoor): à nous d’inventer un autre récit montagnard qui fasse rêver les gens! Pourquoi ne pas miser sur une faune importante comme des troupeaux de chamois, des bouquetins, des tétras (qui actuellement désertent trop haut pour être tranquilles et ne sont visibles que par les “grands montagnards”) et en faire profiter les touristes.En ce moment du coup, en faisant un gros raccourci, on en arrive au fait que les gens partent au Canada où il est beaucoup plus facile de voir la faune, auront vu des ours en liberté, mais ne connaissent pas la faune de chez eux (et j’en fait aussi partie!)…

    Bref on n’a pas la solution! Mais il faut voir à long terme et tenter de sauver sa saison hivernale en misant sur d’autres activités d’année en année et en faisant rêver les gens autrement! Certains coins des Hautes-Alpes se sont levés “contre le progrès” à une certaine époque (la vallée de la clarée), et je pense qu’ils ne regrettent pas le tourisme qu’ils ont choisi: moins important, plus convivial, plus proche, sans trop de surtourisme!

    Et il ne faut pas oublier que lorsque ces groupes propriétaires des remontées mécaniques n’auront plus la rentabilité espérée, ils partiront sans se poser la question de nous laisser dans la débâcle ou pas! Ils n’ont aucune raison de nous aider à changer le rêve sur la montagne l’hiver! Il faut le faire en parallèle tant que c’est possible et que l’on peut influencer les vacanciers pendant qu’ils sont là!

    Alors à nous montagnards, de bouger pour montrer pourquoi la montagne nous plait même si on n’y skie pas!

  • Bonjour,

    Merci pour votre article.
    Je serai intéressée de lire les études que vous mentionnez dans la phrase ci-dessous. Accepteriez-vous de m’en donner les références?

    “Mais, toutes les études le montrent, ces activités ne suffisent pas à faire venir les touristes, même si elles renforcent l’attractivité d’une station et sont déterminantes dans le choix d’une destination quand il y a des non-skieurs dans la famille”.

    Les travaux de Philippe Bourdeau et al. semblent être plus nuancés en la matière. Mais je suis vraiment preneuse de diversifier mes lectures pour mieux saisir la complexité de ces enjeux.

    Merci beaucoup à vous.

  • Merci pour cet article. Il a le mérite d’éviter les positions simplistes (de part et d’autre).
    Je partage ce que tu écris. Et en même temps je ne peux m’empêcher de me demander jusqu’où pourrons nous aller pour sauver ces stations ? Jusqu’à combien de jours de rotations hélico ? De dômes climatisés ? Je crains fort que la bataille ne sois perdue d’avance et que les solutions proposées ne fassent qu’empirer le problème.
    Je crois plus au futur en faisant marcher les solidarités (nationales, européennes) pour financer et rechercher des solutions d’adaptation.
    La compassion peut aussi nous faire penser aux millions de personnes bien plus pauvres qui souffrent du RC dans des dimensions autrement plus tragiques alors qu’ils n’y sont pour rien (pas comme nous avec nos loisirs carbonés).
    « Il n’y a plus d’avenir ici » : en Afrique australe, les ravages du changement climatique
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/02/19/il-n-y-a-plus-d-avenir-ici-en-afrique-australe-les-ravages-du-changement-climatique_6030054_3212.html
    PS : Perso , bien que passionné de montagne et de ski, j’ai arrêté ce loisir.

  • Cela fait 20 ans que je déneige ma commune, 35 que je vis de l’agriculture à 900m d’altitude, autant que j’engage la majorité de mon temps libre dans la vie locale. Je vis et mesure au quotidien le RC. Aujourd’hui j’ai acquis la certitude que la neige va disparaitre à nos altitudes. Tous les climatologues et scientifiques sérieux nous le disent. Alors comment va-t-on faire pour faire pour skier à Saint Jean, Ceuze, Orcière Réallon dans les 20 prochaines années ? En brulant plus de pétrole ? En copiant Dubai ?
    Nous vivons une tragédie parce que nous avons trop fermer les yeux collectivement. Je crois que vouloir sauver ces stations sera un échec. Il faut travailler à d’autres solutions. Je rejoins Del fon sur ce point.

  • Tient tu pourras faire un tour sur Skitour ou ton blog fait parti de l’actualité.
    J’habite à 1300m ,cette saison est très dure en terme de neige, les dameuses entretiennent la piste retour station, on n’à pas de débrayable. Alpe du Grand Serre
    Je fais du splitboard donc des que ca tombe j’en profite et ne me dit pas attends la semaine prochaine.

    Sinon ton article a le mérite de poser le problème pour une population n’ayant pas l’envie de descendre en ville, bon moi l’hiver c’est neige, je suis rando et piste ce quI me rends flexible suivant la quantité de neige mais cette annee c’est misere en bas.

  • Bonsoir juste une remarque sur les stations autogérées : il y a Montmin en Haute-Savoie gérée par les bénévoles de la commune. Juste 2 téléskis mais j’en parle car de très bons moments passés pour les débuts de mes enfants ! et une super alternative aux Bauges et aravis, à 20 mn d’Annecy et sans bouchons…Même un champion olympique de descente récent la recommande ! Par contre n’a pas pu ouvrir cette année faute de neige ;(

  • Il est difficile d’envisager sa propre fin. Il est terrible d’être licencié de la centrale de Feissenheim ou de n’importe quelle entreprise délocalisée. Le drame des petites stations c’est que se sont des villages entiers qui seront engloutis comme les corons le furent lorsque les extractions de charbons cessèrent dans l’indifférence nationale le plus absolue. L’indifférence de la masse pour les minorités est certainement notre faiblesse .Chacun aveugle au drame de l’autre. Qui se soucis des réfugiés d’Alep aujourd’hui…trop peu de monde. L’égoïsme vient à bout de cette belle machine qu’est l’être humain.

  • Bonjour

    Malheureusement, le développement durable, comme vous dites, ne le sera que lorsque nous réduirons notre consommation de pétrole. J’étudie cela depuis plus de 20 ans, avec un livre à lire en ligne sur mon blog. La moyenne montagne est condamnée à court terme. En 2016, 18°C à Noël et jusqu’à fin janvier. Comme cette année, les canons et autre transports héliportés ou par camion ne font qu’accroître l’effet de serre. Comme le damage des pistes. Si nous voulons sortir notre épingle du jeu, et diminuer notre endettement, achetons moins de pétrole, et trouvons des solutions. Mais au 19ème, il n’y avait pas de tourisme … quand le pétrole fera défaut, vous n’aurez pas d’autres choix que de revenir en arrière. Même l’énergie solaire et autres ont besoin de plus d’énergie pour construire leur process, que ce qu’elle pourront rapporter ensuite. C’est donc peine perdue. Je milite pour les énergies “propres”, créateur du premier par solaire hospitalier français en 2005. Mais la chute sera irrémédiable. D’ici 30 ou 40 ans (fin du pétrole et du gaz). Bon courage . Cyrille

  • Bonjour

    Malheureusement, le développement durable, comme vous dites, ne le sera que lorsque nous réduirons notre consommation de pétrole. J’étudie cela depuis plus de 20 ans, avec un livre à lire en ligne sur mon blog. La moyenne montagne est condamnée à court terme. En 2016, 18°C à Noël et jusqu’à fin janvier. Comme cette année, les canons et autre transports héliportés ou par camion ne font qu’accroître l’effet de serre. Comme le damage des pistes. Si nous voulons sortir notre épingle du jeu, et diminuer notre endettement, achetons moins de pétrole, et trouvons des solutions. Mais au 19ème, il n’y avait pas de tourisme … quand le pétrole fera défaut, vous n’aurez pas d’autres choix que de revenir en arrière. Même l’énergie solaire et autres ont besoin de plus d’énergie pour construire leur process et les maintenir, comparé à celle produite ensuite. C’est donc peine perdue. Je milite pour les énergies “propres”, créateur du premier parc solaire hospitalier français en 2005, j’ai produit des modèles de calculs pour ne pas consommer d’énergie fossile. La chute sera irrémédiable car le bilan n’est jamais positif avec 100% d’énergie verte (rien que le transport coûte). D’ici 30 ou 40 ans (fin du pétrole et du gaz) le choc sera assez dur. Bon courage . Cyrille

  • j’ai bien aimé l’article initial mais par contre je n’ai pas aimé certains commentaires issus de tous ces grands savants que notre pays produit à outrance. bonne continuation et j’ai grand envie à découvrir monclar. l’auvergne vous salue bien !

  • Bonsoir et merci pour l’article.
    Juste un petit mot pour vous dire que je suis d’accord avec vous : ne condamnons pas deux heures de vol en hélico qui font vivre une vallée pendant un mois !
    Seulement, dans votre message, une chose me dérange vous ne vous projetez jamais dans l’avenir; en tout cas jamais dans un avenir durable en montagne. Vous dites seulement : “défendons le ski parce que sans ski, toute l’économie des vallées s’effondre et avec ça, toute une culture et des vies seront brisées.”.
    Le problème de ce discours c’est qu’on va le répeter chaque année et que chaque année on va faire un 1h de vol en plus; ajouter des canons ….

    Une rustine oui ! mais pas d’excuse pour ne rien changer; donc ma question c’est qu’est ce qui dans cette station a été fait cette année pour évoluer un modèle sans neige ? Toutes les stations de moyenne montagne devraient avoir un plan de sortie de ski à 20ans; Or c’est pas du tout le cas pour le moment ! J’ai vu dans les commentaires 2/3 propositions sympa; miser sur les troupeaux de chamois (y a de quoi faire en vercors pour parler d’un massif que vous avez cité!); miser sur la flore (ici c’est un point pour la chartreuse !; je suis sur que petits et grands seraient enchantés d’une journée “trouver les 40plantes principales de la chartreuse” !). Autre solution proposée en commentaire, la solidarité nationale mais les habitants perdent alors leur autonomie puisque ce n’est pas eux mais à l’ensemble des citoyens de décider ou non de subventionner une présence humaine dans les montagnes.

    Enfin voila; oui à la rustine mais seulement avec un projet pour le futur !

  • […] Quelques voix ont commencé à s’élever contre cette pratique sur les réseaux sociaux, d’autres l’ont au contraire défendu. […]

  • Je n’avais pas osé lire ton article jusqu’à présent. Maintenant c’est chose faite.
    Merci d’avoir pris le temps de poser le problème à plat et de présenter les choses d’un point de vue objectif.
    Chez moi il y a une station qui n’a pas ouvert cette année à cause du manque de neige. Et comme depuis quelques temps elle n’ouvre qu’une année sur 2, elle risque de fermer définitivement. Et c’est bien dommages car c’était une bonne alternative aux grandes stations bondées et chères.
    Certes l’hélico n’est pas une solution pérenne mais comme tu dis, la fermeture d’une station serait peut être encore plus désastreuse.
    Et quant aux plus radicaux, je suis d’avis de leur supprimer tous les produits venant de la montagne, à commencer par la raclette, on verra s’ils sont toujours aussi radicaux…. (réflexion d’enfant je sais, mais c’est tout ce qu’ils m’inspirent….)

  • Ahaha j’adore ta conclusion, je suis tellement d’accord avec toi 😉

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